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Politique

Caméras-piétons : les policiers de Saint-Étienne les utiliseront encore lundi

mercredi 30 mai 2018 à 17:48 Par Julien Corbière, France Bleu Saint-Étienne Loire

Malgré l'injonction du préfet de la Loire, le maire de Saint-Étienne ne demandera pas à ses policiers municipaux de ranger les caméras-piétons, qui enregistrent les interventions, au placard. Pour Gaël Perdriau, c'est "l'application bête et méchante d'une circulaire".

Un policier municipal de Saint-Étienne équipé de la caméra-piéton utilisée depuis trois ans
Un policier municipal de Saint-Étienne équipé de la caméra-piéton utilisée depuis trois ans © Radio France - Julien Corbière

Saint-Étienne, France

Le ton monte entre le maire de Saint-Étienne et le préfet de la Loire. Le maire refuse de retirer les caméras-piétons à ses policiers municipaux comme lui a demandé le préfet par courrier en début de semaine. Sur France Bleu, Gaël Perdriau annonce même que malgré l'injonction de l'État, les agents de Saint-Étienne porteront toujours ces caméras à partir de lundi prochain 4 juin, date officielle de la fin de l'expérimentation.

Une demande préfectorale formulée lundi dernier, pour lundi prochain

Cela fait 3 ans que les policiers municipaux de la ville utilisent ces neuf caméras embarquées sur leur poitrine dans leur travail. Ils les déclenchent quasi-systématiquement sur leurs contrôles quotidiens mais les images sont très rarement utilisées. Dans un courrier daté du 28 mai, le préfet de la Loire demande donc au maire de s'assurer qu'ils ne les utilisent plus à partir de lundi, et de lui remettre un rapport sur le bilan que ses services tirent de cette expérimentation.

" J'ai demandé aux policiers municipaux de conserver ces caméras-piétons au-delà du 3 juin (...) C'est un mauvais signal envoyés aux policiers municipaux que de retirer cet outil de travail (...) Je pense que c'est l'application bête et méchante d'une directive, d'une circulaire" (Gaël Perdriau, maire de Saint-Étienne)

"Une application bête et méchante d'une circulaire" selon le maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau

Le rapport a été envoyé, selon nos informations, dès mercredi. Mais pas question pour Gaël Perdriau de demander à ses policiers de renoncer à ces matériel. Il entame donc le bras de fer avec l'Etat, surtout et avec le ministre de l'Intérieur sur ce sujet. D'ailleurs la réponse du maire stéphanois est assez cinglante quand on lui demande s'il a pu en parler directement avec le ministre, ancien maire de Lyon, Gérard Collomb : "Je suis très demander de dialogue. Ca fait des mois que je demande des rendez-vous auprès du ministre de l'Intérieur, en tant que maire de Saint-Étienne, mais aussi en tant que président de la commission sécurité des maires de grandes villes de France. J'attends toujours..."

Dans un communiqué publié mercredi soir, le préfet de la Loire explique qu'il s'agit de "l'application classique d'un dispositif" et qu'il n'y a "pas de surprise sur le sujet". Il s'est exprimé ce jeudi matin en direct sur France Bleu.

"Je crains que M. le maire de Saint-Étienne ne connaisse pas suffisamment le contexte dans lequel la police municipale qu'il dirige intervient. Il ne s'agit pas d'une circulaire mais d'un texte de loi (...) Il n'y a absolument aucune surprise (...) L'utilisation de ces caméras-piétons, qu'on le veuille ou non, porte atteinte aux libertés individuelles (...) Il est difficile de s'affirmer comme un chantre des libertés individuelles et de la sécurité et de se mettre en infraction par-rapport à un texte législatif" (Evence Richard, préfet de la Loire)

La vive réaction du préfet de la Loire aux propos de Gaël Perdriau sur les caméras-piétons

Quel bilan pour les neuf caméras-piétons des policiers de Saint-Étienne ?

Depuis trois ans ce sont des centaines d'heures qui ont été captées par les policiers de la ville. Presque toutes les patrouilles sont dotées de l'équipement, avec une caméra par équipage de trois ou quatre policiers. Le déclenchement de l'enregistrement est devenu très fréquent pour ne pas dire systématique.

Les images et les sons sont gardés deux semaines, puis détruits si la police nationale ou le parquet ne demandent pas à les exploiter. C'est arrivé, seulement quatre fois en trois ans. Mais ce sont quatre fois utiles, dit le maire, qui insiste aussi sur le caractère bénéfique de l'outil pour les personnes contrôlées. Au départ plutôt frileux, les policiers municipaux stéphanois semblent avoir adopter cet appareil. Le ranger au placard maintenant, pour peut-être les réutiliser dans quelques semaines, reviendrait à changer une nouvelle fois leur mode de travail.