Politique

Départementales en Gironde : les enjeux du scrutin

Par Yves Maugue, France Bleu Gironde samedi 21 mars 2015 à 22:12 Mis à jour le samedi 21 mars 2015 à 22:37

Philippe Madrelle devant le logo du Conseil Général de la Gironde
Philippe Madrelle devant le logo du Conseil Général de la Gironde © Radio France

Les électeurs de la Gironde sont appelés à voter ce dimanche pour le 1er tour des élections départementales. Un scrutin qui marquera un véritable changement pour le département de la Gironde. Décryptage des enjeux du vote.

La photo fait déjà partie du passé. Les élections départementales vont marquer le départ du président sortant Philippe Madrelle et le changement de nom de l'institution. Le Conseil général va devenir le Conseil départemental. Mais peut-il y avoir d'autres changements ?

# 1 | La majorité de gauche menacée

Le Conseil général de la Gironde penche fortement à gauche. Lors des dernières élections, en 2011, le président socialiste Philippe Madrelle avait encore accentué sa majorité pour atteindre 50 élus de gauche contre seulement 13 de droite. Le redécoupage des cantons, il y en a désormais trente-trois, ainsi que l'élection dans chacun de ces cantons d'un binôme homme-femme, modifie largement la donne. Dans certains cantons, ce sont ainsi deux conseillers généraux sortants qui se retrouvent face à face pour un seul poste. 

Autre incertitude, le poids du contexte national. Les électeurs voudront-ils sanctionner le gouvernement socialiste ou privilégieront-ils les enjeux locaux. Donnée supplémentaire, si les socialistes ont réussi à s'allier avec les écologistes dans la plupart des cantons, la division existe dans plusieurs autres. Cela aura-t-il un impact sur le scrutin ? La droite, unie au centre et aux chasseurs, espère en tous ca en profiter pour faire tomber la Gironde comme elle a fait tomber la Métropole bordelaise l'an passé lors des municipales.

# 2 | Une succession indécise

Au-delà de l'indécision quant à la couleur de l'assemblée départementale, existe également une incertitude quant au nom du futur président. Et ça n'est pas neutre. Philippe Madrelle vient d'assurer 36 années de présidence. Si la Gironde bascule à droite, c'est Yves d'Amécourt qui prendra place dans le fauteuil présidentiel. S'il est réélu bien sûr sur son canton de Sauveterre de Guyenne. Si la gauche conserve la majorité, on ne sait pas encore qui sera le successeur de Philippe Madrelle. Le président sortant a semblé adouber Christine Bost, la maire d'Eysines. C'est une femme et elle a l'avantage de la jeunesse. Mais elle représente la Métropole bordelaise, ce qui ne plait pas vraiment aux élus ruraux qui préfèreraient l'un d'entre eux. Le nom de Jean-Luc Gleyze revient régulièrement. Une réunion entre les élus (ou qui espèrent l'être) socialistes est prévue dès ce lundi pour tenter de dégager une tendance. Les résultats enregistrés ce dimanche par Christine Bost et Jean-Luc Gleyze sur leur canton respectif pourraient peser lourd dans la balance.

# 3 | Le Front national en arbitre

Il y a trois ans, alors que 31 cantons étaient renouvelables, le Front national avait réussi à atteindre le second tour de l'élection dans 6 cantons. Le meilleur score au 1er tour avait été réalisé par Jacques Colombier, le président départemental du parti de Marine Le Pen, sur Pauillac avec 27% des suffrages exprimés. Cette fois, le Front National compte faire encore mieux et espère faire son entrée au Conseil Départemental avec plusieurs élus, lui qui n'en a jamais compté jusqu'à présent.

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