Politique

Départementales 2015 : quels enjeux pour ces élections ?

Par Julie Guesdon, France Bleu lundi 16 mars 2015 à 16:11

Les élections départementales ont lieu les 22 et 29 mars 2015.
Les élections départementales ont lieu les 22 et 29 mars 2015. © MaxPPP

Abstention, montée du Front national, désaveu du gouvernement en place et nouvelles fonctions pour les élus : les élections départementales 2015 se tiendront les 22 et 29 mars prochains. Tour d'horizon des enjeux pour les partis politiques et l'exécutif.

Les élections départementales 2015 auront lieu les et 29 mars prochains. Quels sont les enjeux de ces élections ?

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Un remaniement exclu

Ces élections sont un test pour le Premier ministre. Manuel Valls, qui occupe cette fonction depuis presqu'un an, s'est fortement engagé dans la campagne. Avant le premier tour, il a participé à plus d'une dizaine de meetings et en prévoit d'autres entre les deux tours.

Manuel Valls a promis de s'investir "jusqu'au bout" de la campagne, en particulier pour nuire au Front national. Mais quel que soit le résultat, "pas question de changer de ligne politique" , a déclaré le Président, qui affirme que sa ligne était "claire" , et commençait "à porter ses fruits" . Pas de remaniement annoncé, donc, en cas de lourde défaite. Le Président cherche toutefois à élargir la base de la majorité. Il a reçu des députés socialistes "frondeurs" à l'Elysée et espère faire revenir des écologistes au gouvernement.

Mais l'angoisse est réelle au Parti socialiste à l'approche du premier tour. Dans tous les sondages, le PS arrive en troisième position, loin derrière le FN. En raison notamment du nouveau mode de scrutin (12,5% des inscrits sont nécessaires pour se maintenir au 2e tour), la gauche risque d'être éliminée au premier tour dans quelque 500 cantons. Entre 30 et 40 départements sur 101 sont susceptibles de basculer à droite, selon un décompte de l'AFP. La gauche, qui dirige aujourd'hui 61 départements, ne semble pas en mesure d'en gagner un seul. D'autant plus que les écologistes, traditionnels alliés des socialistes, se sont davantage tournés vers le Front de Gauche. Seuls 20% des candidats EELV ont choisi de s'allier à un candidat socialiste pour le premier tour.

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L'UMP donné grand vainqueur, le centre en embuscade

Pour Nicolas Sarkozy, cette élection est le premier test grandeur nature depuis son retour à la tête du principal parti d'opposition. Il peut permettre à la droite de prendre la température en vue de la présidentielle 2017, et de reprendre la main sur une partie des collectivités locales. L'UMP espère ainsi inverser le rapport droite/gauche dans les départements, qui est actuellement favorable à la gauche (60/40). Une ambition validée par les sondages.

Autre courant qui espère tirer son épingle du jeu : le centre. L'UDI a investi 700 candidats, et vise 500 élus, un objectif qu'il peut atteindre grâce aux nombreux binômes UDI-Modem et UMP-UDI qui ont vu le jour dans la plupart des départements.

Des binômes susceptibles de faire barrage au Front national, alors que le match s'annonce serré à droite. Nicolas Sarkozy, le président de l'UMP, a prévenu qu'il n'y aurait aucun accord avec le FN au second tour, ni au "troisième tour" (l'élection des présidents des départements), et que tout contrevenant serait immédiatement exclu.

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Des élections qui permettraient au Front national de renforcer sa mainmise locale

Après le succès du Front national aux municipales et surtout aux européennes, ces élections sont l'occasion de transformer l'essai. Au-delà d'éventuelles victoires dans quelques départements, le FN espère surtout élargir son vivier d'élus alors qu'il ne dispose que de deux sortants, et renforcer ainsi son ancrage local. 

Mais ce parti dispose d'un désavantage : le mode de scrutin qui ne lui est pas favorable. Le FN plaide d'ailleurs depuis de nombreuses années pour la proportionnelle dans les élections locales. Cependant, avec 30% d'intentions de vote dans les sondages, les frontistes espèrent un très haut score aussi pour se placer en pole position pour 2017.