Politique

"Doute sérieux" autour de la déclaration de patrimoine de la ministre Benguigui

Par Thibaut Lehut, France Bleu lundi 31 mars 2014 à 16:18 Mis à jour le lundi 31 mars 2014 à 18:55

Yamina Benguigui, ministre déléguée à la Francophonie
Yamina Benguigui, ministre déléguée à la Francophonie © Maxppp

La ministre Yamina Benguigui est soupçonnée d'avoir menti sur sa déclaration de patrimoine, a annoncé ce lundi la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. En cause : des parts détenues dans une société belge. L'intéressée dément.

Yamina Benguigui est accusée par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique d'avoir menti sur la déclaration de patrimoine que les ministres ont été contraints de rendre publique. Dans un communiqué publié lundi, la Haute Autorité évoque "un doute sérieux quant à l'exhaustivité, l'exactitude et la sincérité" des déclarations que la ministre de la Francophonie a déposées en 2012, 2013 et 2014.

Parts dans une société belge

Yamina Benguigui, réélue dimanche conseillère de Paris dans le XXème arrondissement, avait déjà été accusée par le magazine et Le Canard enchaîné de tels manquements dans l'entre-deux tours de ces municipales, mais elle avait nié.La Haute Autorité estime que la ministre n'a pas déclaré qu'elle était copropriétaire depuis 2005 d'une société anonyme de droit belge, G2, dans laquelle elle détient 20% des parts. Cette société, créée en 2000, est elle-même actionnaire à 99% de la société Bandits productions, qui a financé bon nombre des films de la ministre, qui est aussi réalisatrice. Les parts détenues par Yamina Benguigui ont été revendues en janvier dernier pour 430.000 euros, mais la ministre affirme "n'avoir perçu aucun produit de cette cession compte tenu de l'insuffisance de trésorerie de la société G2".

Trois ans de prison, 45.000 euros d'amende

Mais au-delà des sommes éventuellement cachées, c'est le principe même du mensonge qui est repréhensible et puni par la loi depuis octobre 2013. Ces "manquements" sont en effet susceptibles d'être punis de trois ans de prison, 45.000 euros d'amende et dix ans d'inégibilité, prévoit la loi  votée par le Parlement.La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique a du coup décidé de "porter ces faits, susceptibles de constituer des infractions pénales, à la connaissance du procureur de la République de Paris". Ce dernier devra décider ensuite de l'ouverture éventuelle d'une enquête. Politiquement, la place de Yamina Benguigui dans un gouvernement en phase de remaniement pourrait être menacée. Tout comme son siège de conseillère de Paris. La nouvelle maire Anne Hidalgo lui a en effet demandé de démissionner, explique son entourage. L'intéressée dément de son côté toute "fraude" ou "enrichissement personnel".