Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
CARTE - Canicule : 15 départements toujours en vigilance rouge, 54 désormais en orange

Charles Rozoy : "la politique m'a détruit au lieu de me construire"

-
Par , France Bleu Bourgogne

Après une incursion dans la vie politique dijonnaise et dans les rangs du parti d'Emmanuel Macron, le nageur paralympique dijonnais reprend les chemins de la compétition, en quête d'un nouveau souffle. Objectif, les Jeux de Tokyo 2021.

Charles Rozoy repart à la conquête d'un titre paralympique
Charles Rozoy repart à la conquête d'un titre paralympique - Stephane Kempinaire

Il avait dit adieu aux bassins, pensant trouver en politique ce qui le fait se lever depuis toujours : la possibilité de "changer le monde", à sa petite échelle. Charles Rozoy replonge, après une expérience "enrichissante, mais _toxique_." 

A chaque fois, il fallait se délester de certains de ses idéaux

"Je n'ai pas vécu cette période de manière très agréable, et je me suis rendu compte que ça m'avait surtout détruit, au lieu de me construire." Le Dijonnais, d'abord engagé au côté de François Rebsamen, puis au sein de la République en Marche, assure qu'il n'a pas de ressentiment personnel, mais il peine à dissimuler son amertume :  "ce n'est pas une critique de personnes, je me suis juste rendu compte que ce n'était pas un milieu qui me permettait de m'épanouir. A chaque fois il fallait gravir des échelons, _se délester de certains de ses idéaux_, de certaines de ses illusions, or moi je suis un grand rêveur, et ça ne me correspondait pas. Je pense être trop utopiste pour faire de la politique."

La démocratie locale en question

Plus que par des personnes, donc, Charles Rozoy semble dégoûté par ce qu'il qualifie de "système" politique. "Beaucoup de Français remettent en cause ce système, quand on voit la participation aux élections. Il faudrait se questionner sur la notion de participatif, qu'on met à toutes les sauces. Je vais être dur, mais j'ai de gros doutes face à la démocratie en général." LREM ? "Je ne suis pas déçu, je connais très bien les personnes qui sont dans ce parti, je n'ai _jamais eu de problèmes au niveau national_, je pense qu'il y a une vraie volonté de changement, mais encore une fois c'est le système qui ne permet pas de changer."

A ceux qui le taxeront d'opportunisme, Charles Rozoy répond tranquillement : "Je laisse chacun penser ce qu'il veut, je retrouve juste ma direction, mon chemin, c'est important pour _m'épanouir personnellement_. Je vais essayer dans ces prochains temps de penser à moi. J'ai beaucoup pensé aux gens, j'ai essayé de faire pour les gens, ce n'est pas forcément facile quand on est beaucoup critiqués."

Tokyo 2021, une autre utopie ?

Au moins, dans l'eau, il n'y a pas de faux-semblant : le sportif est seul face à ses objectifs : "dans les bassins, je me confronte à moi-même. Je suis le seul à le faire, avec une équipe, bien sûr, mais on sait ce qu'on a à faire, on n'a qu'une seule chose à penser, c'est le chronomètre. Il n'y a _pas de facteur incontrôlable_." 

Justement, où en est-on du chronomètre ? Trop tôt pour aborder le sujet, répond Charles Rozoy : "Aujourd'hui, on est dans le temps pour se préparer. Je fais tout ce qu'il faut, j'ai perdu 15 kilos, j'en ai repris cinq pour refaire de la masse musculaire, je m'entraîne tous les jours, cinq à six heures par jour. Donc personne ne pourra dire que je n'ai pas fait tout ce qu'il fallait pour."

Ça ne me fait pas peur

Tokyo, ce n'est pas juste un vague objectif, c'est un véritable défi que se lance le champions paralympique de 2012 à Londres : "ça ne me fait pas peur, je l'ai déjà fait ! En 2008 j'ai un accident de moto qui me _paralyse le bras gauche_, en 2009 je suis champion de France, champion d'Europe, champion du monde."

Et à en croire l'ancien champion, il y a de la place pour réussir quelque chose à Tokyo : "les règles ont évolué, et on se rend compte que dans ma catégorie, ça nage moins vite qu'avant. Je pense que j'ai ma place dans cette catégorie, j'ai hâte de pouvoir me mesurer dans des compétitions, de pouvoir voyager, refaire des choses autour de ce sport qui me tient tant à cœur."

Paris 2024 ? "C'est encore loin"

Le défi est tout de même immense. Il va falloir retrouver son statut de sportif de haut niveau, puis les premières compétitions en septembre, les championnats de France en décembre, retrouver les rangs de l'équipe de France. Tout cela, avant de pouvoir prétendre à une qualification pour Tokyo. Sans parler de l'enjeu financier : une année de préparation olympique peut coûter entre 50.000 et 150.000 euros. 

Et si les jeux de Tokyo n'avaient pas lieu à cause du Covid ? "Au moins j'aurais relancé une belle expérience ! Certains me posent la question de Paris 2024, j'aurai 37 ans, _c'est encore loin_, je vais d'abord croire à Tokyo. Je pense que les Jeux se feront, peut-être différemment, peut-être à huis clos, mais je pense qu'ils se feront." 

En parallèle, Charles Rozoy va poursuivre sa carrière dans le coaching, la formation et l'accompagnement. 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess