Politique

Départementales : et s’il n’y avait pas de majorité dans les Pyrénées-Orientales ?

Par François David, France Bleu Roussillon lundi 23 mars 2015 à 16:35

Premier tour des élections départementales dimanche 22 mars 2015.
Premier tour des élections départementales dimanche 22 mars 2015. © MaxPPP

Le second tour des élections départementales s’annonce serré dans les Pyrénées-Orientales, et pourrait déboucher sur une situation inédite : l’absence de majorité clairement identifiée.

À la lumière des résultats du premier tour, aucun parti ne semble en mesure de remporter une victoire écrasante dimanche lors du second tour des départementales dans les Pyrénées-Orientales. Le scrutin s’annonce serré et indécis.

Tout pourrait donc dépendre du Front national. Si le FN obtient un ou plusieurs élus lors du second tour des élections départementales, il pourrait empêcher ses adversaires d’obtenir la majorité absolue (c'est-à-dire de remporter un minimum de 9 cantons sur 17).

Qui dans le fauteuil de président ?

Théoriquement, le président d’un conseil départemental doit être élu à la majorité absolue. Mais le Code général des collectivités territoriales précise : « Si cette élection n'est pas acquise après les deux premiers tours de scrutin, il est procédé à un troisième tour de scrutin et l'élection a lieu à la majorité relative ».

C’est donc le parti qui a le plus d’élus qui remporte la présidence

Et en cas d’égalité parfaite ?

Reste un cas de figure : si la gauche et la droite remportent exactement le même nombre de cantons ! La seule possibilité d’obtenir la majorité serait une alliance avec le ou les éventuels élus Front national. Mais d’ores et déjà, le FN a fait savoir qu’il ne donnera ses voix à personne dans les Pyrénées-Orientales.

Du coup, la loi a tout prévu : en cas d’égalité, c’est le candidat le plus âgé qui devient président du département. Chaque parti a donc intérêt à présenter son doyen. A notre connaissance, c’est la gauche qui a les candidats les plus âgés : René Olive (77 ans) ou Jean Vila (74 ans). À droite, André Bascou plafonne à 70 ans.

Même chose pour l’élection des vice-présidents : c’est la liste qui a la moyenne d’âge la plus élevée qui l’emporte.

Un département ingouvernable ?

Si aucun parti ne remporte dimanche un minimum de 9 cantons, il n’y aura aucune majorité au sein du conseil départemental. Dans ce cas, aucune délibération ne pourra être votée et le département sera paralysé, sauf à trouver des alliances avec des élus du camp opposé.

Pour l’instant, aucun parti ne semble disposé à le faire. Mais on n’exclue pas des alliances de circonstances sur quelques textes, au cas par cas.

Selon le code général des collectivités territoriales, « lorsque le fonctionnement d'un conseil départemental se révèle impossible, le gouvernement peut en prononcer la dissolution par décret motivé pris en conseil des ministres ».

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