Politique

A Dijon, François Rebsamen reprend les manettes du conseil municipal

Par Marion Bastit, France Bleu Bourgogne et France Bleu mardi 29 septembre 2015 à 0:51

Ce lundi soir à Dijon, c'était le conseil municipal de rentrée.
Ce lundi soir à Dijon, c'était le conseil municipal de rentrée. © Radio France - Philippe Renaud

Ce lundi soir, c'était le conseil municipal de rentrée à Dijon, le premier depuis le retour de François Rebsamen à la tête de la mairie. A l'ordre du jour, l'accueil des réfugiés, mais aussi les récents heurts dans le quartier des Lentillères, et le retour des médiateurs de nuit dans les quartiers.

En préambule de ce conseil, François Rebsamen a fait le point sur l'accueil des réfugiés. La France s'est engagée à accueillir 24 000 réfugiés, syriens ou irakiens pour la plupart. Samedi 12 septembre, la première adjointe Nathalie Koenders avait annoncé au ministère de l'Intérieur que la Ville de Dijon était prête à prendre sa part.

La Ville compte les loger dans ses deux résidences sociales, qui hébergent temporairement les personnes en attente d'un logement. Pour le moment, la Ville a recensé entre 30 et 50 places disponibles dans ces résidences. Des particuliers ont également écrit au maire pour dire qu'ils avaient de la place pour accueillir un ou plusieurs réfugiés chez eux.

Pas d'expulsion avant 2018

L'avenir du quartier des Lentillères était également à l'ordre du jour. Le projet d'éco-quartier des Maraîchers avance, avec la vente d'un terrain du Grand Dijon au bailleur social Villéo pour construire 55 logements sociaux. Le vote de cette vente a été l'occasion de revenir sur les heurts entre les squatteurs des Lentillères et les vigiles de la société d'aménagement du Grand Dijon la semaine dernière.

François Rebsamen prône l'apaisement : « Il y a de jeunes anarchistes qui squattent illégalement des maisons, et ils n'ont pas à le faire. Tant que le projet n'est pas en place, ils peuvent continuer à les occuper. Mais le moment venu, quand viendra le temps de construire les logements nécessaires pour loger la population, ils devront quitter les lieux. »

Il veut donc attendre le début des travaux, en 2018, pour expulser les squatteurs. Mais pour Chantal Outhier, conseillère municipale d'opposition, il faut agir maintenant. « Si la police n'intervient pas, je pense que le problème va demeurer, et prendre des proportions plus importantes. Peut-être que de 50, on passera à un nombre plus important de squatteurs. »

Vingt médiateurs de nuit

Autre point à l'ordre du jour, le retour des médiateurs de nuit dans les quartiers prioritaires. Ils seront 20 médiateurs à temps plein pour couvrir cinq communes du Grand Dijon (Dijon, Chenôve, Longvic, Quetigny et Talant) entre 16 h et minuit.

Ces médiateurs représentent un budget de 900 000 euros par an, financés à 45 % par les bailleurs sociaux, 55 % par les communes concernées. Une dépense inutile selon la droite, car elle ne cible pas le bon problème.

« Sur le principe des médiateurs pourquoi pas, mais il faut aller au bout de la problématique du fonctionnement des quartiers, estime Catherine Vandriesse, conseillère municipale d'opposition. Aujourd'hui, les trafics de drogue ne sont pas dans les quartiers sensibles, tout le monde le sait. Ils sont dans les quartiers où il y a du pouvoir d'achat. »

Prévention VS répression

Pour Colette Popard, adjointe au maire, ces quartiers ne sont pas oubliés. « Il y aura aussi 30 % du temps de ces médiateurs pour le centre-ville de Dijon et les autres quartiers qui ne sont pas classés politique de la ville, mais qui quelquefois ont des perturbateurs. »

Stéphane Chevalier, conseiller d'opposition, lui reproche de vouloir pallier l'absence de policiers municipaux après 19 h. « Je sais que la droite veut de la police tout le temps, rétorque-t-elle, mais avant que la police n'intervienne, il faut qu'il y ait des médiateurs qui puissent faire un travail avec les jeunes qui sont au pied des immeubles. »