Politique

Départementales : les cinq choses à retenir du premier tour en Gironde

Par Yves Maugue, France Bleu Gironde dimanche 22 mars 2015 à 23:57 Mis à jour le lundi 23 mars 2015 à 0:08

Philippe Madrelle, le président sortant, annonce la victoire de la gauche dimanche prochain
Philippe Madrelle, le président sortant, annonce la victoire de la gauche dimanche prochain © Radio France

La gauche qui résiste et le Front national présent dans de nombreux cantons au deuxième tour dimanche prochain (29 mars), voici les principaux enseignements du 1er tour des élections départementales qui se sont déroulées ce dimanche en Gironde.

Le départ du socialiste Philippe Madrelle après 36 années de présidence et le redécoupage des cantons amenaient un incertitude réelle sur l'avenir politique du département de la Gironde. Le 1er tour a fourni de précieux enseignements. Voici les points principaux à retenir de ce dimanche électoral avant le second tour dimanche prochain 29 mars.

#1 I La gauche en passe de conserver la présidence

Philippe Madrelle, le président socialiste sortant, avait le sourire à l'issue de ce premier tour. Et on peut avoir tendance à croire cet habile politique rôdé depuis quarante ans aux joutes électorales lorsqu'il déclare que la gauche va conserver la majorité au département de la Gironde, même si la situation reste indécise dans un certain nombre de cantons comme à Coutras, Blaye, Talence ou dans le Sud-Médoc.

Mais les candidats socialistes et leurs alliés se sont plutôt bien défendus dans un contexte national très défavorable. La gauche est très bien placée à Lormont, Cenon, Bordeaux 5, Pessac 1 et 2, Villenave d'Ornon, Créon, La Brède. Les deux candidats non-déclarés à la présidence du Conseil Départemental Christine Bost et Jean-Luc Gleyze ne seront pas départagés par leurs scores électoraux. La maire d'Eysines a récolté 42% sur son canton des Portes du Médoc. En Sud-Gironde, Jean-Luc Gleyze arrive largement en tête avec plus de 35% des voix.

#2 I Le Front national peut espérer entrer au département

C'est à Lesparre, dans le Nord-Médoc, que le Front national est le mieux placé pour l'emporter. Le tandem Sonia Colemyn et Grégoire de Fournas culmine à 38% des suffrages et possède une avance conséquente sur les candidats de gauche. Même si la droite, par la voix de l'UMP Jean-Bernard Dufourd, appelle à faire barrage au FN, la situation semble favorable au binôme frontiste.

Le FN arrive également en tête dans deux autres cantons où se dérouleront des triangulaires : à Coutras (Nord-Libournais) et à Libourne (Libournais et Fronsadais). Dans ces deux cantons, les reports de voix pourraient cependant profiter aux candidats de gauche.

Au total, les candidats Front national seront présents au second tour dans 14 cantons avec neuf triangulaires (Coutras, Libourne, Blaye, Entre-deux-mers, Sud-Médoc, Gujan-Mestras, Bastides et Réolais, Côteaux de Dordogne, Landes de Graves) et cinq duels (Lesparre-Médoc, La Teste, Lormont, Cenon, Nord-Gironde)

#3 I Pas de vague bleue et le leader UMP menacé

Les journalistes bordelais ont longtemps attendu le retour d'Alain Juppé pour commenter les résultats en Gironde. Le maire de Bordeaux était apparu une première fois dès 20h45 pour tirer les enseignements du scrutin au niveau national. Celui qui est pourtant le président de l'UMP dans le département n'est jamais revenu pour évoquer les résultats locaux. Car si les candidats de l'Union de la droite et du centre sont en position favorable dans leurs fiefs habituels (Andernos, Bordeaux 2 et 4, Le Bouscat, La Teste, Gujan-Mestras), la forte progression enregistrée au niveau national ne se confirme pas en Gironde. C'est ennuyeux pour le candidat à la primaire pour la Présidentielle. La Gironde devait être le laboratoire de l'Union UMP-UDI-Modem tant prônée par Juppé. C'est raté.

Le symbole de cette frustration de la droite girondine, c'est Yves d'Amécourt. Le candidat déclaré à la présidence du Conseil départemental est en ballotage très délicat dans son propre canton des Bastides et du Réolais . Il n'est arrivé qu'en deuxième position derrière le binôme socialiste et se retrouve menacé par la présence du Front national qui participera à la triangulaire. Yves d'Amécourt est apparu hier très affecté et s'est même dit "déstabilisé".

Yves d'Amécourt : "On ne s'attendait pas à une telle poussée du FN"

La droite réalise en revanche un joli score sur Saint-Médard-en-Jalles que le Modem Jacques Mangon avait fait basculer lors des dernières municipales. Allié à Agnès Versepuy, également élue à la mairie du Taillan-Médoc l'an passé, il confirme le résultat de ces municipales en récoltant 44% des suffrages dès le 1er tour.

#4 I Seulement deux élus dès le premier tour

Et le premier binôme gagnant est... Géraldine Amouroux et Pierre Lothaire. Les candidats de l'union de la droite l'emportent tranquillement dans un fief UMP, le canton de Bordeaux 3 qui compte notamment le quartier de Caudéran, le Neuilly bordelais. Ils signent dès le premier tour un score de 53%. 

Piere Lothaire, élu dès le 1er tour sur le canton de Bordeaux 3 - Radio France
Piere Lothaire, élu dès le 1er tour sur le canton de Bordeaux 3 © Radio France
Un autre binôme est passé tout près, là aussi dans un canton très à droite. Il s'agit du tandem Laurence Dessertine et Jean-Louis David. Il a dépassé de justesse la barre des 50% mais il n'y a pas eu assez de votants pour leur permettre de rassembler au moins 25% des inscrits. Ils devront donc attendre le deuxième tour dimanche prochain.

#5 I Une abstention moins forte que prévu

De nombreux commentateurs politiques annonçaient une abstention record. En cause, le discrédit des politiques et le réforme du Conseil général devenu Conseil départemental avec de nouveaux cantons et des binômes homme-femme à désigner. Finalement, les électeurs se sont davantage mobilisés que prévu. En Gironde, plus d'un électeur sur deux a accompli son devoir : 50,59 %. C'est davantage que lors du dernier scrutin cantonal en 2011 où la participation n'avait pas dépassé 42%.

Les électeurs n'ont pas réellement boudé les urnes - Radio France
Les électeurs n'ont pas réellement boudé les urnes © Radio France