Politique

Des élus "wanted" à Grenoble : le tract des Républicains passe mal à gauche

Par Denis Souilla et Gérard Fourgeaud, France Bleu Isère et France Bleu lundi 29 août 2016 à 19:59 Mis à jour le mardi 30 août 2016 à 7:56

"Wanted", l'affiche des Républicains grénoblois
"Wanted", l'affiche des Républicains grénoblois © Radio France -

Les Républicains de Grenoble ont placardé vendredi dans la ville un tract intitulé "Wanted". On y voit 25 portraits d'élus qui se seraient rendus responsables d'avoir "ruiné Grenoble". L'affiche a provoqué la colère des élus de gauche qui y voient une "'trumpisation' du débat public".

"Wanted". Au Far West, ces avis placardés étaient accompagnés d'une prime pour la capture du truand. C'est le titre qu'a choisi Alain Carignon pour sortir une affiche où figurent les portraits de 25 élus de gauche, socialistes et écologistes. Le sous-titre de l'affiche est tout aussi véhément : "Ils ont ruiné Grenoble". Dans la liste des personnes pointées du doigt, on retrouve l'ancienne majorité socialiste, l'ex-maire PS de Grenoble Michel Destot, la députée PS de l'Isère Geneviève Fioraso ou Jérome Safar. Le premier écologiste, Raymond Avrillier, figure en 12e position, le maire actuel Éric Piolle est 14e (voir ci-dessous).

"La ville est dans une impasse financière sans précédent"

Le tract aurait été publié à 80.000 exemplaires mais n'aurait pas encore été distribué.  Sur leur site, les Républicains de l'Isère justifient leur action : "Après 21 ans de gestion de gauche ( PS/PC) dont 15 avec les Verts/Ades, la ville est dans une impasse financière sans précédent. La municipalité Piolle (Verts/PG/Ades) a aggravé la tendance si fortement que le Préfet et le directeur des services fiscaux l’ont menacé en mai dernier d’une mise sous tutelle." De plus, l'opposition de droite ajoute qu' "il s’agit que ceux-ci soient bien identifiés par les Grenoblois afin que tous ceux qui ont à subir la dégradation de la ville, la suppression ou la réduction de services, l’augmentation folle de toutes les taxes et redevances sachent à qui ils le doivent".

"Wanted" - Aucun(e)

 "Les responsables locaux du parti Les Républicains franchissent la ligne rouge"

Dans un communiqué, les élus de la majorité EELV et Parti de Gauche ont vivement réagi et estiment que l'affiche "fait implicitement référence à la formule 'mort ou vif'" en "reprenant les codes du western" soulignent Laurence Comparat et Claus Habfast, co-présidents du groupe des élus du Rassemblement citoyen, de la gauche et des écologistes. Selon eux, cela pourrait "s'apparenter à un appel à la violence physique contre des élus de la République et participent encore un peu plus à l'hystérisation du débat public". Les élus pointés du doigt disent étudier "les suites à donner à cette campagne".

"L’approche des élections présidentielle et législatives ne saurait justifier une forme de 'trumpisation' du débat public"

L’offensive d'Alain Carignon

Derrière cette action, et en réaction, beaucoup ironisent sur la fin de carrière de celui qui donne des leçons aujourd'hui. Alain Carignon, maire de Grenoble de 1983 à 1995, a fini en prison pendant deux ans et demi pour avoir mal utilisé l'argent de la ville. Alain Carignon, de son côté, estime que son bilan à Grenoble pendant douze est "un bilan exceptionnel".

Alain Carignon

L'ancienne majorité socialiste est aussi visée

Pour Olivier Noblecourt, conseiller municipal PS, la méthode utilisée par les Républicains est "passéiste, agressive et correspond à une certaine droite extrême". De plus, il estime qu'Alain Carignon "n'a jamais réussi à revenir politiquement" et "est un des plus mal placés en France, en tant qu'ancien élu condamné pour enrichissement personnel, pour donner des leçons de gestion".

Olivier Noblecourt : "Monsieur Carignon est vraiment mal placé pour donner des leçons de gestion"

↓ Au dos du tract

"Wanted" - Aucun(e)

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