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Coronavirus : reconfinement en France à partir de vendredi, jusqu'au 1er décembre

Déconfinement : bisbilles autour des masques chirurgicaux à la ville d'Orléans

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Par , France Bleu Orléans

L'ancien maire d'Orléans Serge Grouard a reçu une commande de 100 000 masques chirurgicaux, montée avec des mécènes. Il voulait les mettre à disposition de la ville qui a décliné l'offre : "Nous n'en avons pas besoin", assure le maire actuel Olivier Carré qui dénonce une "agitation électoraliste".

Pascal Tébibel (numéro 3 sur la liste "Les Orléanais au cœur" aux municipales) a réceptionné la semaine dernière 100 000 masques chirurgicaux avec Serge Grouard
Pascal Tébibel (numéro 3 sur la liste "Les Orléanais au cœur" aux municipales) a réceptionné la semaine dernière 100 000 masques chirurgicaux avec Serge Grouard - DR

"Un refus incompréhensible", regrette l'un ; "une opération de communication indécente", dénonce l'autre. La campagne des municipales a beau être suspendue, les relations à Orléans entre l'ancien maire Serge Grouard et le maire actuel Olivier Carré sont toujours aussi tendues. Nouvelle source de désaccord : une histoire de masques chirurgicaux.

Premier épisode fin mars

Tout commence le 28 mars. Ce jour-là, Serge Grouard prévient la ville qu'il peut, grâce à des contacts qu'il ne souhaite pas révéler, obtenir 200 000 masques chirurgicaux (FFP2) à 50 centimes l'unité, mais qu'il faut répondre très vite. La réponse arrive le lendemain : Olivier Carré décline la proposition, expliquant que la ville a déjà commandé 100 000 masques via l'Association des maires du Loiret ; il assure surtout qu' "à ce stade, nos personnels en contact du public ou travaillant entre eux (ripeurs, police municipale par exemple) sont dotés au moins jusqu’à fin avril", grâce au stock possédé par la ville avant la crise sanitaire.

"Cette réponse m'a stupéfié, explique aujourd'hui Serge Grouard, car il était évident qu'il y aurait une forte concurrence dans les commandes de masques et donc des soucis d'approvisionnement. J'avais alors perdu ma fenêtre de tir, mais j'avais gardé mes contacts. J'ai alors cherché un financement pour conserver, au moins en partie, cette opportunité."

Serge Grouard jure qu'il ne veut qu'aider

C'est chose faite le 10 avril : 50 000 euros ont été collectés via des dons d'entreprises de l'Orléanais - 8 entreprises selon nos informations, "Je ne donnerai pas leur nom car elles l'ont fait pour aider et non pas pour faire de la communication", indique l'ancien maire. L'argent et la commande transitent par l'Association des maires du Loiret (AML45) qui "a juste servi de réceptacle", ce sont finalement 100 000 masques que Serge Grouard a récupérés la semaine dernière, avec l'aide notamment de Pascal Tebibel, un de ses co-listiers aux municipales.

"Jeudi dernier, puis de nouveau samedi matin, j'ai proposé au maire de mettre à disposition de la ville 80 000 de ces masques, le reste étant laissé à l'AML45 à destination des petites communes. Samedi après-midi, Olivier Carré a décliné l'offre, répétant que la ville n'en avait pas besoin et me suggérant de me rapprocher de la pharmacie centrale du CHRO. Je ne veux pas polémiquer, depuis le début je m'emploie juste à aider, mais je ne comprends pas", conclut Serge Grouard.

Un stock suffisant jusqu'à l'été, rétorque Olivier Carré

De son côté, le maire Olivier Carré persiste et signe : "Nous n'avons jamais manqué de masques, et _on en a suffisamment pour nos agents, désormais, jusque fin juin_. Il y a certes des besoins chez certaines professions de santé, comme les podologues et les dentistes, mais la procédure définie par l'Agence régionale de santé, c'est bien que ces professions passent par la pharmacie centrale de l'hôpital, et ça marche très bien."

Dans le détail, outre sa commande initiale, la ville d'Orléans a demandé 200 000 masques chirurgicaux via la deuxième commande mutualisée orchestrée par la Région Centre Val-de-Loire. A ce jour, selon le décompte officiel de la mairie, la ville d'Orléans a reçu 20 000 masques chirurgicaux offerts par la ville de Yangzhou, 18 500 donnés par l'entreprise Amazon Saran et 12 000 sur les 100 000 attendus de la première commande via l'AML45. "Oui, mais le reste est sur le point d'arriver, c'est une question de jour", assure Olivier Carré, qui n'a pas été en mesure de nous indiquer quel était le montant du stock possédé avant la crise, ni quel était la consommation journalière par les agents de la ville et de la métropole (ils sont 417 "présents sur le terrain" sur cette semaine).

Un air de campagne électorale ?

Olivier Carré voit dans toute cette histoire "une opération de communication individuelle, quand d'autres s'efforcent de gérer collectivement la crise", opération dans laquelle "l'Association des maires du Loiret a été instrumentalisée, ce qui est assez scandaleux." "On est prévoyant, et ce serait particulièrement grave de faire croire que nos agents ne sont pas bien équipés ; de là à imaginer que, par leurs actions parallèles, _certains élus cherchent à entretenir une logique de campagne électorale_, je ne peux pas l'imaginer", ironise le maire d'Orléans.

Serge Grouard, lui, assure que son équipe va distribuer les masques aux professions de santé, et "je peux vous dire qu'on est très bien accueillis" : "On n'a peut-être pas la même analyse du besoin de masques", analyse-t-il. "J'ai proposé dès le début à la Métropole qu'on fasse les choses ensemble ;  bon, la métropole a utilisé d'autres filières, mais je constate que partout il y a des manques de masques et que toutes les bonnes volontés devraient être les bienvenues."

Les arguments de Serge Grouard sont à écouter ici...

"On n'a peut-être pas la même analyse du besoin de masques" s'interroge Serge Grouard...

... et la réponse d'Oliver Carré ci-dessous :

... "Certains élus n'ont pas voulu entrer dans une logique collective d'union", lui répond Olivier Carré

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