Politique

Législatives : 428 candidats déjà investis par La République en marche, sans "l'assentiment" du Modem

Par Tifany Antkowiak, France Bleu jeudi 11 mai 2017 à 14:26 Mis à jour le vendredi 12 mai 2017 à 14:00

Richard Ferrand, secrétaire général d'En Marche!, a annoncé en conférence de presse jeudi que le mouvement avait déjà investi 428 candidats sur 577.
Richard Ferrand, secrétaire général d'En Marche!, a annoncé en conférence de presse jeudi que le mouvement avait déjà investi 428 candidats sur 577. © Maxppp - Eric Feferberg

La République en marche, mouvement d'Emmanuel Macron, a dévoilé jeudi les premiers noms de ses candidats aux législatives, une liste de 428 noms qui n'a pas l'"assentiment" du Modem. Manuel Valls n'est pas investi, mais En Marche! ne présentera pas de candidat contre lui dans l'Essonne.

À un mois du premier tour des élections législatives, le 11 juin, le mouvement d'Emmanuel Macron, La République en marche, a dévoilé jeudi les noms de 428 de ses candidats (sur 577 circonscriptions) lors d'une conférence de presse. La Commission d'investiture va poursuivre ses travaux pour les circonscriptions restantes, suite à un afflux de candidatures arrivé dans la foulée de l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République. Les noms quelques 150 candidats restants seront investis "d'ici à mercredi", a précisé Richard Ferrand, le secrétaire général d'En Marche!.

52% des candidats issus de la société civile

Le mouvement a reçu 19.000 dossiers de candidatures, a annoncé Richard Ferrand. Il a précisé que 52% des candidats investis jusqu'ici étaient issus de la société civile et de "l'ensemble du spectre politique". Seuls 5% des candidats sont des députés sortants, tous socialistes (24 candidats). Sur les 428 candidates déjà investis, on dénombre "214 hommes et 214 femmes". L'âge moyen des candidats est de 46 ans. 93% ont actuellement une activité professionnelle.

Manuel Valls pas investi, mais le mouvement ne présente pas de candidat contre lui

À propos de la candidature de Manuel Valls, Richard Ferrand a indiqué que l'ancien Premier ministre ne serait pas investi par La République en marche, mais que le mouvement ne présentera pas de candidat face à lui dans sa circonscription de l'Essonne.

Manuel Valls a "salué" jeudi soir dans un communiqué cette décision et précisé qu'il se présenterait dans la première circonscription de l'Essonne en "homme libre mais fort d'une identité politique claire, revendiquée, assumée -républicain, progressiste, de gauche".

Pas de candidat investi non plus par La République en marche pour l'instant contre certaines personnalités LR (Bruno Le Maire, Thierry Solère, Gilles Boyer ou Franck Riester), ce qui laisse la porte ouverte à d'éventuels ralliements dans les prochains jours.

Barbara Pompili, François de Rugy, le mathématicien Cédric Villani... et quelques couacs

Sur la liste des 428 candidats déjà investis par La République en marche figurent le mathématicien Cédric Villani, investi dans l'Essonne, le conseiller de François Hollande Gaspard Gantzer, a été investi, lui, en Ille-et-Villaine, mais il a finalement renoncé à se présenter, a appris vendredi soir l'AFP. La secrétaire d'État chargée de la biodiversité, Barbara Pompili est investie dans la Somme, et l'ancien candidat écologiste à l'élection présidentielle François de Rugy en Loire-Atlantique. Les anciens magistrats Eric Halphen et Laurence Vichnievsky sont également sur cette première liste, ainsi que la torera Marie Sara, investie dans le Gard.

Le nom de Mourad Boudjellal, président du RC Toulon, est également listé, mais il s'agit d'une "erreur", a indiqué jeudi soir sur franceinfo Sibeth Ndiaye, la chargée des relations presse d'Emmanuel Macron. "Il était question qu'il soit investi, mais c'est une petite erreur matérielle. C'est un mauvais copié-collé. Nous allons le retirer", a-t-elle précisé. Le mouvement a publié dans la soirée une nouvelle liste, sans le nom du président du club de rugby, ni celui du député socialiste du Val-d'Oise François Pupponi, qui s'était lui aussi étonné de s'être retrouvés dans la liste initiale. Une dizaine de noms au total ont été retirés.

Xavier Bertrand a dit "non" à Macron

Xavier Bertrand a "répondu non" aux équipes Macron qui l'ont approché entre les deux tours de la présidentielle, a-t-il déclaré dans une interview au Figaro diffusée jeudi. "Je n'ai jamais eu de dialogue, d'entretien, de contact direct avec Emmanuel Macron", a-t-il raconté. "Le vendredi de l'entre-deux-tours, j'ai été contacté par son équipe à propos de mes déclarations: à savoir que j'avais l'intention de voter Macron mais que je restais un homme de droite", a-t-il dit. "Elle voulait savoir si c'étaient bien mes convictions et si j'étais prêt à le rallier. J'ai répondu oui à la première question et non à la seconde", a-t-il ajouté. "Vous avez devant vous quelqu'un qui a servi d'écran de fumée! Pour ma part, j'ai un engagement à la tête de ma région, je n'ai pas été élu pour seize mois. Et j'ai encore beaucoup de travail. Je ne suis pas à la recherche d'un poste", a-t-il dit.

Le Modem ne donne pas son "assentiment" à la liste

François Bayrou, président du MoDem, allié à Emmanuel Macron, a indiqué jeudi soir que la liste de candidats présentée par En Marche! n'avait pas "l'assentiment" de son parti. "Je convoque le bureau politique du MoDem demain (vendredi) soir en souhaitant que dans les heures qui viennent, un mouvement de raison permette des investitures communes dans toutes les circonscriptions comme Emmanuel Macron et moi en sommes convenus depuis le premier jour de notre entente", a déclaré à l'AFP le maire de Pau.

La deuxième version de la liste des 428 candidats (faire défiler le dossier de presse pour y parvenir) :

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Annonces ce candidatures aussi ce jeudi pour Mélenchon, Arthaud et Asselineau

Jean-Luc Mélenchon était à Marseille jeudi pour officialiser sa candidature dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, tenue actuellement par le socialiste Patrick Mennucci, qui a dénoncé le parachutage d'un "député plateau télé". "Je ne veux pas affaiblir le PS, je veux le remplacer", a lancé le leader de La France Insoumise, arrivé en tête au premier tour de la présidentielle à Marseille. Il a également assuré que sa candidature était "légitime partout" .

Pour les élections des 11 et 18 juin, Lutte ouvrière a investi 553 candidats, a indiqué jeudi Nathalie Arthaud, candidate du parti à l'élection présidentielle et investie par LO pour les législatives dans la 6e circonscription de Seine-Saint-Denis. Également candidat à l'élection présidentielle, François Asselineau a lui aussi annoncé qu'il se lançait dans la bataille législative jeudi. Le président de l'Union populaire républicaine souhaite se présenter dans la 10e circonscription de Seine-Saint-Denis, avec un programme "fondé sur la création d'emplois, la justice sociale et la justice tout court, la sécurité, le logement, l'honnêteté en politique et la fin de la participation de la France à des guerres néocoloniales".