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Dordogne : le communiste Francis Colbac se désiste au profit des socialistes

Par Marie-Sylvie Prudhomme, France Bleu Périgord lundi 23 mars 2015 à 19:04

Francis Colbac (PCF), lors du débat du premier tour des départementales en Dordogne.
Francis Colbac (PCF), lors du débat du premier tour des départementales en Dordogne. © Radio France - Pierre Breteau

Francis Colbac, vice président communiste du Conseil général et candidat à Trélissac, décide de se désister au second tour des élections départementales. Avec sa fille Méloë, il laisse ainsi le binôme socialiste seul en lice et donc sûr d'être élu dimanche prochain.

C'est une page qui se tourne en Dordogne, celle de 34 ans de service au Conseil général de la Dordogne. Dans un communiqué tombé en fin d'après-midi ce lundi, Francis Colbac, conseiller général communiste de Trélissac et candidat à sa succession avec sa fille Méloë, ont donc décidé de se désister. Lors du 1er tour, le binôme front de gauche était arrivé en 2e position derrière le duo socialiste Christelle Boucaud et Stéphane Dobbels. Francis Colbac avait enregistré 24,2% des voix contre 28,3% aux socialistes.

Aucune des autres listes ne pouvait se maintenir au second tour. Se posait alors pour le ténor communiste la douloureuse question du désistement en faveur du duo socialiste. En effet, en cas de désistement de l'un des deux binômes candidats, la loi prévoit que seul l'autre se soumet alors aux suffrages des électeurs et qu'il est donc automatiquement élu.

Laché par Bernard Cazeau dès dimanche soir 

Dès dimanche soir sur France Bleu Périgord, le président socialiste du Conseil général, Bernard Cazeau, était très clair : "il faut appliquer les accords PS/PC qui prévoient le désistement du moins bien placé" . Bernard Cazeau, sans état d'âme, n'hésitait d'ailleurs pas à dire que Francis Colbac, compagnon de route depuis plus de 30 ans, avait peut-être fait "le mandat de trop".

Ce lundi matin sur France Bleu Périgord, Germinal Peiro, probable successeur de Bernard Cazeau à la tête du département ne disait pas autre chose tout en reconnaissant qu'il s'agissait d'une décision difficile à l'encontre "d'un ami". Francis Colbac en homme de parole qu'il est a donc respecté ses engagements. Durant toute la campagne, il avait promis de se désister en faveur du duo socialiste si il était devant.

Perea sur Colbac / SON

Dans son communiqué, le maire de Trélissac explique que, "respectueux des principes républicains et de gauche", lui et sa fille ne se représentent pas. Il accuse également le redécoupage électoral et la hausse des impôts  arbitrairement imposée l'année dernière d'être à l'origine de son mauvais score. Laurent Péréa, secrétaire départemental du Parti communiste, assure que le maire de Trélissac "encaisse le coup" et qu'il a fait le choix de ne pas se présenter pour être "propre" . A l'U.D.D., Amélie Léger, battue au 1er tour, dénonce avec ironie "la démocratie à la façon du Parti socialiste de Dordogne".

Pas de sentiment en politique

Certains diront peut-être que le Parti socialiste n'est pas tendre avec cet ami communiste de 30 ans, parfait soldat en tant que vice président chargé des sports. D'autres se rappelleront que l'année dernière certains socialistes ont eu du mal à digérer l'élection du communiste Jacques Auzou à la tête du Grand Périgueux. Comme quoi en politique, on ne fait décidément pas de sentiment.

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