Politique

VIDEOS | Impôts, migrants, Syrie : ce qu'il faut retenir de la conférence de presse de François Hollande

Par Thibaut Lehut, France Bleu lundi 7 septembre 2015 à 11:59 Mis à jour le lundi 7 septembre 2015 à 14:51

François Hollande, le 7 septembre 2015.
François Hollande, le 7 septembre 2015. © Max PPP

François Hollande a tenu la sixième conférence de presse de son quinquennat, ce lundi à l'Elysée. Il en a profité pour faire des annonces diverses, de l'organisation de vols de reconnaissance en vue de frappes en Syrie à l'accueil de 24.000 migrants sur le territoire national.

C'est désormais devenu un exercice récurrent : François Hollande a tenu ce lundi la sixième conférence de presse de son mandat. Au cours d'une vingtaine de minutes de discours, suivies d'une série de questions, il a abordé des problématiques diverses, mais alors que l'économie avait largement dominé les précédents exercices, c'est cette fois l'international qui a constitué le cœur de son propos. Voici qu'il faut retenir de cette conférence de presse.

Vingt-quatre mille migrants accueillis en deux ans

Dans le sillage de l'annonce par la France et l'Allemagne, la semaine dernière, d'un mécanisme obligatoire et permanent d'accueil de migrants en Europe, François Hollande a expliqué que 24.000 d'entre eux auront l'opportunité de s'installer dans l'Hexagone dans les deux prochaines années. "En cette rentrée, il y a des images, il y a des événements, il y a des situations qui frappent à la porte de nos consciences", a lancé solennellement le Président en introduction, préférant utiliser le terme de "réfugiés" plutôt que celui de "migrants". Il a précisé que 120.000 personnes, en tout, seraient accueillies en Europe sur deux ans. 

Au-delà de cette mesure d'urgence, François Hollande a également plaidé en faveur de l'organisation d'une conférence internationale sur cette problématique à Paris, car "la question des réfugiés et des déplacés est d'abord une question qui touche les pays du Sud (...), l'Afrique, le Moyen-Orient mais aussi d'autres continents y compris l'Asie". Le chef de l'Etat a notamment plaidé pour l'installation de centres dans les pays d'origine des réfugiés, ou dans ceux par lesquels ils transitent, pour éviter une "crise humanitaire gigantesque".

Vols de reconnaissance en Syrie

La France est-elle sur le point de bombarder les positions de l'Etat islamique en Syrie ? Cette question, étroitement liée à celle des migrants, a entrevu un début de réponse, l'Elysée ayant annoncé l'organisation de vols de reconnaissance "dès demain". Ces vols "permettront d'envisager des frappes contre Daech en préservant notre autonomie de décision et d'action", a précisé le président de la République. Une intervention française se ferait donc hors de la coalition arabo-occidentale, qui rassemble une vingtaine de pays et qui sous l'égide de Washington mène déjà des raids aériens depuis août 2014. Les troupes françaises mobilisées seraient les mêmes que celles déjà actives en Irak.

Pas question, en revanche, d'envoyer des troupes au sol, décision "inconséquente et irréalisteparce que ce serait transformer une opération en force d'occupation". Or l'issue de la crise est "politique", a rappelé le Président. "Nous considérons que nous devons parler avec tous les pays qui peuvent favoriser cette issue et cette transition", a déclaré le chef de l'Etat. "Je pense aux pays du Golfe, je pense aussi à la Russie, à l'Iran en plus de pays qui sont d'ores et déjà membres de la coalition".

Huit millions de foyers concernés par une baisse d'impôt

Les impôts vont baisser en 2016, avait annoncé François Hollande fin août. Une baisse corrélée à des prévisions de croissance optimistes ("sûrement un peu plus de 1% en 2015, plus de 1,5% en 2016"), mais dont l'Elysée n'avait précisé ni l'ampleur ni le mécanisme. C'est chose faite : le président de la République a expliqué que huit millions de foyers seraient concernés, pour une baisse estimée à deux milliards d'euros. Ces baisses passeront par l'impôt sur le revenu, tout comme celles portant sur 2014 et 2015, et seront financées par "des économies" dont il n'a pas précisé la nature.

Macron II et un nouveau code du travail

Oui, le code du travail français va bien être réformé. Pour que la France soit "forte économiquement et socialement", le président de la République a promis de "nouvelles" réformes, dont l'une aura pour but de "rendre lisible le code du travail". La priorité sera donnée à la "négociation collective et aux accords d'entreprise, pour permettre qu'il y ait une meilleure adaptation du droit du travail à la réalité des entreprises". A quelle échéance ? Un rapport sur le sujet sera rendu mercredi au Premier ministre, document qui sera "ensuite soumis à une consultation" avant l'élaboration d'une loi, a expliqué le chef de l'Etat, sans donner de date. Pas question en revanche de toucher aux 35 heures, "durée légale" du travail qui ne "changera pas".

François Hollande a également indiqué avoir demandé au ministre de l'Economie Emmanuel Macron de préparer "une loi sur les opportunités économiques provoquées par les innovations notamment numériques", sans donner davantage de détails.

Menace sur la conférence sur le climat

Dans la perspective de la conférence internationale sur le climat organisée en décembre à Paris, François Hollande a lancé un avertissement. "Nous sommes encore loin d'un accord contraignant et de financement à la hauteur de l'enjeu (NDLR : 100 milliards de dollars à collecter avant décembre)_. _Il reste moins de trois mois pour aboutir, alors la France, parce qu'elle reçoit cette conférence et parce qu'elle est engagée, veut accélérer", a-t-il estimé. "Avec (le ministre des Affaires étrangères) Laurent Fabius, nous avons décidé de faire de l'Assemblée générale des Nations unies un rendez-vous majeur pour la préparation de la conférence sur le climat, et là aussi nous tiendrons un discours de vérité. Un sursaut est nécessaire, et nous devons une fois encore entraîner le monde". 

Non à l'élargissement de la redevance TV

Evoquée la semaine dernière par la ministre de la Culture comme une probable piste de financement futur pour l'audiovisuel public, l'élargissement de la redevance TV aux box internet ne semble pas convaincre le président de la République. François Hollande a en effet expliqué qu'il n'était "pas favorable" à élargir cette taxe "aux objets connectés""Il faut des financements mais la redevance télévisée ne peut pas être la variable d'ajustement", a ajouté le chef de l'Etat, fermant du même coup la porte à une augmentation pure et simple de la redevance actuelle.