Politique

Bygmalion : le montant de la fraude présumée passe de 11 à 17 millions d'euros

Par Marina Cabiten, France Bleu mardi 17 juin 2014 à 18:05

Copie d'une facture pour Bygmalion signée par Jean-François Copé, le secretaire général de l'UMP à Mulhouse le 26 Mai 2014.
Copie d'une facture pour Bygmalion signée par Jean-François Copé, le secretaire général de l'UMP à Mulhouse le 26 Mai 2014. © Maxppp

Le montant des frais de campagne dissimulés dans l'affaire Bygmalion s'élèverait à 17 millions d'euros, selon le site Mediapart qui annonce mardi s'être procuré la comptabilité de la société de communication. L'avocat de Bygmalion avait lui évoqué la somme de 11 millions d'euros.

Ce ne sont pas 11 mais 17 millions d'euros de frais de campagne qui auraient été dissimulés par l'UMP pour la présidentielle de 2012, selon Mediapart mardi. Pour avancer ce chiffre, le site d'information se base sur la comptabilité interne de la société Bygmalion qu'il aurait pu consulter intégralement (article payant).

Factures officielles versus comptes secrets

Mediapart parle d'une double facturation établie par la filiale évènementielle de Bygmalion, cette société fondée par des proches de l'ancien président de l'UMP Jean-François Copé. D'un côté, les factures présentant les montants officiels des meetings, ceux transmis à la commission des comptes de campagne. De l'autre côté, une comptabilité secrète, avec les prix réels des meetings. Souvent, ils sont trois ou quatre fois plus élevés que les montants déclarés . Mediapart a retranscrit cette double comptabilité dans un tableau qui a fait le tour des réseaux sociaux mardi.

"Fraude industrielle majeure"

Selon ce document, la différence entre frais déclarés et frais réels est de 17 millions d'euros, soit 6 millions de plus que l'écart annoncé par l'avocat de Bygmalion lorsque l'affaire a éclaté. Au total, Nicolas Sarkozy aurait dépensé plus de 39 millions d'euros alors que le plafond légal est de 22,5 millions . Mediapart parle d'une "fraude industrielle majeure, dissimulée [ndlr par Nicolas Sarkozy] avec la complicité de l'UMP" . En juillet 2013 rappelle le site, seul un dérapage "mineur" avait été pointé par le Conseil constitutionnel lorsqu'il a rejeté le compte du candidat. 

Une garde à vue très attendue

Mardi, Jérôme Lavrilleux a été placé en garde à vue dans l'enquête sur Bygmalion. L'ancien directeur adjoint de la campagne présidentielle devrait confirmer aux enquêteurs ce qu'il a déjà dit dans la presse : oui, il a fait des fausses factures . En mai, Jérôme Lavrilleux avait évoqué un "engrenage irrésistible" . Il devrait aussi citer un proche de Nicolas Sarkozy qui aurait (selon Jérôme Lavrilleux) transmis la consigne de maquiller les dépenses : Eric Cesari. Ce dernier était depuis 2008 directeur général de l'UMP, mais son contrat a été suspendu ce mardi.

 

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