Politique

Démissions en série dans les conseils municipaux haut-garonnais

Par Jean Saint-Marc, France Bleu Toulouse dimanche 21 août 2016 à 18:01

Au moins trois communes se dirigent vers des élections municipales anticipées
Au moins trois communes se dirigent vers des élections municipales anticipées © Maxppp -

A mi-mandat les majorités se déchirent à Seilh, Verfeil et Saint-Lys. Les trois communes n'ont plus d'instance dirigeante et se dirigent vers de nouvelles élections. A Saint-Lys elles auront lieu les 11 et 18 septembre. Pour Seilh et Verfeil la préfecture examine encore les démissions.

C'est une étrange épidémie qui touche plusieurs communes en Haute-Garonne cet été : les démissions dans les conseils municipaux ! Saint-Lys, Verfeil et Seilh : ces trois communes n'ont plus de conseil municipal car plus d'un tiers des élus ont démissionné. Comment en est-on arrivé là ?

Seilh : une liste montée trop vite qui implose à mi-mandat

Seilh c'est l'histoire d'une liste, sans étiquette, montée trop vite pour battre le maire sortant. Du coup à mi-mandat on ne peut déjà plus se supporter : "c'est règlements de compte à OK Corral" sourit le premier adjoint Didier Satgé. Lui est resté fidèle au maire Jean-Claude Miégeville... A sa demande il vient de démissionner, avec huit autres élus, pour provoquer de nouvelles élections dans la cité dortoir. Elles devraient avoir lieu cet automne.

"Il vient de changer les serrures de la mairie !" – Livia Cotor, deuxième adjointe frondeuse

Depuis un peu plus d'un an un groupe de frondeurs, mené par la deuxième adjointe Livia Cotor, refuse de voter les délibérations. Jean-Claude Miégeville lui a enlevé ses délégations : "ils ont refusé l'augmentation du nombre d'heures à un agent, ou des délibérations que nous demandait la commission européenne." Livia Cotor dénonce "l'autoritarisme" du maire avec qui elle a pourtant été élue : "on ne peut plus lui faire confiance, on ne sait pas ce qui se passe à la mairie. Il vient de changer les serrures par exemple !" Certains faisaient des photocopies illégalement répond-on, très sérieusement, dans le camp d'en face.

 Il y a un peu plus de 3000 habitants à Seilh - Radio France
Il y a un peu plus de 3000 habitants à Seilh © Radio France - Jean Saint-Marc

Verfeil : d'abord la crise budgétaire puis la crise politique

C'est une crise budgétaire sans précédent qui frappe la petite commune du nord-est de Toulouse. Mi-juillet le maire, le socialiste Hervé Dutko, annonce un déficit de 800.000 euros et, en réaction, prive son premier adjoint de sa délégation aux finances. Une décision qui passe mal dans sa propre majorité : treize conseillers démissionnent mi-août en solidarité.

"Des primaires pour seize militants" – Michel Bel, secrétaire de section PS

"Ce qu'on lui reproche c'est de dire qu'il n'est pas responsable, qu'il n'était pas au courant" râle Patrick Plique, le meneur. Il sera candidat aux élections anticipées... Sauf qu'il est lui aussi socialiste : "ça va m'obliger à organiser des primaires. Nous sommes seize militants à Verfeil" explique Michel Bel le secrétaire de section PS. De toute façon quelque soit la décision des militants Patrick Plique se présentera quand même. Le scrutin doit être organisé dans les prochains mois.

Saint-Lys : l'opposition profite d'une crise interne à la majorité

A Saint-Lys la situation est un peu différente. D'abord en mai sept élus de la majorité, emmenés par l'ex premier-adjoint Serge Deuilhé démissionnent. Ils ne constituent pas un tiers du conseil municipal de cette petite ville de 9.000 habitants : cela ne provoque pas d'élections anticipées. En revanche le 10 juin la démission de cinq opposants entraîne cette fois l'explosion de l'instance. Catherine Renaux, chef de file de "l'alternative pour Saint-Lys", a profité des divisions de la majorité pour tenter de prendre la mairie.

Les anciens colistiers du socialiste Jacques Tène et l'opposition dénoncent, pèle-mêle, son attitude et ses projets jugés "pharaoniques" : il souhaite construire un centre pluri-fonctionnel, une épicerie solidaire et reprendre sous le giron de la mairie une maison de retraite. Les deux premiers projets, à eux seuls, vont coûter plus de deux millions et demi d'euros.