Politique

Débats tendus à l'Assemblée : Yannick Favennec regrette "l'amateurisme" de certains députés En Marche

Par Fabien Burgaud, France Bleu Mayenne mercredi 26 juillet 2017 à 16:30

Yannick Favennec entame son 4e mandat à l'Assemblée Nationale
Yannick Favennec entame son 4e mandat à l'Assemblée Nationale © Maxppp - Christophe Morin

La nouvelle législature n'est pas de tout repos dans l'hémicycle. De nombreuses erreurs et tensions émaillent les séances, présidées par des députés "En Marche!", jugés inexpérimentés. En Mayenne, les députés Yannick Favennec et Guillaume Garot regrettent ce climat.

La tension semble monter d'un cran à l'Assemblée Nationale. "Depuis que je suis élu, je n'ai jamais vu ça", se désespère le député mayennais UDI Yannick Favennec. "*_Des parlementaires ne se sentent pas suffisamment respectés,* lorsqu'on ne leur donne pas la parole, qu'on oublie de les faire voter sur un amendement"_, raconte le député PS Guillaume Garot. Dans le viseur : l'inexpérience des députés "En Marche!" chargés de présider les séances. Comme mardi lors de l'examen du projet de loi pour "la loi de confiance dans la vie publique". A la tribune, Carole Bureau-Bonnard (LREM) a été pour le moins chahutée.

"Il faut qu'à la rentrée, tout rentre en ordre" selon le député PS Guillaume Garot

De nombreux députés s'émeuvent du manque de préparation voire de "l'amateurisme" de ces séances, comme le député UDI Yannick Favennec. "Je connais le coeur du fonctionnement de cette très belle maison qui est le cœur de la démocratie française. Je regrette qu'elle soit gâchée par l'amateurisme et ces séances d'improvisation. J'espère que les choses vont changer, mais je ne suis pas très optimiste. Sur les 577 députés, je vois bien que 350 s'étonnent encore d'être là. Il y a une reprise en main nécessaire, des formations à mettre en place. Pour former un député il faut 3 ans, les 2/3 d'un mandat. Le pays n'a pas le temps d'attendre. Le pays a besoin de réformes importantes. J'ose espérer que le président de la République tiendra ses engagements de campagne. Pour ça, il faut que les débats soient à la hauteur de ces projets de loi", espère-t-il.

Le député PS Guillaume Garot, regrette surtout que ce début de législature tendu coïncide avec deux textes "lourds et importants" : le recours aux ordonnances pour réformer la loi du travail la semaine dernière, et la loi de moralisation cette semaine. "Chacun prend ses marques aujourd'hui. Le groupe majoritaire a souhaité confier des responsabilités importantes à des députés qui n'avaient pas beaucoup d'expérience. On en voit les résultats. Il y a des ratés, des loupés, des sorties de route parfois. Ce n'est pas une bonne façon de faire vivre le débat qui est nécessaire. Bon, c'est le début, y'a du réglage, ça se met en place. Mais il faut qu'à la rentrée, tout soit en ordre pour que le travail parlementaire soit efficace. Que chacun puisse s'exprimer et donner son point de vue", raconte le député qui reconnaît passer de "courtes nuits" à cause de ces séances à rallonge. Sollicitée, la député macroniste Géraldine Bannier n'a pas répondu à nos sollicitations.