Politique

VIDÉOS - Primaire de la gauche : ce qu'il faut retenir du débat entre Benoît Hamon et Manuel Valls

Par Tifany Antkowiak, France Bleu mercredi 25 janvier 2017 à 23:55 Mis à jour le jeudi 26 janvier 2017 à 12:21

Benoît Hamon et Manuel Valls, sur le plateau du débat d'entre-deux-tours de la primaire à gauche, mercredi 25 janvier.
Benoît Hamon et Manuel Valls, sur le plateau du débat d'entre-deux-tours de la primaire à gauche, mercredi 25 janvier. © Maxppp - Olivier Corsan

Benoît Hamon et Manuel Valls, les deux candidats qualifiés pour le second tour de la primaire de la gauche, ont confronté leurs idées mercredi soir lors de l'unique débat télévisé d'entre-deux-tours.

Les deux candidats qualifiés pour le second tour de la primaire à gauche, Benoît Hamon et Manuel Valls, ont réaffirmé leurs différences mercredi soir, lors de l'unique débat télévisé de l'entre-deux-tours. Les échanges ont duré un peu moins de deux heures, dans un climat beaucoup moins tendu que ces derniers jours.

Désaccord profond sur l'évolution du marché travail

Les différences de point de vue et de programme entre les deux hommes sont apparues dès le début de ce débat, retransmis sur TF1, France 2 et France Inter, avec le travail comme premier thème. Manuel Valls a expliqué ne pas croire à la raréfaction du travail, contrairement à son adversaire, mais à un changement du travail. Il a accusé Benoît Hamon de porter un "message de découragement" et d' abdication" sur le chômage, avec sa proposition d'un revenu universel.

"Aujourd'hui, on voit qu'elle a commencé cette raréfaction", a rétorqué Benoît Hamon. "Je pense qu'il vaut mieux anticiper un processus, quitte à ce qu'on se trompe, en équipant ceux qui connaissent ces nouvelles formes de travail", a-t-il ajouté, estimant que son concurrent n'avait rien à opposer aux "études" sur l'impact du numérique sur le travail que sa "foi" et sa "croyance".

Il ne s'agit pas uniquement de faire rêver, il s'agit aussi d'être crédible" - Manuel Valls

Comme il l'avait fait ces derniers jours par médias interposés, Manuel Valls a répété lors du débat la nécessité pour le candidat qui représentera la gauche lors du scrutin présidentiel d'être "crédible". "Il ne s'agit pas uniquement de faire rêver, il s'agit aussi d'être crédible", a lancé l'ancien Premier ministre, qui n'a pas hésiter à reprendre le slogan de campagne d'Arnaud Montebourg en se voulant "le candidat de la fiche de paie".

La laïcité, également pomme de discorde

Parmi les autres thèmes longuement débattus par les deux hommes mercredi soir, la laïcité. Avec là aussi, des positions différentes, particulièrement sur la question du port du voile. "Là où une femme décide librement de porter le foulard islamique, et il en existe, peu importe ce que nous pensons, au nom de la loi de 1905, elle est libre de le faire, et moi je veux lui assurer cette liberté", a plaidé Benoît Hamon, qui a essuyé plusieurs attaques en début de semaine à ce sujet.

Manuel Valls, qui avait qualifiée cette semaine d'ambiguë la position de Benoît Hamon sur l'islamisme radical, n'a pas mené de nouvelle attaque à ce sujet contre son adversaire sur le plateau du débat. Sur la question du voile, il a expliqué que, "notre rôle, n'est jamais de stigmatiser. Mais c'est de dire à ces femmes et ces jeunes filles, qui vivent cet ordre machiste que nous sommes là pour les aider à s'émanciper".

La polémique autour de Penelope Fillon s'invite dans le débat

Les deux candidats ont été invités par les trois journalistes (Alexandra Bensaid, Gilles Bouleau et David Pujadas) à prendre position sur la possibilité pour un parlementaire d'employer un de ses proches, après l'enquête ouverte sur Penelope Fillon, épouse du candidat de la droite à la présidentielle. Benoît Hamon comme Manuel Valls se sont prononcés pour l'interdiction de l'emploi par un député ou sénateur d'un parent proche.

Plus proche de Macron, ou de Mélenchon ?

Les journalistes ont également demandé aux deux hommes s'ils se sentaient plus proche de Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise, ou d'Emmanuel Macron, celui d'En Marche !. Même s'il s'est dit plus proche d'Emmanuel Macron sur la révolution numérique, Benoît Hamon a répondu être "dans la gauche, et la gauche, elle comprend Jean-Luc Mélenchon". Manuel Valls s'est lui dit "clairement au coeur des progressistes, depuis Benoît Hamon et Arnaud Montebourg jusqu'à Emmanuel Macron. Nous avons gouverné ensemble et nous sommes comptables de ce qui a été engagé depuis 2012", a-t-il précisé.

Carte blanche à l'Afrique et à la culture

Les candidats ont eu droit au cours du débat à une carte blanche, une intervention libre, destinée à défendre une proposition qui leur tient à coeur. Manuel Valls a tenu à parler du développement de l'Afrique et de la nécessite pour la France de renforcer les liens avec ce continent, rappelant sa proposition de créer un équivalent du programme Erasmus pour l'Afrique. Benoît Hamon a lui abordé la question des politiques culturelles, insistant sur la nécessité selon lui, de revoir le principe de rémunération des auteurs, à l'ère du numérique.

"Do you speak English ?"

Les deux hommes ont également échangé sur les thèmes de la sécurité et du terrorisme, de l'environnement, ou encore de la santé. Ils ont aussi dû répondre aux questions de trois Français, posées sur internet. L'une des questions portait sur leur connaissance de la langue anglaise. Benoît Hamon et Manuel Valls ont donc répondu dans la langue de Shakespeare.

Ce jeudi soir, les deux candidats tiennent chacun meeting en Ile-de-France, à trois jours du scrutin. Le second tour de la primaire de la gauche aura lieu dimanche 29 janvier. Benoît Hamon et Manuel Valls se sont engagés mercredi soir à soutenir le gagnant de ce duel.