Politique

Coup de tonnerre au Mans : Alain Pigeau n'est plus tête de liste UMP-UDI

Par Julie Le Duff, France Bleu Maine lundi 3 février 2014 à 14:42 Mis à jour le lundi 3 février 2014 à 16:54

La permanence d'Alain Pigeau pour les municipales au Mans
La permanence d'Alain Pigeau pour les municipales au Mans © Radio France

C'est un énorme coup de tonnerre à 46 jours du premier tour des élections municipales : dans un communiqué, l'UMP annonce qu'"Alain Pigeau n'est plus habilité à conduire la liste d'opposition mancelle".

C'est un rebondissement inédit dans une campagne municipale au Mans, qui plus est à sept semaines du premier tour : la droite se retrouve sans tête de liste. Alain Pigeau, investi par l'UMP en juin 2013, est évincé. 

Alors que la liste UMP-UDI devait être dévoilée ce lundi midi, les rédactions sarthoises ont été averties en milieu de matinée d'un report à jeudi de la conférence de presse où devaient être présentés les noms des co-listiers d'Alain Pigeau. Avant de finalement recevoir le communiqué confirmant l'éviction de l'avocat manceau.

Principes pas respectés

Selon le communiqué signé de Fabienne Labrette-Ménager (secrétaire départementale de l'UMP), Dominique Le Menèr (président départemental de l'UMP) et Véronique Rivron (chef de file de l'opposition au conseil municipal du Mans), la composition de la liste telle qu'elle devait être présentée ce lundi "ne respecte en aucun cas les principes adoptés au plan national entre l'UMP et l'UDI.  Compte tenu de ces circonstances Monsieur Alain Pigeau n'est plus habilité à conduire la liste d'opposition mancelle et nous amène à désigner une nouvelle tête de liste. Celle-ci sera présentée dans les prochains jours ". C'est-à-dire jeudi selon nos informations.

Joint par France Bleu Maine, Dominique Le Menèr explique : "Notre tête de liste n'a pas rempli le mandat qui lui avait été fixé. Les règles de l'équilibre des forces et des professions doivent être respectées par tout le monde. L'UMP départementale a été tenue à l'écart des négociations [avec l'UDI, NDLR]".

"Je n'accepte pas cette façon de faire de la politique" - Michel Gourdel, président de l'UDI dans la Sarthe

Le président sarthois de l'UDI Michel Gourdel, informé de l'éviction d'Alain Pigeau par France Bleu Maine, tombe des nues : "Je ne sais pas ce qui se passe vraiment. Vous êtes en train de m'apprendre qu'Alain Pigeau n'est plus tête de liste pour l'UMP. Moi, je ne renie pas mes accords : j'ai signé un accord avec M.Pigeau, en présence de Dominique Le Menèr et Fabienne Labrette-Ménager. Que l'UMP change la tête de liste sans nous concerter  (sic) et moi je n'accepte pas cette façon de faire de la politique. Je suis rentré à l'UDI pour faire de la politique autrement. " Michel Gourdel laisse entendre que l'union entre la droite et les centristes a sérieusement du plomb dans l'aile : "On a fait une liste d'union, et en aucun cas, je n'irai avec l'UMP en changeant de tête de liste à 50 jours des municipales. C'est leur problème, pas le mien. "

Un communiqué de l'UDI72 transmis en fin d'après-midi indique que "l’UDI de la Sarthe prend acte du retrait de l’investiture UMP à Alain PIGEAU. [...] Yves BROCHARD et l’UDI 72 soutenus par l’UDI Nationale réaffirment leur soutien à Alain PIGEAU qui conduit toujours le rassemblement du Centre et de la Droite Républicaine au Mans ".

Une campagne compliquée

Ce dernier épisode vient s'ajouter à une série de rebondissements, à commencer par le départ de l'ex-numéro 2 d'Alain Pigeau, Anne Beauchef. Il y a dix jours, Alain Pigeau déclarait sur France Bleu Maine qu'il était prêt à abandonner la tête de liste pour permettre la fusion avec l'UDI, avant d'être finalement confirmé comme chef de file

Depuis l'annonce de cette éviction, les réactions se multiplient sur les réseaux sociaux. A gauche, notamment du côté des partisans de Jean-Claude Boulard, on boit du petit lait.

 

 

 

Les soutiens d'Alain Pigeau sont eux plus laconiques.

 

Alain Pigeau indique à l'AFP qu'il avait arrêté dimanche soir une liste dans laquelle figuraient 60% de candidats UMP et 40% de candidats UDI. Il déclare à nos confrères : "Le conflit qui vient de s'étaler au grand jour est le meilleur moyen pour que (le maire socialiste sortant Jean-Claude) Boulard soit réélu dans un fauteuil ". Il tiendra une conférence de presse mardi.