Politique

Daniel Boisserie : pour gagner, il faut que Manuel Valls "dénonce le programme irréaliste" de Benoît Hamon

Par Fabienne Joigneault, France Bleu Limousin lundi 23 janvier 2017 à 10:00

Daniel Boisserie assistait, comme la plupart des élus PS haut-viennois, au meeting de Manuel Valls à Boisseuil la semaine dernière.
Daniel Boisserie assistait, comme la plupart des élus PS haut-viennois, au meeting de Manuel Valls à Boisseuil la semaine dernière. © Maxppp - Thomas Jouhannaud

Soutien de longue date de Manuel Valls, le député-maire de Saint-Yrieix-la-Perche était l'invité de France Bleu ce lundi matin. Son candidat est devancé par Benoît Hamon dans le 1er tour de la primaire de la gauche, mais tout n'est pas joué selon lui.

Benoît Hamon semble avoir un sérieux avantage pour le second tour de la primaire de gauche. Arrivé en tête au 1er tour, il devance Manuel Valls (mais en Haute-Vienne et en Corrèze, c'est l'inverse) et reçoit le soutien d'Arnaud Montebourg, 3ème. Mais pour Daniel Boisserie, proche de Manuel Valls depuis longtemps, tout n'est pas joué et il faut se mobiliser. Il était l'invité de France Bleu Limousin ce lundi à 8h20.

Que doit dire Manuel Valls aujourd'hui pour être entendu, et pour espérer l'emporter dimanche prochain ?

Il faut qu'il y ait un véritable débat. Et que Manuel Valls dénonce le programme de son concurrent, qui est loin d'être réalisable. Le revenu universel, il faut expliquer ce que ça veut dire : les gens auront intérêt à rester chez eux plutôt qu'à travailler. C'est comme si on disait "on va supprimer la taxe d'habitation" : c'est impossible. Moi je regrette un peu que Manuel Valls se montre sous un visage un peu dur, alors que oui c'est un homme sérieux, mais c'est un homme du peuple, proche des gens. Et c'est un homme fidèle, qui a eu le courage de défendre le bilan d'un quinquennat difficile, déstabilisé par les frondeurs (et Benoît Hamon en était), qui a géré cette période des attentats, particulièrement difficile.

Vous parlez de débat, mais aujourd'hui, au PS, il y a vraiment deux visions du monde !

Effectivement, il y a vraiment deux manières de gouverner. Et il y a une vision de la gauche qui a 40 ans de retard. Moi je crois qu'on ne peut pas continuer à opposer les salariés à leur entreprise, ça n'est pas ça la réalité. Des salariés qui sont difficiles à mobiliser. Moi ce que je souhaite, c'est une mobilisation extrêment forte dimanche, peu importe qui gagnera.

Si Benoît Hamon l'emporte, vous ferez campagne pour lui, ou bien est-ce qu'Emmanuel Macron est une option ?

Je n'ai pas pensé à l'hypothèse Macron. La logique serait effectivement de soutenir celui qui gagnera cette primaire, bien sûr.