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Elections départementales : retrouvez le débat RN, PCF, ELLV organisé par France Bleu Pays Basque

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Par , France Bleu Pays Basque

Ce vendredi 28 mai, de 18h10 à 19h, France Bleu Pays Basque et Sud Ouest organisent un débat à moins d’un mois du premier tour des élections départementales avec Nicolas Cresson (RN), Dominique Mélé (PCF) et Anna Ezcurra (EELV), candidats dans les Pyrénées-Atlantiques.

Venus débattre dans Herriko Plaza, Nicolas Cresson (à gauche) et Dominique Mélé entourent Ana Ezcurra
Venus débattre dans Herriko Plaza, Nicolas Cresson (à gauche) et Dominique Mélé entourent Ana Ezcurra © Radio France - Thibault Vincent

Les élections départementales se tiendront les 20 et 27 juin prochains. À cette occasion, France Bleu Pays Basque et Sud Ouest vous proposent deux débats autour des enjeux du scrutin dans les Pyrénées-Atlantiques. Vous pouvez écouter le premier débat sur France Bleu Pays Basque dans notre émission Herriko Plaza et retrouver l'essentiel des échanges entre Nicolas Cresson (Rassemblement national), Dominique Mélé (Parti communiste) et Anna Ezcurra (Europe Ecologie Les Verts) ci-dessous. Les trois candidats sont interrogés par Thibault Vincent, pour France Bleu, et Thomas Villepreux, pour Sud Ouest.

Herriko plaza : le débat en intégralité

La solidarité

Nicolas Cresson (RN) : Une priorité ? Il faut remettre à plat les aides aux associations pour identifier celles qui sont favorables à l'immigration (NDLR, les autres candidats ont réagi à cette affirmation, voir plus bas).

Anna Ezcurra (EELV) : J'ai envie d'évoquer aujourd'hui l'angle mort qui existe pour les jeunes de 18 à 25 ans, puisque nous souhaitons mettre en place, expérimenter un revenu universel à l'échelle du département et, dans l'attente de cette expérimentation, abaisser l'octroi du RSA aux jeunes à partir de 18 ans, puisqu'on voit que la crise sanitaire, évidemment, a mis en péril toute cette génération. 

Dominique Mélé (PCF) : Aujourd'hui, 30% du RSA n'est pas distribué à des personnes qui sont censées le recevoir. Donc, il faut impérativement les informer et en plus, on demande aussi la création d'un "RSA jeunes adultes" afin qu'ils puissent avoir un filet de vie. On a un slogan qui dit “un département qui prend soin”. Des gens ont besoin d’aide, les personnes et familles, les jeunes, les populations qui vivent des choses dures. Aujourd'hui, la vie est dure. Il y a juste un besoin et le département doit remplir ce rôle. 

L'aide aux personnes âgées

Dominique Mélé : On a vraiment besoin d'une politique qui prenne en compte la question du vieillissement. On a besoin d'encore plus de personnel qualifié dans les Ehpad. On a besoin aussi de structures qui soient accessibles parce que malheureusement, tous les Ehpad ne sont pas forcément accessibles (NDLR, en termes de coût). Il faut également trouver, former les personnels pour pouvoir conserver l'accueil à domicile. Ça, ça coûte cher. Ça nécessite des moyens et des moyens de formation. Et je pense que dans ce cadre-là, le département peut mettre en place des structures publiques.

Anna Ezcurra : Nous, ce que nous proposons aussi, c'est une alternative au placement en établissement puisque nous souhaitons expérimenter des habitats partagés avec soins intégrés, des accueils familiaux spécialisés, des habitats intergénérationnels. Enfin, il y a tout un panel d'offres innovantes que nous pourrons expérimenter lorsque nous serons élus. Et il faut également accompagner les aidants. Parce que maintenant, il y a toute une frange de la population entre 50 et 70 ans ou plus, qui est amenée à aider nos aînés dans le cadre familial. Et il faut vraiment les accompagner, les soutenir, avoir une vraie politique de soutien des aidants et également de formation et de revalorisation des conditions de travail des personnels, dans toutes ces structures-là. 

Nicolas Cresson : Je pense que c'est un sujet qui fait relativement consensus, c'est difficile d'être en désaccord avec ce qui vient d'être dit. Effectivement, il y a un gros problème sur le département, il y a un maillage qui est encore trop faible. Il faut effectivement renforcer les aides. Il faut soutenir les personnels. Et évidemment que nous, on est favorable à ce type de mesures.

L'hébergement d'urgence et l'accueil des migrants

Samedi 22 mai, le corps sans vie d'un jeune migrant a été découvert dans la Bidassoa à Irun. Le même jour, un autre jeune homme a été sauvé in extremis. Ces deux drames ont suscité une vive émotion au Pays basque. En 2014, 68 jeunes migrants avaient sollicité un hébergement d’urgence auprès du département, ils étaient 317 en 2018.

Nicolas Cresson : Il faut remettre à plat les aides aux associations pour identifier celles qui sont favorables à l'immigration. Il s'agirait d'identifier celles qui sont "immigrationnistes". Il n'y aurait pas grand-chose qui changerait pour les autres. Nous, on estime que cet argent pourrait être mieux utilisé que pour subventionner ces associations-là. On pense par exemple qu'il est anormal, par exemple, que ce soient les mêmes associations qui s'occupent de l'hébergement et de l'accompagnement des mineurs non accompagnés que celles qui s'occupent de leur évaluation. Ça me paraît assez incohérent. Ça a d'ailleurs été pointé dans certains départements par la Chambre des comptes. Donc ça par exemple, mais ça n'est plus possible. 

Dominique Mélé : Quand j'entends qu'on doit faire des choix sur les associations, je pense qu'au contraire, on doit justement donner des moyens à ces associations de fonctionner, y compris et surtout quand elles reçoivent un public comme les jeunes migrants qui n'ont pas vraiment le choix de vie. Donc, on a besoin et ils ont besoin de ces solidarités.  

Anna Ezcurra : Pour nous, le fait de renforcer les moyens du département sur l'aide et l'hébergement des mineurs non accompagnés fait partie des priorités. Renforcer ces moyens, que ce soit au niveau de la protection de l'enfance et également des mineurs non accompagnés qui en ont grandement besoin, on a vu qu'il y a un très, très jeune majeur qui est mort encore la semaine dernière, qu'on a retrouvé dans la Bidassoa. Moi, je pense qu'on ne peut pas tenir ce genre de propos aujourd'hui, on aura des comptes à rendre à l'histoire, ça, c'est certain.

Le tourisme 

L’agence départementale sur le tourisme

Dominique Mélé : Je pense que le tourisme aujourd'hui, c'est une économie, certes, mais en même temps, il ne faut pas que ça devienne non plus la seule économie possible. Je pense qu'il faut que le département garde qu'on garde cette compétence, et qu'on fasse la promotion, qu'on favorise aussi autre chose que ce qu'ont pu devenir certains endroits au Pays basque, que ce soit sur la côte ou ailleurs : du tourisme réservé à une certaine classe sociale. On est sur les lois du marché, de l’offre et de la demande, mais il faut valoriser les structures que nous avons et promouvoir aussi ce qu'on appelle le tourisme social qui est accessible. 

Nicolas Cresson : Je pense qu’il faut prolonger le 64 à 64 euros, une opération votée par le conseil départemental dans le cadre de la crise sanitaire. On n’est quand même pas hyper impactés en termes de manque de réservations sur le Pays basque et le Béarn, parce qu'on est une région qui est très belle et très attractive. Maintenant, il faut continuer de soutenir le tourisme dans les Pyrénées Atlantiques. C'est 10% du PIB, donc je pense que ces gens-là, il faut les aider. Il faut surtout les aider à aller vers la modernité, vers la digitalisation. Je pense qu'il faut rentrer effectivement profondément dans les terres et développer un tourisme beaucoup plus rural. Aider tout ce qui est gîtes fermes aussi. 

Anna Ezcurra : Je pense qu'il faut, il faut vraiment le département ou l'agglomération, en tout cas un chef de file identifié avec une politique cohérente. A l'échelle des différentes strates territoriales, c'est une cacophonie la plus totale puisqu'on voit que la région a une compétence en matière touristique. Il faut arrêter d'avoir des tracés exclusivement littoraux. Nous voulons vraiment passer d'un tourisme de masse à un vrai écotourisme. Voilà donc quoi vous parliez tout à l'heure de l'initiative du département, qui est une bonne initiative pendant le Covid qui a été mis en place l’année dernière avec un chèque de 64 euros. Nous souhaitons l'étendre en le fléchant vers un écotourisme. 

L’aménagement de la Rhune 

Nicolas Cresson : Je pense qu'il faut trouver des solutions pour réguler la masse de personnes qui se trouvent à cet endroit-là pour essayer d'être un peu moins gênant. Mais non, il ne faut pas arrêter. Il faut poursuivre. Il faut moderniser. Il faut engager des fonds. Ça fait partie de notre patrimoine et en plus, on sait, c'est important. Il faut continuer, évidemment.

Anna Ezcurra : La question, c'est "Est-ce qu'on veut faire de la Rhune un parc d'attractions ?" Là, il faut aussi repenser globalement tous les impacts que ce genre d'infrastructures ont, et notamment les impacts environnementaux, au-delà du tourisme de masse. En tout cas chez Europe Écologie-Les Verts, ce n'est pas la vision que l'on porte. Le tourisme est aussi rural, il n'est pas cantonné à la montagne. Il y a d'autres sentiers, d'autres lieux culturels à découvrir et à faire découvrir. Clairement, non, on n'est pas dans cette ligne du tout. Effectivement, il faut réguler les flux. Et je ne suis pas sûr que faire un belvédère ou les infrastructures, en tout cas, qui étaient prévues à ce niveau-là soit la bonne façon de réguler le tourisme. 

Dominique Mélé : Pour y aller assez souvent, le premier arrivé se gare, les autres font ce qu'ils peuvent. Et malheureusement, c'est compliqué de réguler. Je ne suis pas du tout pour que ce projet qui est encore en discussion, apparemment, soit développé. Je pense que c'est un site naturel. Il faut impérativement régler le problème. Mais on arrive à des aberrations. Bientôt, on va commencer à parler de parking payant. Je crois qu'aujourd'hui, la randonnée, entre autres, a pris un essor important et je pense que les gens ont besoin aussi de d'extérieur, de se promener. Je suis assez d’accord avec ce que dit Anna Ezcurra, dans le département, il n'y a pas que la plage, il n'y a pas que la rando. Il y a tout un tas de choses autour à proposer. Après, sur ce projet-là : non. 

Internet, la fibre, et la fracture numérique 

Anna Ezcurra : Nous, ce qu'on propose, au-delà du développement de cette fibre 64, c'est un véritable accompagnement des usagers puisque cette fracture numérique ne se cantonne pas à l'accès à la fibre, mais également à son usage. Avec le temps va se développer l'utilisation de la e-santé, de la e-médecine, donc nous on propose un véritable accompagnement dans les usages. 

Dominique Mélé : On voit bien la casse qu'il y a eu dans la ruralité au niveau des services publics, que ce soit notamment les poste, les districts d'EDF, les perceptions cantonales, les commissariats de territoires. C'est très compliqué et je crains aussi que l'installation de la fibre. Je reviendrai plutôt que la fibre sur le côté social des choses. Sur la mise en place de cette fibre, il y a un scandale quand même à travers le département qui a délégué la mise en place de la fibre à des sous-traitants. 

Nicolas Cresson : Je suis chef d'entreprise dans le e-commerce, donc je connais assez bien le sujet. Pour moi, le développement de la fibre, c'est quelque chose de primordial. En effet, je l'ai vu lors de mon installation, alors j'ai pas mal déménagé et je me suis pas mal éloigné de la région paloise au fur et à mesure. Et je suis rentré justement plus dans la ruralité. Et là, on s'est bien rendu compte assez vite du problème. Mais moi, la qualité de la connexion Internet, de par ma profession, c'était un critère de choix aussi par rapport au village où j'allais vivre. Donc, c'est très problématique. Je suis content que le conseil départemental s'en soit saisi. Maintenant, je regrette que ça a été fait aussi tard, que ça n'ait pas été fait suffisamment bien, voire pas du tout. 

Je ne pense pas que ce soit nécessaire d'augmenter le budget parce que si on regarde le coût du déploiement, on est sur 448 millions ou quelque chose comme ça, qui, au final, est grosso modo pris en charge par SFR. Le département participe à hauteur de 40 millions. Il y a un intérêt économique pour SFR là dedans. Leur donner plus d'argent, je ne suis pas sûr que ça fasse avancer plus les choses, j'ai l'impression qu'ils sont déjà au maximum de leurs capacités.

L’équipement des collégiens pour l’enseignement à distance

Nicolas Cresson : Sur le budget qui vient d'être voté ou qui est en discussion, sur l'équipement des collégiens, on est sur l'équivalent d'une vingtaine d'euros par jour pour l'équipement informatique. Il faudra m'expliquer ce qu'on fait avec 20 euros en équipement informatique, pas grand-chose. Il va falloir équiper les collégiens, c'est à la charge du Département. Quand vous êtes une famille modeste, acheter un ordinateur, c'est mission impossible. Les moins chers ? Vous êtes entre 300 et 400 euros. Il faut aider aussi les professeurs dans la mesure de nos possibilités. A l'heure actuelle, on a encore beaucoup de professeurs qui ne sont eux-mêmes pas à l'aise avec le développement numérique. Donc ça n'aide pas non plus à ce que ce soit accepté par les chefs d'établissement. 

Anna Ezcurra : Ce qu'on prône, c'est de doter chaque collégien, lors de son entrée au collège, d'un outil numérique, que ce soit une tablette ou un ou un ordinateur. Puisqu'on l'a vu pendant le confinement, on a retrouvé des familles qui étaient complètement en décrochage puisqu'il y avait un ordinateur à partager pour toute la famille. Donc, ça c'est une priorité pour l'égalité d'accès à l'éducation. 

Dominique Mélé : Bien sûr, il faut doter les collégiens. On le propose depuis longtemps, d'ailleurs, le département des Landes le fait depuis longtemps. Et on pense aussi qu'il faut qu'on donne les moyens d'accès à la culture avec un "chèque culture" pour les élèves qui leur permet d'avoir accès à la culture et au sport. 

La stratégie, les alliances 

Anna Ezcurra : On ne nous a pas imposé une ligne de conduite uniforme à l'échelle de tout le territoire. On est partis d'abord d'une alliance de projet. Qu'est ce qu'on voulait présenter aujourd'hui comme programme aux électeurs ? Et comment ? Comment on parvenait à construire ce projet ? Je vais prendre un exemple : à Biarritz, vous avez trois listes de droite qui ont des programmes extrêmement similaires et pourtant qui sont candidats. Je ne saurais pas forcément pointer aujourd'hui leurs différences. On est les seuls à gauche à Biarritz, soutenus par Europe Écologie-Les Verts.

Dominique Mélé : On a discuté, on s'est rencontrés jusqu'au dernier moment. Bon, il n'y a pas eu la possibilité de s'entendre. Nous, on pense que l'enjeu, effectivement, c'est de se rassembler. Il faut absolument que cette majorité change. Alors, je ne dis pas qu'on n'a pas des différences, mais c'est vrai qu'il y a des endroits où peuvent apparaître des contradictions, alors que globalement, on va défendre ou porter pas mal de choses identiques, notamment sur le social et sur la volonté de faire avancer ces questions sociales. Sur Hendaye, par exemple, on va se retrouver face à une liste qui s'appelle l'Union de la gauche, c'est un peu compliqué. 

Nicolas Cresson : Personnellement, je sens déjà la poussée aussi dans le Sud-Ouest, effectivement moins forte que dans le Sud-Est, mais elle est là aussi. Les scores aux différentes élections le montrent. On est quand même, grosso modo, en progression. Et surtout, on a une base qui est très stable. Toutes élections confondues, la base des électeurs inscrits est quand même très stable. Qui vote pour nous maintenant ? Qu'est ce que ça pourrait changer ? Je pense qu'il est important, effectivement que dans la majorité actuelle - mais la gauche était aux manettes quelque temps avant aussi - il est important d'amener un regard neuf et extérieur, plus critique peut être, sur ce qui est fait. 

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