Politique

Dans le Sud-Gironde, "la meilleure défense c'est l'attaque" contre la LGV

Par Xavier Ridon, France Bleu Gironde dimanche 27 septembre 2015 à 19:12

Beaucoup de mécontentement autour du stade Bernos-Beaulac.
Beaucoup de mécontentement autour du stade Bernos-Beaulac. © Radio France - Xavier Ridon

Les mines sont fermées au stade de Bernos-Beaulac dans le Sud-Gironde. L'annonce de la validation des projets de LGV ne passe pas chez les habitants qui essaient d'oublier la mauvaise nouvelle autour d'un match de foot.

Le projet de LGV autour de Bordeaux était prêt à dérailler mais finalement le gouvernement le remet sur voie. Le ministre des transports Alain Vidalies a confirmé ce samedi que les projets des lignes grande vitesse Bordeaux-Dax, Bordeaux-Toulouse.

►►► A lire sur francebleu.fr - LGV : le gouvernement valide Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax

Ce sont 327 kms de lignes nouvelles qui devraient donc sortir de terre pour un coût de 8,3 milliards d'euros. La ligne Bordeaux-Toulouse devrait être mis en service en 2024 et Bordeaux-Dax en 2027. Les présidents des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, Alain Rousset et Martin Malvy, se réjouissent de cette nouvelle pour ce projet qu'ils portent à bouts de bras depuis le début.

Le maire envisage de devenir... abstentionniste

Le projet est relancé mais pas encore confirmé. Le Conseil d’État aura son mot à dire pour concrétiser ou non l'arrivée de ces deux voies fortement contestées notamment par une enquête publique qui avait rendu en mars dernier un avis défavorable. Le triangle ferroviaire permettant le croisement entre les lignes Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax se fera à Bernos-Beaulac dans cette commune de 1200 habitants du Sud-Gironde. C'est en tout cas ce que prévoit le tracé. Sur place, la mobilisation des citoyens a été importante lors des débats publiques et de l'enquête publique.

Philippe Courbe sort lui très amer de ce rebondissement. Il est maire de Bernos-Beaulac depuis 2008, anciennement encarté au parti socialiste. Aujourd'hui, il imagine déjà des actes de résistance sur sa commune.

En cristallisant ainsi les problèmes, on va vers une opposition de plus en plus dure. On entend parler de zones d'occupations (...) des projets de Zad. Ce déni de démocratie risque de se traduire dans l'élection prochaine (...) Pour la première fois de ma vie, je serais peut-être amener à faire comme des millions d'abstentionnistes.

LGV - le maire de Bernos-Beaulac voit les Zad et l'abstention venir.

Samedi après-midi, match de foot au programme dans la commune avec notamment l'équipe féminine de Bernos-Beaulac qui recevait Monségur. Mais les supporters avaient d'autres choses en tête. Autour du terrain, beaucoup sont énervés Jackie habite la commune voisine de Captieux. Il est venu voir jouer ses petites filles. Histoire de s'aérer.

C'est le seul plaisir, ça fait oublier le reste. C'est complètement inutile. Je me demande qui va payer à la fin. Ils vont détruire ma forêt à Captieux en plus.

Son ami Jean-Louis qui vit à Bernos Beaulac est tout aussi révolté : "ça va nous détruite toute la forêt, ça coupe notre commune en quatre. C'est juste un lobby de certains qui veulent faire gagner quelques minutes. C'est une catastrophe pour nous."

Quand le foot prend des accents politiques

D'autres ne tiennent pas à répondre... Très remonté, ce supporter dit juste que sa maison est sur le tracé de la ligne et sans quitter des yeux les deux équipes sur la pelouse, il fait un pronostic : "Je pense que les noirs [couleurs des joueurs de Bernos-Beaulac] vont gagner contre la LGV."

Le président du club de Bernos-Beaulac, Denis Léglise, est né dans cette commune. Et il donne son conseil pour remporter la partie.

On ne lâche pas. Il ne faut pas oublier les indigènes et autochtones, on a notre mot à dire et on veut surtout le dire. La meilleure défense c'est l'attaque

Pour l'anecdote d'ailleurs, les joueuses de Bernos-Beaulac l'ont emporté 2 à 0.

LGV : Bernos-Beaulac fait rimer ballon rond et indignation