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Politique
Dossier : Poitou-Charentes : dette et impayés

Finances de l'ex Poitou-Charentes : de "fortes tensions" selon la Chambre des Comptes de Nouvelle-Aquitaine

Jean-François Monteils, le président de la Chambre Régionale des Comptes de Nouvelle Aquitaine, s'exprime. Le rapport tant attendu de la Chambre qui pointe du doigt la gestion de l'ex Poitou-Charentes a été rendu public ce lundi et confirme de "fortes tensions" dans l'ancienne région.

La Chambre Régionale des Comptes à Bordeaux
La Chambre Régionale des Comptes à Bordeaux - Google street view

Poitou-Charentes, France

INTERVIEW - Attendu depuis près d'un an, le rapport de la Chambre Régionale des Comptes de Nouvelle-Aquitaine qui confirme l'endettement de l'ex région Poitou-Charentes a été dévoilé ce lundi en session plénière au Conseil régional. Jean-François Monteils, le président de la Chambre Régionale des Comptes, a répondu aux questions de Vincent Hulin sur ce rapport concernant la fusion des trois régions, rapport qui égratigne la gestion de Ségolène Royal, présidente de de Poitou-Charentes de 2004 à 2014, depuis 2011.

Sur le plan financier, "en Aquitaine, il n'y a pas de signe de tension, en Limousin, des signes de tensions croissantes sont observées en 2015 et en Poitou-Charentes, les signes de fortes tensions observées fin 2015 auraient nécessité très rapidement, indépendamment du processus de fusion, des décisions importantes en matière de dépenses et recettes", explique-t-il.

France Bleu Poitou : C'est un rapport qui a été attendu longtemps ?

Jean-François Monteils : Nous avons des procédures avec des délais incompressibles. Nous avons programmé ce rapport en début d'année, le travail a débuté en mars, il s'est terminé en décembre ce qui est un délai rapide pour étayer, contredire et délibérer. Il y a eu une phase de médiatisation, c'est ce qui donne ce sentiment que le rapport était attendu.

En quoi c'était complexe ?

Le but était de préparer des travaux ultérieurs pour porter une appréciation sur la fusion régionale. Ce premier volet de l'enquête concerne la situation financière des trois anciennes régions. On a établi une situation en Aquitaine, en Limousin et en Poitou-Charentes.

Que faut-il retenir ?

Nous qualifions la situation financière des trois anciennes régions. Nous disons qu'en Aquitaine, il n'y a pas de signe de tension, en Limousin, des signes de tensions croissantes sont observées en 2015 et en Poitou-Charentes, les signes de fortes tensions observées fin 2015 auraient nécessité très rapidement, indépendamment du processus de fusion, des décisions importantes en matière de dépenses et recettes (1).

On s'y perd car chaque partie, Alain Rousset comme Ségolène Royal se dit satisfait de ce qu'il y lit ?

Nous, nous ne commentons pas, on ne dit plus rien après rédaction du rapport. Nous avons dit ce que nous avons à dire et ensuite le débat public se noue, chacun donne ses interprétations à nos propos et nous avons le sentiment que ces propos sont clairs.

Avez-vous travaillé dans la sérénité ?

Oui les magistrats ont travaillé sereinement. Nous avons considéré que nous avons eu des éléments qui nous permettent de contribuer de manière utile au débat public. Il n'y a pas eu de rétention d'information. Quand des éléments font défaut, on fait nos observations en conséquence.

AUDIO - Entretien avec Jean-François Monteils

Ecoutez l'entretien de Jean François Monteils, président de la Chambre Régionale des Comptes

(1) à noter : Ségolène Royal avait en effet renoncé à appliquer la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) qui est devenue ensuite la TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétiques) pour "soutenir le pouvoir d'achat des Picto-Charentais". La mise en oeuvre de la TIPE aurait permis une recette supplémentaire de 45,8 millions d'euro en année pleine.

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