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Politique

Médailles aux victimes du terrorisme : "L'État nous achète alors qu'il n'a pas su nous protéger"

mardi 6 novembre 2018 à 9:16 Par Margaux Sieffert et Nicolas Crozel, France Bleu Isère et France Bleu

La république vient décerner les premières médailles nationales pour les victimes du terrorisme. L'isérois Stéphane Erbs, trésorier de l’association "promenade des anges", qui a perdu son épouse dans l’attentat de Nice, se montre très critique sur cette initiative

Stéphane Erbs, à Cessieu. Il avait été blessé lors de l'attentat. Sa femme et mère de ses enfants, Rachel, a perdu la vie.
Stéphane Erbs, à Cessieu. Il avait été blessé lors de l'attentat. Sa femme et mère de ses enfants, Rachel, a perdu la vie. © Radio France - Céline Loizeau

Grenoble, France

Les premières médailles nationales pour les victimes du terrorisme ont été décernées par la République française. Cette distinction, décidée par François Hollande le 12 juillet 2016, a pour vocation de rendre hommage à celles et ceux qui ont été tués ou blessés dans les attentats.  

"C'est important d'être reconnu", estime l'isérois Stéphane Erbs sur France Bleu Isère, "mais la remise des médailles et la façon dont cela a été mis en place a suscité beaucoup de polémiques et a divisé des familles", explique le trésorier de l'association "promenade des anges". Stéphane Erbs vit avec ses enfants à Cessieu en Isère et son épouse Rachel a perdu la vie le soir du 14 juillet à Nice.  

Stéphane Erbs répond au coup de fil de l'actu de France Bleu Isère

La première liste comprend 124 personnes, dont 22 qui sont décédées et dont l'entourage en a fait la demande. "Il y a deux types de populations. Je comprends que certaines victimes touchées psychologiquement puissent en avoir besoin pour avancer", explique Stéphane Erbs. "Cependant, à titre personnel, je trouve que ce genre de commémoration est une honte de la part de la République. Elle n'a pas été capable d'assurer notre sécurité", précise-t-il. 

Il juge par ailleurs que ces attributions ne sont pas forcément légitimes. "L'État se rachète avec ces médailles, mais les destinataires ne sont pas forcément ceux qui souffrent le plus", estime Stéphane Erbs. "Ce genre de reconnaissance devrait être remise à des gens morts pour la patrie, que ce soit à Verdun ou lors des différentes guerres. Nous, on a rien demandé à personne. On était juste au mauvais endroit, au mauvais moment", conclu-t-il.