Politique

Dijon : la nouvelle préfète de Bourgogne-Franche-Comté a pris ses fonctions

Par Arnaud Racapé, France Bleu Auxerre, France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon et France Bleu Bourgogne lundi 4 janvier 2016 à 14:15

Christiane Barret est la nouvelle préfète de la Bourgogne Franche-Comté
Christiane Barret est la nouvelle préfète de la Bourgogne Franche-Comté © Radio France - Arnaud Racapé

Si en ce début 2016 les changements seront surtout économique, le politique n'est pas en reste. Outre l’intronisation de Marie-Guite Dufay lundi au perchoir du conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, une autre personnalité prenait ses fonctions à Dijon : la nouvelle préfète Christiane Barret.

L'ex-préfète de la région Poitou-Charentes a donc remplacé officiellement Eric Delzant, parti à la présidence du Conseil supérieur de l'appui territorial et de l'évaluation. Christiane Barret s'est d'abord pliée à une cérémonie très protocolaire avec dépôt de gerbe de fleurs au pied du monument aux morts de Dijon, avant d'organiser une petite réception en préfecture, toujours en présence de nombreuses personnalités du département et de la région.

Un moment historique

A 62 ans, cette énarque pose ses bagages dans une grande et nouvelle région qu'elle avoue ne pas connaître, mais qu'elle a "très envie de découvrir. J'ai du mal à réaliser, c'est comme toute chose nouvelle. Mais j'ai le sentiment de vivre un moment historique, ça c'est une certitude" 

Nouvelle région, nouvelle organisation

En adepte de nature et de patrimoine, elle se sait tombée au bon endroit. Mais c'est aussi une région où tout est à reconstruire en interne, et où les inquiétudes demeurent sur l'organisation à venir des services de l'Etat. Mais Christiane Barret compte bien faire usage de ses qualités humaines et de dialogue pour garantir aux personnels une transition en douceur.

A 62 ans, Christiane Barret quitte le Poitou-Charentes pour s'installer à Dijon - Radio France
A 62 ans, Christiane Barret quitte le Poitou-Charentes pour s'installer à Dijon © Radio France - Arnaud Racapé

"L'inquiétude des personnels, je ne la méconnais pas, bien entendu. C'est toujours déstabilisant de se dire que son poste va évoluer, que demain on travaillera peut-être à un autre endroit ou une autre fonction. Comme vous le savez, nous avons limité au maximum les mobilités géographiques au bénéfice des mobilités fonctionnelles. Même si relativement à d'autres régions, Besançon et Dijon ne sont pas très éloignées. Ça ne diminue pas pour autant les difficultés, et j'aurai à cœur bien entendu d'écouter chacun, et de faire en sorte que chacun et chacune trouve la place qui lui convient."

Pragmatique, directe, et franche

Christiane Barret débarque avec la réputation d'une femme de dialogue et de terrain, ce que l'intéressée confirme : "j'ai une méthode de travail, c'est le pragmatisme, et puis des relations directes et franches. Et puis j'irai au maximum sur le terrain. Je ne suis pas naïve non plus, je suis préfète de la région Bourgogne Franche-Comté, je sais bien que je ne pourrai pas aller tous les jours sur le terrain parce qu'il faut bien que j'organise mes services en interne, mais je considère que le meilleur décideur ne peut pas bien décider s'il n'est pas en prise avec le terrain."

L'emploi et la sécurité, les priorités

Sur les questions de fond aussi, Christiane Barret se sait très attendue : Eric Delzant avait mis l'accent sur l'impulsion économique, elle ne compte pas dévier de cette ligne : _"c'est la priorité du gouvernement : l'emploi, le développement économique, de mobiliser l'ensemble des services de l'Etat pour relancer la machine. Je crois que nous sommes dans une région où il y a des fleurons, et ces fleurons doivent tirer les petites et moyennes entreprises. Ici on parle bien sûr d'agriculture, de viticulture, de tourisme aussi, qui pèse dans l'économie. Je pense qu'il y a de nombreuses cartes à jouer." Une carte qu'elle pourra sans doute jouer avec l'autre femme de pouvoir dans la région, Marie-Guite Dufay, qui avait largement placé le curseur de sa campagne pour les régionales sur l'économie . _

Enfin, la nouvelle préfète s'installe à un moment particulier, moins de deux mois après les terribles attentats du 13 novembre et l'instauration de l'état d'urgence. Elle n'oublie donc pas cette priorité : "bien sûr, le premier rôle du préfet c'est d'assurer l'ordre et la sécurité publique, donc je vais suivre de très très près tous les développements qui sont liés à la situation dramatique dans laquelle notre pays s'est vu plonger en 2015, au début et à la fin."

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