Politique

Dordogne : le leader de l'opposition au conseil départemental démissionne des Républicains

Par Antoine Balandra, France Bleu Périgord samedi 28 janvier 2017 à 20:00

Thierry Boidé, conseiller départemental du pays de Montaigne et Gurson
Thierry Boidé, conseiller départemental du pays de Montaigne et Gurson © Radio France - Antoine Balandra

Thierry Boidé, maire de Saint Géraud de Corps, et chef de l'opposition au conseil départemental de la Dordogne va quitter le parti Les Républicains. Il explique sa décision par les "bidouilles" dans le parti en Périgord, et n'exclut pas de se présenter en solitaire aux législatives

Il quitte lui aussi les Républicains. Ce lundi, Thierry Boidé, maire de Saint Géraud de Corps, conseiller départemental du Pays de Montaigne et Gurson, patron de l'opposition au département va démissionner et rendre sa carte.

En cause selon lui: le processus de désignation des candidats aux législatives, un processus "très critiquable" selon Thierry Boidé. Lui n'avait jamais caché ses ambitions de porter les couleurs de son parti dans la circonscription du bergeracois. Le conseiller départemental sarkozyste a pourtant manqué l'investiture. C'est Gaëlle Blanc, ex conseillère municipale à Bergerac dans l'équipe de Daniel Garrigue, lui aussi ex membre des Républicains, qui a été investie.

"Elle n'a pris sa carte aux Républicains qu'il y a un an, explique-t-il.

"Elle arrive avant cela du parti socialiste, elle est aujourd'hui fâchée avec la majorité municipale où elle a été élue, dites moi comment demain vous allez faire dans l'arrondissement de Bergerac pour recoller les morceaux, pour qu'elle puisse être un député vraiment actif et efficace pour le territoire" dit Thierry Boidé.

Un agacement, et une déception aussi liés au fonctionnement des partis politiques explique l'élu. Lui dit qu'il aurait accepté d'être écarté si les adhérents du parti avaient voté démocratiquement.

Pour Thierry Boidé, l'appareil des Républicains "principalement en Dordogne, n'est plus que dans les mains de trois ou quatre personnes qui font la pluie et le beau temps"...

Une façon de viser clairement le patron des Républicains Dominique Bousquet, mais aussi le maire de La Roque Gageac et candidat dans la 4e circonscription Jérôme Peyrat ainsi que le maire de Ribérac Patrice Favard.

Une gestion désastreuse estime Thierry Boidé, qui dénonce les échecs électoraux à répétition, citant notamment les dernières cantonales.

Mais Thierry Boidé s'en prend également à François Fillon, le candidat des Républicains aux présidentielles, empêtré dans ce qui est aujourd'hui appelé le "Penelope Gate", l'affaire qui vise la femme de l'ex premier ministre, soupçonnée d'emploi fictif par la justice alors qu'elle était assistante parlementaire de son mari, selon François Fillon.

Candidature solitaire... ou pas

Thierry Boidé ne se prononce en revanche pas sur une éventuelle candidature aux législatives en solitaire. "Je prendrai ma décision entre le premier et le 15 mars" explique-t-il, laissant planer le suspens. Pour lui, cela dépendra du contexte national chez les Républicains, du maintien ou non de la candidature de François Fillon.

"Il y a un problème de moral" estime Thierry Boidé, qui avait pourtant appelé à voter François Fillon pour le deuxième tour de la primaire. "Là franchement on tombe de haut, et je ne vois pas comment il pourrait se sortir de cette affaire. "Ce qui tue, c'est qu'il a fait intervenir son épouse dans l'un de ses meetings, qui disait clairement "je ne me suis jamais occupée de la vie politique de mon mari". C'est quand même un gros caillou dans la chaussure" conclut Thierry Boidé.

"Rien ne sert de courir, il faut partir à point" dit Thierry Boidé

Thierry Boidé pourrait donc annoncer d'ici un mois une candidature en solo, face à la candidate officielle des Républicains Gaëlle Blanc. Il dit en tout cas ne rien exclure. Thierry Boidé était encarté Les Républicains depuis la défaite de Nicolas Sarkozy aux présidentielles en 2012.

C'est le deuxième élu Les Républicains d'envergure qui démissionne du parti en Dordogne, après la défection du maire de Sarlat et ancien ministre Jean Jacques de Peretti.