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Politique
Dossier : Les élections européennes 2019

Élections européennes : ce qu'il faut retenir du vote de ce dimanche

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Les Européens ont élu ce dimanche leurs députés européens. Au-delà des résultats français, qui placent le RN en tête (23,31%) devant la liste de La République en marche (22,41%) et celle des Verts (13,47%), que faut-il retenir de ce vote ?

Le parlement européen, à Strasbourg.
Le parlement européen, à Strasbourg. © AFP - PATRICK HERTZOG

Paris, France

En France, le Rassemblement national a remporté les élections européennes de dimanche en France, 0,9 point devant la liste La République en marche et Europe Écologie Les Verts. Des résultats à mettre en perspective avec le choix des électeurs dans les autres pays européens concernés par l'élection. Quels sont donc les grands enseignements de ce scrutin ? 

Une participation en forte hausse

Les observateurs annonçaient une abstention massive. Or il s'avère que les électeurs européens se sont massivement rendus aux urnes ce dimanche : en France, la participation est de 50,12%, soit près de huit points de plus qu'en 2014. Selon les chiffres fournis par le Parlement européen en fin de soirée, la participation atteindrait 51% dans 27 pays de l'Union, contre 42% lors de la dernière consultation en 2014. C'est le taux le plus élevé depuis 1994.

En Allemagne, la participation a bondi de 11 points par rapport à 2014 à 59%. Dans plusieurs pays, la tendance est la même : autour de 35% en Espagne contre 24 % en 2014, 15% en Pologne contre un peu plus de 7%, ou encore 17% en Hongrie contre 11,5% au dernier scrutin européen.

La poussée contenue des populistes et eurosceptiques

Malgré les victoires du parti de Marine Le Pen en France,de celui de Matteo Salvini en Italie environ 30%) et de Nigel Farage au Royaume-Uni (31,5%), la poussée eurosceptique attendue semble avoir été contenue. 

En France, le Rassemblement national arrive en tête avec 23,31% . C'est moins qu'en 2014 (24,9%), mais devance la liste de la majorité présidentielle (22,41%). Dimanche soir, le RN a appelé à la "constitution d'un groupe puissant" au Parlement européen, réunissant les formations eurosceptiques, des forces hétéroclites qui jusqu'ici n'avaient pas réussi par le passé à se fédérer. Marine Le Pen espère fédérer une large alliance de partis nationalistes, eurosceptiques et populistes. Leur groupe parlementaire, l'ENL, est crédité de 58 sièges contre 37. Mais il semble difficile d'envisager aujourd'hui un rapprochement entre des groupes très différents, aux divergences parfois profondes.

En Allemagne, si la coalition d'Angela Merkel au pouvoir reste en tête, l'AFD d'extrême droite atteint son objectif avec 10,8% (7,1% en 2014). En Hongrie, le parti souverainiste Fidesz du Hongrois Viktor Orban arriverait largement en tête, crédité d'une victoire écrasante avec 56% des suffrages, devançant de plus de 45 points l'opposition de centre-gauche et d'extrême droite, selon les estimations. Dans les pays du Nord de l'Europe, le parti des Vrais Finlandais progresse mais pas autant que les sondages l'anticipaient. En Suède, le parti des Démocrates de Suède enregistre une forte hausse, passant de 9,67% en 2014 à 16,9%.

La percée des écologistes

C'est en Allemagne que les écologistes font la percée la plus remarquable. Les Verts allemands ont quasiment doublé leur score à 20,9% (contre 10,7% en 2014) et arrivent deuxième du scrutin. Une poussée également nette en France où la liste Europe-Ecologie Les Verts devient la troisième force du pays, rassemblant de 13,47% des voix contre 8,9% en 2014, devant la droite classique des Républicains (8,48%). En Finlande, les Verts sont la formation qui a le plus progressé avec 15,1% des voix.

Quelle majorité à Strasbourg ?

Selon des projections actualisées dans la nuit de dimanche à lundi du Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE, droite pro-européenne) reste, avec 179 sièges, contre 216 actuellement, la première force de l'hémicycle. Les sociaux-démocrates (S&D) sont le deuxième parti du Parlement à l'issue du scrutin, avec 150 sièges (contre 185). Si le PPE et les sociaux-démocrates (S&D) restent les deux principales formations de l'hémicycle européen, ils perdent leur capacité à réunir à eux seuls une majorité pour faire passer des textes législatifs. C'est la fin d'une époque, et ces résultats laissent augurer de longues tractations dans la course désormais ouverte aux postes clés des institutions européennes. Les deux partis devront composer avec les écologistes, qui grimpent de 52 à 70 sièges, grâce à leurs bons résultats en Allemagne et en France, et les Libéraux (Alde), dont le parti du président français Emmanuel Macron, qui obtiennent 107 sièges contre 69 actuellement.

En France, la recomposition de la scène politique confirmée

En France, le premier scrutin intermédiaire depuis le début du quinquennat a confirmé le duo de tête attendu et acté la recomposition de la scène politique enclenchée lors de la présidentielle de 2017. En arrivant en deuxième position derrière le Rassemblement national, Emmanuel Macron perd son pari. Mais malgré les appels de Marine Le Pen à dissoudre l'Assemblée nationale, la majorité a écarté l'idée de tout changement de cap. Exprimant sa "détermination à poursuivre le rassemblement des forces de progrès de notre pays, à préparer l'avenir de notre pays", Édouard Philippe a prévenu qu'il serait "dès lundi à pied d'oeuvre pour poursuivre le projet du président et de la majorité", voulant faire taire les rumeurs sur son départ de Matignon et un remaniement imminent.

"Les anciens clivages ne sont plus" - Édouard Philippe

Le reste de l'échiquier politique est en chantier. Le PS et LR, qui ont gouverné alternativement la France pendant plus de 35 ans (1981-2017), dépassent à peine les 15% cumulés ce dimanche. "Les anciens clivages ne sont plus", a commenté Edouard Philippe.

La droite française à reconstruire 

Parmi les surprises de ce scrutin, le crash des Républicains de Laurent Wauquiez (8,48%), avec le pire score de l'histoire de la droite (8,48%), très loin du résultat de l'UMP en 2014 (20,81%). "La droite traverse une crise profonde, tout est à reconstruire", s'est désolé la tête de liste François-Xavier Bellamy. Cette reconstruction "sera longue et exigeante", a reconnu le patron du parti, Laurent Wauquiez, fragilisé. La présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse a appelé, ce lundi matin, à la démission de Laurent Wauquiez, dont la ligne droitière est contestée.

Mornes scores pour la gauche PS et les Insoumis 

L'alliance Parti Socialiste-Place Publique recueille 6,19%, là aussi son plus mauvais score à des européennes, mais qui lui permet au moins de garder des eurodéputés, ce qui était la priorité N.1. Son premier secrétaire Olivier Faure, qui a appelé dimanche soir au rassemblement de la gauche, prévoit de contacter dès ce lundi les autres partis, y compris Benoît Hamon, l'ancien candidat à la présidentielle PS, tenu en échec dimanche. 

Les mines étaient lugubres aussi chez La France insoumise (6,31%), qui termine très loin des 19,58% de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. "Très décevant", a jugé ce dernier, le visage sombre.

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