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Politique

Manuel Valls défend (encore) la déchéance de nationalité après de nouvelles critiques à gauche

lundi 28 décembre 2015 à 10:29 Par Marina Cabiten, France Bleu

De plus en plus de voix s'élèvent à gauche contre la déchéance de nationalité pour les terroristes voulue par le gouvernement. Le Premier ministre, dont une interview avait déclenché ce nouveau flot de critiques, s'est défendu lundi via Facebook.

Manuel Valls
Manuel Valls © Maxppp

Jean-Marc Ayrault, Martine Aubry, Benoît Hamon, Julien Dray : plusieurs figures du Parti socialiste ont ouvertement dénoncé ces derniers jours le projet du gouvernement d'inscrire dans la Constitution la déchéance de nationalité pour les binationaux nés Français, et condamnés pour terrorisme. Déjà fortement critiquée depuis son annonce, cette mesure s'attire une vague encore plus forte de critiques suite aux propos tenus ce week-end par Manuel Valls dans le Journal du dimanche. Le Premier ministre y déclare entre autres que sur ce sujet, "une partie de la gauche s'égare au nom de grandes valeurs"

"Une ligne rouge a été franchie"

Depuis la publication de cet entretien, dans lequel Manuel Valls affirme également que "la France est en péril de paix", beaucoup de ténors du PS ont clamé publiquement leur opposition à cette nouvelle forme de déchéance de nationalité, qui pour certains remet en cause le droit du sol. Benoît Hamon estime que cette réforme est "inspirée et soutenue par le FN". Mais s'il fait partie des frondeurs du Parti socialiste depuis son départ du gouvernement, ce n'est pas le cas de l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault ni de la maire de Lille Martine Aubry, qui ont pourtant taclé Manuel Valls sur le réseau social Twitter ce week-end. 

"Une ligne rouge" a été franchie pour le député frondeur Pascal Cherki, opposé depuis le début à cette mesure. Christophe Caresche, autre député PS, a pris la défense du gouvernement en dénonçant lundi un "concours Lépine de l'indignation" à gauche, la "gravité de la situation" n'ayant selon lui pas été "intériorisée" par une partie de la classe politique. Quant au premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, il serait selon ses proches également opposé au projet mais ne l'a pas dit publiquement. 

Lundi, Manuel Valls a décidé de se défendre une nouvelle fois, en postant sur Facebook une longue déclaration. Il dément l'idée selon laquelle cette mesure est inspirée par l'extrême-droite. Pour lui, "la déchéance symbolisera l’exclusion définitive du pacte national de ceux qui ont commis des crimes terroristes, dans le respect des principes du droit international auxquels nous sommes attachés, qui interdisent de créer des situations d'apatridie."

Divisions à droite aussi

Il y aura donc des votes contre le texte à gauche, mais à droite également. Le chef de file des députés Les Républicains, Christian Jacob, a ainsi refusé dimanche de dire s'il voterait pour, même s'il est d'accord "sur le principe", alors que le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau a averti qu'il ne voterait pas "les yeux fermés". 

L'adoption du texte, qui sera présenté le 3 février à l'Assemblée nationale, pourrait s'avérer plus compliquée que prévu pour l'exécutif, qui espère un soutien appuyé de la droite pour surmonter cette opposition grandissante dans son camp. La réforme doit en effet être votée par les deux chambres séparément, puis par une majorité des trois cinquièmes au parlement réuni en Congrès à Versailles. Les Républicains et l'UDI représentent 415 parlementaires (députés et sénateurs) sur un total de 925. Sans eux, impossible d'atteindre la majorité des 3/5e (555 voix, si tous les votes sont exprimés). François Hollande peut faire adopter sa réforme avec le vote favorable d'une moitié de la droite, même dans le cas de figure où tous les écologistes (28 parlementaires), les communistes et apparentés (34) et près de 80 socialistes sur 397 votent contre.