Politique

Cherbourg : de nombreux migrants tentent de rallier l'Angleterre

Par Anthony Raimbault, France Bleu Cotentin lundi 11 janvier 2016 à 20:34

De nombreux migrants rêvent de rallier l'Angleterre via Cherbourg
De nombreux migrants rêvent de rallier l'Angleterre via Cherbourg © Radio France - Anthony Raimbault

Depuis l'été, le nombre de migrants ne cesse d'augmenter à Cherbourg. Ils seraient entre 60 et 70 chaque jour. Et beaucoup n'ont qu'un but en tête : rejoindre l'Angleterre.

Depuis le début du mois, la surveillance a été renforcée autour du port de Cherbourg. Des patrouilles de police sont postées devant les entrées du site pour empêcher les migrants de franchir le grillage. Mais le dispositif ne dissuade pas les réfugiés prêts à prendre tous les risques pour rejoindre l'Angleterre. 

Ils viennent d'Afghanistan, d'Irak ou encore de Syrie. Certains sont arrivés à Cherbourg directement depuis Paris, d'autres viennent de Calais, en espérant pouvoir passer la frontière plus facilement dans la Manche. Aujourd'hui,  entre 60 et 70 réfugiés sont présents chaque jour sur l'agglomération cherbourgeoise, selon l'association Itinérance qui leurs vient en aide, dix fois plus qu'au début de l'été. 

"Je veux rejoindre mon cousin en Irlande"

La journée, le Service d'accueil et d'orientation de Cherbourg leur offre un café, de quoi manger et se réchauffer. Itinérance accompagne celles et ceux qui souhaitent demander l'asile en France. Vingt-cinq bénévoles proposent même des cours de français. 

"Au début, beaucoup arrivent avec l'espoir de rejoindre l'Angleterre. Mais après s'être épuisé à faire des tentatives, ils font des demandes d'asile. On les accompagne, on les emmène à Saint-Lô ou Caen pour faire des démarches." -  Claudie Rault-Verprey présidente d'Itinérance

Un jeune afghan accepte de se confier. Il a traversé l'Iran, la Turquie, l'Europe de l'est et l'Allemagne avant d'arriver en France. Et il ne compte pas s'arrêter là : 

"Je veux rejoindre mon cousin en Irlande. J'essaie de passer chaque nuit. Je trouve un moyen de manger, de me doucher et dès que la nuit tombe je retente. Mais en ce moment avec les policiers, c'est difficile"

Un autre réfugié afghan explique avoir déjà tenté sa chance à Calais, avant de venir à Cherbourg : 

"Je me suis fait prendre. La police m'a gardé 20 jours. Mais ici, ce n'est pas mieux. Une fois la police m'a arrêté. Les policiers m'ont déposé à 20 km de Cherbourg. Je suis revenu à pied. Je veux passer. Il n'y a rien ici pour moi. Je ne veux pas d'aides, je veux juste passer en Angleterre. Ce n'est pas facile avec la police, mais j'essaie tous les jours. Il n'y a pas de passeurs à Cherbourg donc on se débrouille tout seul. "

Pour éviter des drames, l'association Itinérance tente de convaincre ces migrants de faire une demande d'asile. Mais pour Claudie Rault-Verprey, la présidente de l'association, la tâche est de plus en plus rude : 

"On n'est pas crédible. Nous avons 5 personnes qui ont fait une demande d'asile il y a 6 semaines, et elles sont toujours à la rue. Les autres voient bien que ça ne change rien. Nous, on demande des réunions avec l'Etat pour voir comment s'organiser, mais depuis le 13 novembre, nos demandes de réunion sont restées sans réponse."

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