Politique

Départementales : ce qu'il faut retenir du premier tour

France Bleu lundi 23 mars 2015 à 7:32

Second tour des départementales le 29 mars 2015.
Second tour des départementales le 29 mars 2015. © MaxPPP

A l'issue du premier tour des élections départementales dimanche, la droite apparaît comme la grande gagnante du scrutin, devant un Front national qui fait moins bien qu'annoncé par les sondages mais enregistre toutefois son meilleur score historique pour des élections locales. Au lendemain du vote, retour sur ce qu'il faut savoir, en six questions.

Les électeurs sont-ils allés voter ?

C'était l'une des grandes craintes des représentants politiques en campagne ; mais avec 50,17%, le premier tour des élections départementales 2015 enregistre une abstention en baisse (49,83%) par rapport aux précédentes élections , en 2011. Elle s'élevait alors à 55,86%, mais il n'y avait alors que la moitié des cantons qui étaient renouvelés. En revanche l'abstention est beaucoup plus forte qu'en 2008, où elle était de 35,13%.

Quels sont les résultats définitifs ?

Au niveau national, en tête des suffrages arrive le bloc constitué par l'UMP et l'UDI : si l'on additionne les binômes présentés par l'un ou l'autre des partis, ou les binômes communs ("union de la droite"), on obtient 28,75%. Vient ensuite le FN avec 25,19% , et l'union PS/PRG avec 21,85%. Comme dans de nombreuses élections locales, ce sont ensuite les candidats divers droite et divers gauche qui reçoivent le plus de votes, avec respectivement 6,76% et 6,81% des suffrages exprimés.

| Create infographicsRésultat : le FN arrive en tête dans 43 des 98 départements où les Français étaient appelés à voter . Le PS, de son côté, est d'ores et déjà éliminé dans quelque 524 cantons, selon le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen, qui estime que parmi ces cantons il y en a "une centaine que nous aurions pu remporter ", mais qui ont été perdus "en raison de la division de la gauche ". 

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Qui est déjà élu ?

Au total 290 candidats sont déjà élus au terme de ce premier tour, ce qui représente 145 binômes (car les candidats se présentaient tous par binômes indivisibles) : 220 à droite, 56 à gauche, 8 FN et 6 divers . Le nombre de conseillers départementaux FN sera donc en hausse quoi qu'il en soit : au terme des élections de 2011, ils n'étaient que 2 conseillers généraux, dans le Var et le Vaucluse. 

Certaines personnalités politiques sont déjà élues : le radical de gauche Jean-Michel Baylet dans son fief du Tarn-et-Garonne, ou encore le socialiste Henri Emmanuelli dans les Landes, et l'ancien ministre UMP Patrick Devedjian, président sortant des Hauts-de-Seine. En revanche aucun des trois ministres candidats (Patrick Kanner, André Vallini, Ségolène Neuville) ne sont élus au premier tour. 

Qui est le grand gagnant de ce premier tour ?

C'est sans conteste l'UMP qui sort en tête de ce premier tour, grâce à son alliance avec l'UDI : le total des binômes UMP-UDI et des listes présentées par chacun des deux partis totalise 29,19% des voix, selon les résultats définitifs. D'ores et déjà l'UMP est quasi-assurée de remporter un grand nombre de départements à l'issue du second tour : selon une projection de l'institut OpinionWay, 71 départements pourraient être remportés par la droite , à peine 19 "probablement à gauche" et 3 sans majorité claire. 

"Les conditions d'un basculement massif en faveur de la droite et du centre sont réunies" — Nicolas Sarkozy, président de l'UMP

Quel bilan pour les autres forces ?

Pour le Front national , le résultat est mitigé : certes, le parti n'a pas atteint son objectif d'arriver en tête dès le premier tour du scrutin. Mais il enregistre toutefois son plus haut score historique pour des élections locales, avec près de 10 points gagnés par rapport aux élections cantonales de 2011. Sur près de 1.900 cantons encore à pourvoir, le parti de Marine le Pen se maintient au second tour dans près de 1.100 duels ou triangulaires . De plus, outre ses bastions du sud-est et du nord-est, le FN est parvenu à se mettre en position de force dans de nouveaux territoires, comme les Côtes-d'Armor ou la Charente-Maritime. 

Du côté du PS , on peut également tirer un bilan contrasté du premier tour : ce scrutin est à nouveau un coup de semonce, mais, dans son ensemble, la gauche "sauve les meubles" . Le PS devrait conserver à peine une vingtaine de départements, pire scénario redouté par le gouvernement. Elle est déjà sûre de perdre plusieurs cantons, notamment la Seine-et-Marne et le Nord . La raison de cette débâcle : la majorité a pâti de la division entre le PS, les écologistes et le Front de gauche : si on additionne les résultats de ces trois forces on approche des 30% des suffrages. Et jusqu'à 36% si on ajoute les divers gauche. 

Que va-t-il se passer pour le second tour ?

Restent près de 1.900 cantons encore à pourvoir, à l'issue de ce premier tour. Pour se maintenir au second tour, les binômes doivent avoir obtenu au moins 12,5% des électeurs inscrits (et pas des suffrages exprimés). Les candidats qui ont la possibilité de se maintenir ont jusqu'à mardi 16 heures pour déposer leur candidature pour le second tour. 

C'est donc dans les deux jours qui viennent que vont se jouer les alliances entre les forces qui se maintiennent. Le PS a appelé au "front républicain" contre le Front national ; là où l'UMP opte pour le ni-ni, assurant qu'il ne concluera aucune alliance avec le FN. C'est mardi à 16h que l'on connaîtra le nombre définitif de triangulaires au second tour. 

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