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"Guerre civile", signataires, réactions : ce qu'il faut savoir sur la tribune polémique d'anciens militaires

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Par , France Bleu

Des militaires à la retraite ont signé une tribune mercredi 21 avril dans l'hebdomadaire Valeurs Actuelles dans laquelle ils dénoncent un "délitement" de la France. Une tribune saluée par Marine Le Pen et conspuée par le reste de la classe politique. La ministre des Armées envisage des sanctions.

La ministre des Armées envisage des sanctions.
La ministre des Armées envisage des sanctions. © AFP - POOL

La polémique enfle après la publication d'une tribune signée par d'anciens militaires dans l'hebdomadaire Valeurs Actuelles, mercredi 21 avril. Le texte appelle à défendre la nation face à un risque de "guerre civile" et est salué par Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (RN, ex Front National). 

Qui sont les signataires de la tribune ?

Le texte, intitulé "Pour un retour de l’honneur de nos gouvernants", est signé par "une vingtaine de généraux, une centaine de hauts gradés et plus d'un millier d'autres militaires", selon l'hebdomadaire, et a été lancé à l'initiative de l'ancien officier Jean-Pierre Fabre-Bernadac.

Valeurs Actuelles ne publie la liste complète des signataires, seulement la vingtaine de généraux, mais cette liste est consultable sur le site Places armes, dont Jean-Pierre Fabre-Bernadac est responsable. Des vérifications sont en cours pour déterminer si des militaires encore en activité figurent parmi les signataires, a annoncé la ministre des Armées.

Que dit le texte ?

Ces militaires appellent Emmanuel Macron, les ministres et les parlementaires à agir contre le "délitement" qui frappe la patrie. Ils dénoncent tour à tour "un certain antiracisme" porté par ceux qui "méprisent notre pays, ses traditions, sa culture, et veulent le voir se dissoudre en lui arrachant son passé et son histoire" ; "l’islamisme et les hordes de banlieue" car "il ne peut et ne doit exister aucune ville, aucun quartier où les lois de la République ne s’appliquent pas" ; et "le pouvoir utilise les forces de l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en gilets jaunes exprimant leurs désespoirs"

Les signataires disent ne pas pouvoir rester des "spectateurs passifs" face aux "périls" qui "montent" et affirment être "disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation", ajoutent-il. Si rien n'est fait, ils insinuent que des militaires pourraient s'engager "dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national" et entrevoient une "guerre civile".

Outre ces propos polémiques, c'est la réponse de la présidente du RN deux jours plus tard dans Valeurs Actuelles qui suscite la polémique : "Je vous invite à vous joindre à notre action pour prendre part à la bataille qui s'ouvre (...) qui est avant tout la bataille de la France". "Comme citoyenne et comme femme politique, je souscris à vos analyses et partage votre affliction", écrit-elle.

Comment réagit la classe politique ?

Le leader de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a fustigé la "stupéfiante déclaration de militaires s'arrogeant le droit d'appeler leur collègue d'active à une intervention contre les islamogauchistes". Le fondateur de Générations, Benoît Hamon, a dénoncé sur Twitter l'absence de réaction du Premier ministre Jean Castex et du président Macron. "Des militaires appellent à une chasse aux sorcières, à une éradication, à défendre des 'valeurs civilisationnelles' à rebours de la République, ça finit sur une menace de guerre civile, Le Pen salue ces apprentis factieux et ? Rien. On se réveille?", a renchéri le député LFI Eric Coquerel. Ce lundi, Jean-Luc Mélenchon et les parlementaires de La France insoumise ont demandé au procureur de Paris "d'engager des poursuites" contre les auteurs et diffuseurs de la tribune.

A droite, le député LR Guillaume Larrivé a jugé que cet "appel grandiloquent" de Marine Le Pen "démontre, une nouvelle fois, son incapacité à diriger l'Etat et à commander les armées de la République française" : "Un chef de parti démocratique ne saurait appeler des militaires à s'engager dans un combat politique". 

Comment réagit le gouvernement ?

Cette tribune "est une insulte jetée à la figure de milliers de militaires", a réagi ce lundi Florence Parly, ministre des Armées, sur franceinfo. Une tribune qui a fait "bondir" Florence Parly. "Les militaires ont évidemment le droit d'avoir des opinions, mais il existe un devoir de réserve. Je ne partage en rien les opinions proférées par ces généraux à la retraite et qui appellent à une sorte d'insurrection, du moins, attise un climat de division", explique la ministre. Elle se dit surtout "choquée" par l'appel de Marine Le Pen qui a proposé aux militaires de la rejoindre. Déjà dimanche, elle avait fustigé un texte "irresponsable", alors que "les armées ne sont pas là pour faire campagne mais pour défendre la France"

La ministre Agnès Pannier-Runacher a également condamné la tribune. "Soixante ans jour pour jour après le putsch des généraux contre le général de Gaulle, tout cela n'est pas gratuit (...) Le masque tombe, le vernis craque, Marine Le Pen c'est l'extrême droite et c'est très exactement le même schéma qu'il y a 60 ans", a-t-elle estimé sur franceinfo.  

Le numéro deux du RN, Jordan Bardella, a assuré lundi sur Cnews que Marine Le Pen n'avait pas sollicité cette tribune et a dénoncé la réaction d'un gouvernement qui "passe son temps à accuser les uns et les autres de récupération, de politisation, souvent pour se dédouaner de sa propre responsabilité" dans le fait que "la paix civile est aujourd'hui menacée dans un certain nombre de quartiers"

Des sanctions ?

Et la ministre des Armées ne comptent pas en rester là. "Les généraux à la retraite sont astreints à un devoir de réserve. C'est dans le statut des militaires. Et d'ailleurs, il y a déjà eu pour l'un de ces signataires des sanctions qui ont été prises, puisque l'un d'entre eux a été radié des armées [en 2016 pour avoir participé à une manifestation anti-migrants]. Pour les militaires qui ont enfreint le devoir de réserve, des sanctions sont prévues et s'il y a des militaires actifs parmi les signataires, j'ai demandé au chef d'Etat-major des Armées d'appliquer les règles qui sont prévues dans le statut des militaires, c'est-à-dire des sanctions, car ce sont des actions qui sont inacceptables." "Le recensement en cours et les sanctions tomberont", a-t-elle précisé.

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