Politique

A Dijon, la démocratie participative est en marche

Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne vendredi 8 janvier 2016 à 17:00

Nathalie Koenders a lancé l'appel à projets 2016 des budgets participatifs
Nathalie Koenders a lancé l'appel à projets 2016 des budgets participatifs © Radio France - Arnaud Racapé

Depuis 2008, la mairie a mis en place des "budgets participatifs". Une somme de 40.000 euros par an allouée à chacune des 9 commissions de quartiers de la ville, soit une enveloppe totale pour 2016 de 360.000 euros. L'appel à projets pour 2016 a été lancé ce jeudi, avec quelques nouveautés.

L'argent distribués aux commissions, composées d'habitants tirés au sort, est destiné à mener à bien des projets proposés et votés par les habitants eux-mêmes, en dehors de toute intervention politique, si ce n'est pour étudier la faisabilité desdits projets. L'objectif est de donner aux citoyens un pouvoir de décision, et d'encourager le vivre-ensemble en leur permettant d'améliorer leurs quartiers.

Un dispositif étendu à tous les Dijonnais, et à internet

Deux nouveautés sont à noter en 2016 : d'abord la possibilité donnée à tous les Dijonnais de proposer leur projet, sans tenir compte du quartier où ils résident. Jusque là, seules les commissions de quartiers pouvaient le faire. Et puis ces projets pourront désormais être soumis en ligne via le site mydijon.fr. Nathalie Koenders, première adjointe à la mairie de Dijon,déléguée à la démocratie locale et au personne. "On s'est inspiré des réseaux sociaux où l'on peut mettre un "j'aime", un "like", pour avoir une première tendance sur les projets. Donc là tout le monde pourra voter en ligne, et ensuite le vote définitif se fera en commissions de quartiers, mais bien entendu ils auront cette tendance issue du vote consultatif effectué sur internet".

"Aller vers l'intérêt général"

Démocratie participative oblige, Nathalie Koenders se heurte parfois aux déceptions, aux critiques, mais c'est une chose positive pour elle :_ "moi_ aussi j'aimerais bien avoir des budgets participatifs plus importants", dit-elle avec un sourire. "Mais on est dans un contexte contraint, auquel sont confrontées l'ensemble des collectivités territoriales du pays, donc je vois le côté positif, et je suis fier que François Rebsamen  ait maintenu le même budget. Il y a de la confrontation, tout le monde n'est pas d'accord, je le conçois, on confronte les points de vue, et puis après il y a un avis qui est donné, on tranche. Ce que je dis souvent, c'est que la somme des intérêts particuliers ne constitue pas toujours l'intérêt général. Et le but des commissions de quartier, c'est d'aller vers l'intérêt général."

Empêcher la prolifération des projets "hors sujet"

Des évolutions plutôt bien accueillies, même si ces histoires de "likes" et d'internet interrogent : "Toute la population n'az pas accès à ces nouvelles technologies, à ces l"ikes" des réseaux sociaux", fait valoir Michel Conon, membre de la commission du quartier Chevreul Parc. Son collègue Jean-marc Narboni, lui, craint une explosion du nombre de projets proposés, _"A_vec cette ouverture à toute la population, je crains qu'il y ait beaucoup de propositions qui n'entrent pas dans le cadre attributions des commissions de quartier, et que pour cette première année, un gros travail de filtrage soit nécessaire." 

Ce à quoi la mairie répond que ses services techniques sont là pour évaluer, analyser les projets soumis aux commissions. Tout n'est pas faisable, et surtout 40.000 euros c'est une somme très vite atteinte, on ne peut pas faire n'importe quoi avec :_ "On a déjà reçu des projets de crèches, évidemment que c'est impossible", _commente Nathalie Koenders. Par ailleurs, pour soumettre un projet en ligne, il faudra auparavant s'inscrire sur le site de la mairie. Ce qui devrait dissuader plus d'un internaute au projet loufoque.

Des projets concrets pour les quartiers

Mais une fois le tri effectué, les projets deviennent bien réalité. Alors que peuvent faire les commissions de quartier avec 40.000 euros ? L'installation de porte au parc de la Colombière, l'aménagement d'espaces verts. Françoise Hesse, de la commission centre-ville, donne d'autres exemples : "On a mis des strapontins sous les Halles, ces strapontins c'est la commission de quartier qui les a votés, et le budget participatifs qui les ont payés, et aussi les assises qui sont place du Barozet. Et la fresque sur le transformateur EDF derrière la FNAC rue Neuve Dauphine, aussi. C'est vrai que ça coûte cher, ça demande du temps. il faut pas oublier que ces projets ne se font pas en huit jours."

Les projets 2016 seront votés au printemps prochain. D'ici là toutes les bonnes idées sont les bienvenues.

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