Politique

Dernier débat avant le premier tour de la primaire à gauche : ce qu'il faut retenir

Par Tifany Antkowiak, France Bleu vendredi 20 janvier 2017 à 1:06 Mis à jour le vendredi 20 janvier 2017 à 11:27

Les sept candidats face aux journalistes, sur le plateau de ce troisième débat télévisé.
Les sept candidats face aux journalistes, sur le plateau de ce troisième débat télévisé. © AFP - Constant Formé-Bècherat / Hans Lucas

Les sept candidats à la primaire de la gauche se sont retrouvés jeudi soir pour un troisième débat télévisé en une semaine, le dernier avant le premier tour du scrutin, dimanche 22 janvier.

Pour la troisième fois en une semaine, les sept candidats à la primaire de la gauche ont confronté leurs idées jeudi soir lors d'un débat télévisé, retransmis sur France 2, Europe 1, LCP et TV5 Monde. Pour cette dernière joute avant le premier tour du scrutin, dimanche 22 janvier, plusieurs sujets déjà abordés lors des précédents débats ont été remis sur la table, à commencer par le revenu universel proposé par Benoît Hamon et très critiqué par ses adversaires. Mais les candidats se sont aussi prononcé sur les questions de la parité femme-homme, de l'euthanasie ou encore de la surpopulation carcérale. En s'envoyant plusieurs piques au cours des deux heures et demi de débat. Et en échangeant aussi quelques sourires.

Le revenu universel à nouveau vivement critiqué

La proposition phare de Benoît Hamon de créer un revenu universel d'existence est rapidement revenue dans le débat, et la plupart de ses adversaires ont rappelé qu'ils y étaient opposés, jugeant son coût démesuré. À commencer par Manuel Valls qui a dit ne pas vouloir d'une "gauche qui fait des promesses à crédit pour ne pas qu'elle perde demain son crédit". Arnaud Montebourg a estimé lui que la mesure proposée par le député des Yvelines représentait "un deuxième budget de l'État" : "300 milliards (le coût du revenu universel proposé par M. Hamon), c'est "l'équivalent du budget de l'Etat actuellement", a-t-il lancé.

La candidate du Parti radical de gauche Sylvia Pinel a elle aussi montré son scepticisme quant au financement du revenu universel que souhaite mettre en place Benoît Hamon, idem pour Vincent Peillon. Le seul qui a semblé d'accord avec cette idée, c'est Jean-Luc Bennahmias qui a invité Benoît Hamon à ne pas se "décourager".

Cartes blanches : euthanasie, service civique et handicap

Originalité de ce troisième et dernier débat avant le premier tour de la primaire, chacun des candidats a bénéficié d'une carte blanche, soit une minute pour développer une proposition qui lui tenait à coeur. Premier à se plier à l'exercice, Jean-Luc Bennahmias a tenu a parler d'un sujet déjà évoqué au préalable, l'Union européenne. Pour lui, il faut en revoir l'organisation, "nous n'arriverons plus à avancer à 27", a-t-il déclaré. Manuel Valls a lui usé de sa carte blanche pour défendre l'instauration d'un service civique obligatoire. François de Rugy a expliqué vouloir une loi sur l'euthanasie, et soumettre la proposition aux Français par référendum en cas de blocage parlementaire. Invité à prendre la parole juste après le candidat écologiste, Benoît Hamon a fait la même proposition.

Vincent Peillon a lui proposé de créer un "service public des maisons de retraite", Arnaud Montebourg de faire de la lutte contre les discriminations une cause nationale, et Sylvia Pinel a appelé à faire plus d'efforts pour les personnes en situation de handicap, et pour leurs aidants.

Des piques, des accrochages...

Ce troisième débat entre les sept candidats à la primaire à gauche a été moins policé que les deux précédents. Il a même donné lieu à quelques passes d'armes. Sur le thème du protectionnisme par exemple, Arnaud Montebourg a épinglé "le gouvernement qui a été dirigé par Manuel Valls", coupable selon lui d'avoir choisi une entreprise allemande pour remplacer le Famas, le fusil d'assaut français, "sans lui demander de travailler en France".

Un peu plus tard, c'est par Vincent Peillon que l'ancien Premier ministre a été accroché, au sujet de l'attitude que la France devait adopter face au nouveau président américain Donald Trump. "Il ne faut pas faire la guerre tout le temps et à tout le monde", a lancé Vincent Peillon à Manuel Valls, qui avait qualifié lundi de "déclaration de guerre" les propos de Trump sur l'Europe. "Vincent Peillon me rappelle parfois mon vieux professeur", s'est agacé l'ex-Premier ministre.

... et quelques sourires

Si les échanges ont parfois été vifs, ce dernier débat avant le premier tour de la primaire à gauche a toutefois semblé plus détendu. Les candidats se sont souvent interpellés en se tutoyant, ont échangé quelques sourires et même tenté des plaisanteries. Particulièrement au moment d'aborder la concurrence que représente la candidature d'Emmanuel Macron. Expliquant qu'il ne comprenait pas bien dans quel camp était l'ex-ministre de l'Économie, ni son programme, Arnaud Montebourg a fait rire tous ses adversaires en reprenant l'expression de Martine Aubry, "Quand c'est flou, il y a un loup".

Au-delà de l'expression, le cas Macron a rassemblé les candidats en fin d'émission. Sylvia Pinel a d'ailleurs fait le même constat qu'Arnaud Montebourg, mais avec ses mots, au sujet du programme de l'ex-ministre de l'Économie.

Le premier tour de la primaire à gauche a lieu dimanche 22 janvier. Entre 1,8 et 2,8 millions de personnes devraient y participer selon les organisateurs du scrutin.

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