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Dossier : Coronavirus Covid-19

Déconfinement : « il faut inventer de nouveaux réflexes » défend Valérie Petit, députée de la majorité du Nord

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Par , France Bleu Nord

Réouverture progressive des écoles, masques dans les transports, départements rouges et verts : la députée de la majorité Valérie Petit détaille les annonces d'Edouard Philippe.

La députée de la majorité du Nord était présente lors du vote dans l'hémicycle mardi
La députée de la majorité du Nord était présente lors du vote dans l'hémicycle mardi © Maxppp - Aurelien Morissard

Les mesures de déconfinement « après-11 mai » ont été présentées hier par le Premier ministre Edouard Philippe. Un plan voté dans la foulée par l’Assemblée Nationale à 368 voix pour et 100 voix contre (103 abstentions). Décryptage avec Valérie Petit, députée de la majorité de la 9e circonscription du Nord, invitée de France Bleu Nord mercredi.

Vous étiez l’une des rares présentes hier à l’Assemblée : 75 députés seulement étaient autorisés dans l’hémicycle pour respecter la distanciation. Et vous avez voté en faveur du texte. Cela veut dire que finalement, en trois heures environ, vous estimez avoir eu le temps de débat suffisant pour vous faire votre opinion ?

J’ai voté « oui » car on a un Premier ministre qui a prononcé un discours de responsabilité. Rien ne l’obligeait à venir devant le Parlement, constitutionnellement parlant. Nous avons eu plusieurs heures pour l’écouter, pour débattre, pour écouter toutes les oppositions, pour nous forger un avis. C’était de mon point de vue largement suffisant pour apporter ma confiance.

C’est donc un déconfinement très progressif et différencié que vous avez voté : avec des départements verts et rouges, une première phase de trois semaines puis une deuxième en juin. Est-ce que ça n’est pas un peu brouillon tout ça pour les Français ? N’aurait-il pas été plus sage de dire : on attend car le 11 mai tout le monde ne sera pas prêt ?

On se livre à un exercice extrêmement difficile. Le Premier ministre a parlé d’une « ligne de crête » : d’un côté la santé des Français que protège le confinement, de l’autre le déconfinement nécessaire pour ce que le Premier ministre a appelé « un risque d’écroulement » de notre économie et de notre société. Donc il faut trouver un chemin entre ces deux opposés, ça n’est pas évident, je crois qu’il l’a trouvé, c’est tout à son honneur. Pour moi, il n’y a aucune confusion mais au contraire une grande prudence.

L’une des annonces les plus attendues concernait l’école. Elle reprendra bien le 11 mai pour les maternelles et les primaires sur la base du volontariat. Cela veut dire que les enseignants vont devoir se couper en deux : une partie des cours en classe, une partie des cours à distance. C’est faisable selon vous ?

Le maître-mot : c’est la progressivité. Donc nous allons commencer par l’élémentaire, puis les collèges puis on prendra la décision pour les lycées. Je crois ensuite qu’il faut faire confiance au monde enseignant et la communauté éducative. 

Justement le monde enseignant n’est pas très confiant dans son ensemble si l’on en croit les syndicats !

Nous sommes là justement pour les accompagner, pour leur donner la confiance. Les élus locaux sont très mobilisés, je travaillais encore hier avec les gendarmes qui se mobilisent également sur les questions de sécurité et de logistique. Donc nous allons accompagner les directeurs d’écoles et d’établissements, ils ne sont pas seuls. Je suis fille d’enseignante, j’ai aussi des enfants en bas âge donc je m’inquiète moi aussi légitimement. On ne sait pas tout mais tout le monde est mobilisé. L’un des derniers mots prononcés par le Premier ministre hier était « il faut que l’on apprenne à faire confiance en nos ressources et nos talents ». Nous avons mis en place un dispositif de « communautés éducatives » avec Jean-Michel Blanquer pour les élèves des quartiers prioritaires donc l’on est capable de mobiliser aussi le monde associatif, le monde de l’entreprise pour avoir une vraie communauté qui va trouver une nouvelle façon de faire l’école en plein air, à la maison. On va sans doute réinventer une façon d’apprendre.  

Sur France Bleu, un enseignant de la Somme disait ceci mercredi matin : « l’école sert pour garder les enfants de ceux qui retournent travailler ». Est-ce qu’effectivement les élèves sont sacrifiés pour que puisse redémarrer l’économie ?

Il n’y a pas de sacrifice des élèves. D’abord, j’ai mes enfants à la maison et je peux vous dire qu’ils ont envie de retourner à l’école. Je vois aussi la tristesse de ne pas voir ses amis, le manque de la maîtresse, de structure et de méthode pédagogique car cela n’est pas ma compétence. Donc il faut aussi partir du besoin des enfants. Après, c’est vrai, il faut le dire, les parents doivent aussi retourner travailler. C’est aussi dans l’intérêt des enfants que l’on commence à rebâtir notre économie et notre société. Cela n’est pas honteux que de dire qu’il faut éviter à notre pays d’entrer dans la récession et de jeter des millions de gens dans la pauvreté.

Autre mesure annoncée hier par le Premier ministre : l’obligation des masques dans les transports en commun. Vous êtes élue dans la métropole lilloise, vous connaissez donc l’affluence dans le métro, dans les bus. Qui va surveiller que chaque usager porte un masque ? Les chauffeurs, ce sont eux qui seront exposés à nouveau ?

Cela va rester à définir y compris avec les opérateurs et les élus locaux. Ce qui est important c’est surtout de maîtriser les flux donc il y aura un gros travail à faire avec les entreprises pour poursuivre le télétravail et que la demande de transports n’augmente pas dramatiquement au sortir du confinement.

Vous imaginez les quais du métro lillois ou les abribus bondés en attendant de pouvoir monter si l’on doit garder un siège sur deux libre ? Est-ce que le gouvernement a réfléchi à tout ça ?

Je ne dis pas que tout est réglé. Mais j’ai voyagé, j’ai été par exemple en Asie, j’ai pris le métro à Hong-Kong : vous avez une très grande maîtrise des flux, c’est rentré dans les habitudes. Donc nous aussi les Français, nous devons prendre notre part de responsabilité, apprendre à nous déplacer différemment, à gérer nos emplois du temps différemment. Tout va changer, tout le monde doit apporter sa pierre. On est encore en train de raisonner avec des réflexes d’avant, il va falloir en inventer de nouveaux.  

"Le maître-mot c'est la progressivité" insiste Valérie Petit, députée de la majorité du Nord

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