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"Devenir députée a tout changé dans ma vie, j'ai même déménagé à cause des menaces de mort" Coralie Dubost

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Par , France Bleu Hérault

Tous les matins pendant la période des fêtes, une personnalité du département se confie sur France Bleu Hérault. La députée Coralie Dubost raconte ce mardi ce que son élection a changé dans sa vie, les menaces, la vie privée réduite à peau de chagrin, le changement dans sa garde-robe.

Coralie Dubost comme tous les députés est la moité de la semaine à Paris
Coralie Dubost comme tous les députés est la moité de la semaine à Paris © Maxppp - Aurelien Morissard

Tous les matins pendant les fêtes de fin d'année, France Bleu Hérault reçoit à 7h45 une personnalité du département pour un entretien plus intime. Coralie Dubost, 37 ans, juriste de formation, députée de l'Hérault depuis trois ans sous la bannière de La République en marche a accepté de se livrer. 

C'était quoi votre rêve de petite fille ? Devenir une princesse ou faire de la politique ? 

Quand j'étais toute petite, je voulais être avocate pour défendre les personnes qui pouvaient être en difficulté. Je voulais combattre les injustices. J'ai fait des études de droit, donc j'ai été, je crois, fidèle à mon rêve de petite fille.

Mais figurez vous qu'à la fin de mes études de droit, il était hors de question pour moi de poursuivre comme avocate parce que j'avais peur de prendre la parole en public

Qu'est-ce que ça a changé concrètement dans votre vie de devenir députée ?

Tout, absolument tout. Le rythme de vie, la façon de travailler, la façon de voir ses amis, ses parents, de construire sa vie privée, même la façon de faire ses courses, ça a absolument tout changé dans ma vie.

Parce qu'un député, il a un rythme. S'il veut vraiment prendre à cœur sa double tâche qui à la fois d'être sur le territoire et à l'Assemblée nationale pour légiférer, ça veut dire qu'il passe une grande moitié de sa semaine à Paris. On part le lundi soir, on revient le jeudi matin, jeudi midi, donc il reste très peu de temps pour faire du terrain, de la circonscription.

Et finalement, le peu de temps que vous avez pour vous occuper de votre vie privée, c'est un peu le dimanche après-midi. La plupart des magasins sont fermés. Donc, pour faire vos courses, c'est plus compliqué. Donc, il y a toute une organisation de vie qui va autour. Je vais beaucoup plus dans les alimentations ouvertes le dimanche qu'avant, où j'allais plus au supermarché. Ce sont des petits détails. Mais effectivement, toute l'organisation de vie change. 

Est ce que, par exemple, vous avez été obligée de revoir votre garde-robe ? 

Ah oui, en partie. J'étais plutôt jean-baskets, voire jean troué. Quand on représente les Français, on fait attention. Donc on met des tailleurs, des talons et on fait attention à honorer la dignité de la fonction. 

On vous voit depuis trois ans sur tous les plateaux télé. Comme on dit dans notre jargon, vous êtes une bonne cliente pour les médias. Comment vous vivez cette surmédiatisation ? 

Je ne m'en rends pas compte parce que je suis juste dans le feu de l'action. Je défends des textes, je défends des idées. Et pour moi, aller faire un média pour défendre une idée ou expliquer une situation, c'est juste la continuité du travail. Je ne vois pas l'image forcément qui est dégagée de moi en tant que personne. 

Est-ce que cette surmédiatisation fait qu'aujourd'hui, on vous reconnaît dans la rue ? 

Parfois, oui, effectivement. Parfois, on m'interpelle. La plupart du temps, ce sont des interpellations très sympathiques et donc très agréables. Parfois, les gens nous encouragent. Ça fait plaisir. En revanche, je reçois énormément de menaces de mort, mais plutôt par courrier. Les gens ne viennent pas directement en face à face. Je reçois de plus en plus de menaces écrites. Ça, c'est curieux.

J'ai déposé plainte les premières fois et ensuite, j'ai tort parce que j'ai arrêté de déposer plainte. La semaine dernière, j'ai discuté avec des services à l'Assemblée pour voir comment nous pourrions créer une forme de centralisation des plaintes pour faciliter les dépôts de plainte des députés.

J'ai dû déménager parce que j'avais été menacée à mon appartement en début de mandat. Et j'ai fait attention, chose que je n'aurais jamais faite, à prendre une résidence sécurisée. Vous voyez, ce sont des détails qui ne m'auraient pas traversé l'esprit. 

C'est une information publique. Maintenant, vous êtes la compagne d'Olivier Véran, le ministre de la Santé. Vous vous êtes rencontrés sur les bancs de l'Assemblée ?

On s'est rencontrés à l'Assemblée, mais si vous me permettez, ça, je vais le garder dans ma vie privée. 

Vous êtes maintenant près du pouvoir, au plus près du pouvoir. Par Olivier Véran, mais pas seulement. C'est grisant. 

Non, non, je ne fais pas partie de ces gens qui sont grisés par le pouvoir, je dirais que c'est plutôt très lourd en terme de responsabilité. Vertigineux. Quand vous savez que vous prenez des décisions, que vous participez à des prises de décisions qui peuvent influencer des millions de vies. 

Vous n'avez pas envie de vous tromper, bien évidemment. Et parfois, c'est pas blanc ou noir. Parfois, les décisions sont grises et il faut choisir quelles nuances de gris. Et là, évidemment, parfois, on a le sommeil difficile la nuit

Est-ce que vous rêvez d'un secrétariat d'État ? Voire mieux, d'un ministère ? Et si oui, lequel ? 

Pas du tout. Je respecte bien évidemment tous les membres du gouvernement. J'ai beaucoup de respect pour leur travail. Ce n'est pas du tout le même job que celui de député. Moi, j'adore être parlementaire. Je trouve que c'est une très belle fonction que de représenter les citoyens, qu'il y a une grande liberté d'expression pour le parlementaire, qui est moindre pour le membre du gouvernement, qui est tenu à une solidarité gouvernementale et qui est nommé par un Premier ministre.

Et je crois que j'affectionne beaucoup la liberté d'expression du parlementaire. Sa liberté d'agenda aussi. Je suis libre de rencontrer qui je veux quand je veux dans ma circonscription. Et puis, je ne suis peut-être pas prête pour ce type de poste, peut-être un jour, mais pas aujourd'hui, non. Je suis très heureuse dans ma fonction. 

Est-ce que vous n'avez pas d'enfant ? C'est une question délicate quand on a 37 ans, est-ce que carrière et maternité, carrière ou maternité ? 

Pour ma part, c'est pas un choix. Ça n'a pas été un choix de carrière du tout. C'est le hasard de la vie, des rencontres, des moments et des choses personnelles. Mais je ne fais pas partie de ceux qui évaluent la capacité maternelle d'une femme au fait qu'elle ait fondé une carrière avant et après, pendant.

Tout est possible ! À l'Assemblée, j'ai beaucoup de collègues qui ont été enceintes et qui ont eu des enfants et qui arrivent à être maman et députées. Comme on a des collègues hommes qui sont papas et députés avec des jeunes enfants. Et je trouve ça tout à fait admirable et je pense que tout est possible ! 

Comment vous vivez cette crise du coronavirus. Au delà de vos fonctions publiques, je parle sur le plan personnel ? Est-ce que c'est une maladie qui vous fait peur ? 

Le plus difficile, c'est de ne plus voir mes parents. Ça, c'est très délicat. Ils ont pris leur retraite en Lozère et mon père est assez âgé. Il fait partie des personnes très vulnérables donc j'essaie de le préserver beaucoup, mais c'est très difficile. Je sais que ma mère qui l'aide au quotidien, elle aurait peut être besoin de plus de voir ses enfants. Mais pour la protéger, elle et lui, on est obligé de restreindre les contacts physiques.

Cet été, mon père a eu un pépin de santé avant que les hôpitaux soient saturés et il a été à l'hôpital à Montpellier et en sortie d'opération, ne pas pouvoir le prendre dans ses bras, lui dire bonjour de loin, le saluer de loin, sans lui tenir la main, j'ai trouvé que c'était c'était très difficile. 

C'est bientôt Noël,  vous avez mis quoi sur votre liste au Père Noël ? 

Un peu de répit, un peu de repos, ça me suffira. Avec les êtres chers. L'essentiel, c'est ce qui va se passer à table autour du repas. Ce moment convivial à la française, je crois que c'est un art de vivre.

Et ces repas de famille aussi à la française, qui peuvent traîner durant des heures et des heures et des heures où toutes les légendes familiales sont ressassées ou les débats politiques viennent prendre possession du repas de famille avec des idées très différentes dans les familles. Je trouve ça génial. Je trouve que ce sont des tableaux merveilleux. 

Coralie Dubos, députée de l'Hérault

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