Politique

Crimée : la France suspend en partie sa coopération militaire avec la Russie

Par Marina Cabiten, France Bleu vendredi 21 mars 2014 à 14:42

Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense
Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense © MaxPPP

Le ministre de la Défense a annoncé vendredi que la France avait "suspendu la plupart de ses activités de coopération militaire avec la Russie", en raison de la crise en Ukraine. Le rattachement de la Crimée à la Russie décrété par Moscou était au centre d'un sommet européen vendredi, en présence de François Hollande.

Le froid diplomatique entre la Russie et les Occidentaux se durcit. Vendredi, la France a annoncé la suspension de la plupart de ses activités de coopération militaire avec Moscou, notamment les échanges de visites et les exercices conjoints. Une nouvelle conséquence du rattachement de la Crimée à la Russie, entériné par Vladimir Poutine vendredi.

Condamnations et sanctions

"Nous condamnons ce qui s'est passé" a précisé Jean-Yves Le Drian, faisant référence à ce traité qui fait passer la région de Crimée de l'Ukraine à la Russie, contre la volonté de Kiev et de l'ensemble du monde occidental. Le ministre de la Défense s'est exprimé depuis l'Estonie, au cours d'une tournée dans les pays baltes et la Pologne. Ces visites ont pour but de rassurer ces États par rapport à la crise ukrainienne.

Jean-Yves Le Drian a aussi indiqué que la France était prête à envoyer quatre avions de chasse en Lituanie, si l'Otan décide de renforcer sa mission de protection aérienne des pays baltes.

Poutine toujours invité en Normandie

Au même moment, François Hollande était à Bruxelles, pour un sommet européen ayant pour sujet l'Ukraine. À l'issue de cette réunion, le président a déclaré que l'invitation du président russe en France à l'occasion des 70 ans du débarquement de 1944 était maintenue.

L'Union européenne a élargi jeudi sa "liste noire" de responsables russes et ukrainiens impliqués dans le rattachement de la Crimée à la Russie. Une trentaine de personnes sont concernées par des sanctions comme des gels d'avoirs et de visas.

Par ailleurs, les dirigeants européens et le Premier ministre ukrainien par intérim ont signé vendredi l'accord de rapprochement politique et économique entre Kiev et Bruxelles, accord que le président déchu Ianoukovitch avait refusé de signer. C'est cette décision qui avait fait descendre son peuple dans la rue et entraîné sa chute.