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Dialogue de sourds entre Saint Jean de Braye et sa ville jumelle polonaise autour d'une délibération homophobe

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Par , France Bleu Orléans

Le vendredi 14 février, le conseil municipal de Saint Jean de Braye votait un voeu suspendant toute relation officielle avec sa ville jumelle de Pologne, Tuchow. En cause, une délibération faisant de Tuchow un "territoire libéré de toute idéologie LGBT". Inadmissible disent les élus abraysiens

La mairie de Saint Jean de Braye dans le Loiret
La mairie de Saint Jean de Braye dans le Loiret © Radio France - Anne Oger

Quand la ville de Saint Jean de Braye se fâche avec sa jumelle polonaise, autour des droits des personnes LGBT... C'est une affaire qui commence à ressembler à un incident diplomatique, depuis vendredi 14 février dernier. En ce jour de Saint Valentin, le conseil municipal de Saint Jean de Braye décide de suspendre ses relations officielles avec la ville de Tuchow, dans le sud est de la Pologne, avec laquelle elle est jumelée depuis 20 ans.

Tuchow se proclamait "territoire libéré des LGBT"

En cause, une délibération du conseil municipal de la ville polonaise, remontant à mai 2019, et dans laquelle elle se déclarait "territoire libéré de toute idéologie LGBT". Une formulation clairement homophobe émanant en fait du parti ultra-conservateur et même nationaliste "Droit et Justice" au pouvoir en Pologne, qui se propage depuis quelques mois dans près d'une centaine de communes,  et comtés du pays.

Le parti PIS en Pologne s'est lancé dans une guerre ouverte contre les communautés LGBT du pays, et mène une vaste campagne auprès des collectivités locales, pour qu'elles adoptent des délibérations se déclarant "territoire libéré de l'idéologie LGBT " pour (sic) "le bien de la vie, de la famille, et de la liberté"

En signant le texte, la ville de Tuchow  s'engageait à (re-sic) "tout faire pour refuser l'accès aux écoles à tous les dépravateurs, aux associations militantes de l'homopropagande".

Le post facebook de la ville de Saint Jean de Braye (capture écran) - Aucun(e)
Le post facebook de la ville de Saint Jean de Braye (capture écran) - Capture écran facebook

Une position que les élus de Saint Jean de Braye ont décidé de condamner officiellement. A travers un voeu voté à l'unanimité, "demandant la suspension des relations avec la ville jumelle de Tuchow pour homophobie", c'est le titre de ce voeu, dans lequel les élus affirment : "nous ne pouvons accepter que soient entachés les liens qui unissent nos deux villes par un serment de jumelage".

Quand nous avons découvert ce vote du conseil municipal, notre sang n'a fait qu'un tour

Colette Martin-Chabert, l'adjointe au maire de Saint Jean de Braye en charge des relations internationales et de l'égalité explique : "cette délibération de Tuchow adoptée en mai 2019, nous ne l'avons découverte que récemment, et nous l'avons faite traduire en français pour bien la comprendre. Quand nous avons compris, notre sang n'a fait qu'un tour, nous avons été atterrés, nous ne pouvions pas accepter une telle atteinte aux droits de l'homme".

En quelques jours, la décision de la commune loirétaine a beaucoup fait réagir, le magazine Têtu en France a relayé l'information, une équipe de télévision polonaise est même venue interroger Colette Martin-Chabert, et la maire de Tuchow a réagi auprès d'un site d'information polonais, onet.pl. 

La maire de Tuchow regrette de ne pas avoir pu s'expliquer

Magda Marszalek, la maire de Tuchow, assure ne pas comprendre, et regrette cette décision : "ce sont les habitants qui vont être pénalisés. Nous n'avons pas été prévenus de ce vote, nous aurions pu discuter" explique l'élue, qui à titre personnel assure qu'elle n'a pas voté ce texte concernant la communauté LGBT, qu'il s'agissait d'une initiative nationale du parti PIS.

"Mais de quoi aurions-nous pu discuter ?" répond Colette Martin-Chabert. "Il l'ont voté ce texte, ils nous ont mis devant le fait accompli. On aurait pu dans ce cas en parler avant qu'ils ne le votent, là oui. En tout cas notre geste fait beaucoup parler, alors on espère que cela en fera réfléchir quelques uns"

En attendant les relations officielles sont rompues, pas question par exemple de célébrer les vingt ans du jumelage entre les deux villes, comme c'était prévu en 2020.  

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