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Politique

Discours d'E. Macron : la CFDT Occitanie salue les "inflexions verbales" mais s'interroge sur le timing et les moyens

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Par , France Bleu Occitanie

Très attendu jeudi soir, le discours d'Emmanuel Macron, annoncé comme un "tournant", et très commenté ce vendredi. Le secrétaire régional de la CFDT en Occitanie, Grégory Martin, liste les grands absents, les espoirs et les déceptions.

Emmanuel Macron avait promis un tournant après son discours du 25 avril.
Emmanuel Macron avait promis un tournant après son discours du 25 avril. © Maxppp - Ian Langsdon

Toulouse, France

Il a été long, ce discours. Retraites, impôts, référendum, proportionnelle à l'Assemblée nationale, fonctionnaires, services publics. Le chef de l'Etat a balayé bon nombre de sujets, oublié d'autres diront certains. Analyse et commentaires du numéro un de la CFDT en Occitanie, le haut-garonnais Grégory Martin, invité de France Bleu ce vendredi.

RÉÉCOUTER L'INVITÉ : Grégory Martin, secrétaire régional CFDT, interrogé par Bénédicte Dupont (6'22'')

Grégory Martin, secrétaire régional de la CFDT en Occitanie, invité de France Bleu ce 26 avril. - Radio France
Grégory Martin, secrétaire régional de la CFDT en Occitanie, invité de France Bleu ce 26 avril. © Radio France - Olivier Lebrun

France Bleu Occitanie : Sur la forme d'abord, vous l'avez trouvé comment le Président de la République hier soir ?

Grégory Martin : Il y au moins une inflexion sur les mots, il parle de sentiment d'injustice sociale, fiscale, territoriale, de colère, de sentiment d'abandon. Après, il y a beaucoup de satisfecit, sur sa politique soi-disant "juste". Il a oublié la baisse des APL, la réduction des emplois aidés. Il y a aussi du flou sur le timing et les moyens. Je retiens aussi cet appel national et régional à la mobilisation sur les questions d'emploi, de logement, de transition écologique. Mais il y a aussi de grands absents dans ce discours. De tout et de rien, on reste sur sa faim.

Rien sur le bio, les transports propres, la fiscalité des hauts revenus.

De quels "grands absents" parlez-vous ?

Pas de grand plan contre le réchauffement climatique, pas d’investissement dans le bio, ni dans les transports propres ou dans l’éradication des passoires énergétiques. Sur la responsabilité du patronat en matière de pouvoir d'achat, on ne voit pas bien comment le patronat est associé au fait que les gens ne gagnent pas bien leur vie. Et la fiscalité plus juste, on nous "baisse des impôts", pourquoi pas, mais rien n'est fait à propos des hauts revenus, le capital reste toujours moins taxé que le travail.

Travailler davantage pour payer moins d'impôts sur le revenu dit-il...

C'est moche de dire ça, quand on a en Occitanie 579.000 personnes qui cherchent un emploi. Quand on dit que les Français travaillent moins, c'est parce qu'ils ne travaillent pas tous. Baisser les impôts oui, améliorer les conditions de travail pour les 62-63 ans oui,mais on est loin du compte. Rappelons aussi que quand on a plus de 50 ans, on n'est plus employable, on ne retrouve plus de travail. Alors ce n'est pas juste de suggérer de travailler plus.

Gros chapitre traité par Emmanuel Macron : les retraites.  Peut-on dire que c'est le volet qu'il a le plus développé ?

C'est vrai, il a pris la mesure des grandes difficultés des retraités. Mais attention, on ne trouvera pas de situation globale en satisfaisant une part de l’électorat. 

Ce qui a été dit sur les fonctionnaires et les retraités, c'est bien. Mais gare aux discours électoralistes sans lendemain.

Vous trouvez qu'il était électoral le discours du chef de l'Etat ?

Oui, quand je l'ai entendu parler des politiques migratoires alors que ces questions ne sont presque jamais apparu dans les 25 ou 30 débats auxquels j'ai participé en Occitanie. C'est une posture électoraliste, dangereuse, et de court terme. Et il y a un autre dogme, celui des 120.000 fonctionnaires en moins. Je n'ai jamais compris ce calcul. Je constate qu'il y a une inflexion, il faut continuer à peser pour que cela prenne un sens sur le territoire.

Supprimer des postes dans l’administration centrale pour avoir davantage de fonctionnaires en province, c'est ce qu'il faut ?

Toutes les associations, les ONG, les syndicats disent que les fractures territoriales sont intimement liées aux fractures de services public, la question de l'accès aux services publics. L'histoire de la maison des services publics par canton est une bonne nouvelle. Mais attention à la réalité du travail des fonctionnaires, on ne peut pas considérer qu'on va prendre des agents ici et les mettre là sans que cela se fasse en fonction de celles et ceux qui ont envie de faire vivre les services publics. La CFDT sera vigilante à ce que les agents aient de bonnes conditions pour remplir leurs missions".