Politique

Cannes renforce sa lutte contre la radicalisation chez les jeunes

Par Pauline Renoir, France Bleu Azur et France Bleu dimanche 24 septembre 2017 à 11:10

Le maire de Cannes David Lisnard veut former 80 associations à lutter contre la radicalisation des jeunes
Le maire de Cannes David Lisnard veut former 80 associations à lutter contre la radicalisation des jeunes © Maxppp - .

Le maire de Cannes David Lisnard a réuni les associations de jeunesse et de sport cette semaine pour les engager à repérer les premiers signes de radicalisation chez les jeunes Cannois. Cette nouvelle action s'inscrit dans le plan communal de lutte contre le terrorisme lancé en janvier 2016.

Créé en janvier 2016, pour lutter contre le terrorisme, le plan communal de Cannes engage les agents de la Ville à repérer les signes de radicalisation et à les signaler aux autorités. L'année dernière, 1.000 agents ont été formés. Aujourd'hui, c'est au tour des associations de jeunesse et de sport d'être sensibilisées.

Repérer les signaux faibles

Le maire de Cannes, David Lisnard, a convoqué 80 référents qui encadrent des jeunes au quotidien pour leur demander d'ouvrir l’œil sur "les signaux faibles et les transmette aux services de renseignement de l'État."

Les signaux faibles, ce sont les premiers indices de radicalisation chez les plus jeunes, dès 11 ans. "Il faut mener un combat idéologique, un contre-discours pour des ados qui ont besoin de se sentir fiers d'appartenir à une collectivité" certifie l'élu. L

es associations vont démarrer plusieurs sessions de formation encadrées par des spécialistes de l'Unismed. Cette structure travaille sur les extrémismes violents depuis 2005.

"Nous ne voulons pas faire de la délation." - Pascal Berthault, directeur de Cannes Jeunesse

Si David Lisnard assure que sa démarche est "didactique", certaines associations restent sceptiques.

Pascal Berthault travaille avec des jeunes depuis quarante ans. Sa structure "Cannes Jeunesse" emmène chaque année 1.200 adolescents cannois découvrir la voile. "Je m'échine à créer un rapport de confiance avec eux, alors s'ils apprennent qu'on peut les surveiller et les dénoncer, tout notre travail va s'écrouler " explique-t-il.

D'autant plus qu'un signe de repli sur soi ou de décrochage n'est pas synonyme de radicalisation. "C'est une bonne chose que nous soyons formés, mais des jeunes qui ne sont plus motivés on en voit tous les jours, alors de là à penser qu'ils s'embarquent dans un repli religieux" , lâche-t-il.