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Politique
Dossier : Mort de Jacques Chirac

Mort de Jacques Chirac : le Savoyard Hervé Gaymard : "Un grand frère et un très grand travailleur"

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Par , France Bleu Pays de Savoie

INTERVIEW - Très ému, le président du conseil départemental de Savoie Hervé Gaymard a été deux fois son ministre et deux fois secrétaire d'Etat dans un gouvernement sous sa présidence. Le Savoyard Hervé Gaymard doit une partie de sa carrière politique à Jacques Chirac. Et plus encore !

Hervé Gaymard
Hervé Gaymard © Radio France - Christophe Van Veen

Chambéry, France

"Même si Jacques Chirac était malade depuis quelques années, c'est toujours une surprise, beaucoup de tristesse. On a le souvenir d'un homme vivant et chaleureux. Une sorte de grand frère. Ce sont ses qualités humaines auxquelles je pense. Qualités humaines que les Français ont découvertes un peu tardivement, car les plus anciens se souviennent qu'il n'a pas toujours eu cette image de Père de la Nation."

D'abord aimer les gens

Que vous a t'il appris ?

D'abord d'aimer les gens. Peut-être que le moment le plus fort, je l'ai partagé en tant que jeune député en 1994. L'association des parents d'enfants handicapés mentaux avait organisé les journées de la dignité. Il a passé une journée avec eux, sans caméras, sans journalistes, sans photographes. Il les vouvoyait, il avait une empathie qui n'était pas feinte. Ce jour-là, j'ai découvert un autre Chirac. Je connaissais, en tant que militant gaulliste, l'homme politique, j'ai découvert l'homme. Et la deuxième chose que j'ai apprise à ses côtés, c'est le travail, le travail, le travail...

C'est pas forcément l'image qu'on a de lui ?

Non, ce grand type désinvolte, un peu grande gueule, c'est ça ? C'était une image . En réalité, c'est tout le contraire. Jacques Chirac a une profonde humilité, la peur de pas en savoir assez. Il avait des stabiloboss de toutes les couleurs et il stabilossait toutes ses fiches. A l'étranger où je l'ai accompagné, il avait toujours la peur de ne pas faire le bon discours. Il connaissait les dossiers par cœur. Un très grand bosseur. 

Qu'a-t-il amené aux deux Savoie ? Le petit coup de pouce ?

En 2000, il est venu deux jours en Savoie, il est allé partout. Albertville, Moûtiers, Aix et Chambéry... Il nous a tous marqués par sa capacité d'écoute. Chaque fois qu'il y avait un dossier sensible savoyard, on lui soumettait. En 1995-96, le bataillon de chasseur alpin de Bourg-Saint-Maurice était menacé. Jeune secrétaire d'Etat - j'étais un peu gonflé quand même à 35 ans ! -  je lui fais passer un mot en Conseil des ministres : "Monsieur le Président, si le bataillon devait être dissous, vous comprendriez que le natif de Savoie ne puisse pas rester dans ce gouvernement." L'après-midi même, il me faisait savoir : "Ne vous inquiétez plus pour le bataillon !" Et tant que Chirac a été là, la parole a été respectée.

Il a donné une belle signature à la France 

Quelles relations aviez-vous au gouvernement ?

J'ai été ministre de l'agriculture qui reste son grand ministère, et au fond il a été ministre de l'agriculture toute sa vie. Je redoutais qu'il soit intrusif. Eh bien, pas du tout ! Il se bornait aux réunions techniques. Il ne m'appelait pas pour me dire ce que je devais faire, c'était uniquement pour des cas humains, tel ou tel agriculteur de Corrèze par exemple en difficulté. Il ne supportait pas qu'on court-circuite le Premier Ministre car il était très respectueux des institutions. Et quand ses amis mécontents l'appelaient directement, il leur disait : "Tiens, justement, j'ai le Premier Ministre en face de moi. Je te le passe pour régler votre problème."

Juppé, la dissolution, la cohabitation avec Jospin. C'est un président qui a peu présidé, finalement. Que restera-t-il de Jacques Chirac ?

Il a laissé une empreinte d'homme d'Etat, digne de la fonction, à l'écoute, qui a aimé les Français et a incarné la France, notamment à l'international. Son refus de nous engager dans la guerre en Irak, ce qu'il a fait au Moyen-Orient où il parlait à tout le monde - Israéliens, Palestiniens... - je pense que ça restera. Il a donné une belle signature à la France.

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