Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

ANALYSE - "Impossible de tirer des enseignements politiques viables avec une telle abstention"

-
Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

L'abstention, la razzia de la droite, le recul du Rassemblement National, l'échec de LREM, les écologistes leaders d'opposition à la région : France Bleu balaie les enseignements de ces départementales et régionales avec Aurélien Antoine, spécialiste de la vie politique locale.

Laurent Wauquiez, symbole d'une droite triomphante en AURA.
Laurent Wauquiez, symbole d'une droite triomphante en AURA. © Maxppp - Richard MOUILLAUD

France Bleu Saint-Étienne Loire : L'élément marquant de cette élection, au delà des résultats, c'est une nouvelle fois l'abstention. Il n'y a pas eu de sursaut de participation entre les deux tours. Qu'est ce que cela signifie pour la suite ?

Aurélien Antoine, politologue : Cela signifie beaucoup de choses. On est dans le prolongement de ce que l'on a constaté lors d'élections précédentes. Il faut se souvenir que les élections municipales de l'année dernière n'avaient pas énormément mobilisé par rapport à ce que l'on constate traditionnellement dans ce type de scrutin. Donc, on poursuit sur cette voie. Ce qui est inquiétant c'est que ça laisse beaucoup d'incertitudes. Fondamentalement, il est impossible de tirer des enseignements politiques viables avec une telle abstention. Néanmoins, en les recroisant avec notamment la débâcle de la gauche dans la Loire, on peut se dire, peut être, que l'électorat de gauche ne s'est pas mobilisé. Il ne faut pas oublier que l'année prochaine, les élections législatives se déroulent dans des circonscriptions locales et cela pose des questions quant à l'issue de ce type d'élection l'année prochaine, plus que la présidentielle.

Vous vous parliez de la débâcle de la gauche sur la départementale. Vous même, observateur de la vie politique dans le département de la Loire, vous avez été surpris de l'ampleur de la victoire de la droite dans la Loire.

En voyant les résultats au niveau de la région avec une prime au sortant, on pouvait s'attendre effectivement à un jeu de vases communicants. En quelque sorte, ça se répète au niveau départemental. Mais c'est vrai que là, on en est arrivé à un point qui a pu surprendre un petit peu.

Est-ce que vous liez ce succès de la droite aux départementales à celui de Laurent Wauquiez ? Concrètement, quand on met un bulletin pour la droite aux régionales, dans le bureau d'après on met peut être aussi un bulletin pour la droite aux départementales.

Oui, c'est logique. On voit mal quelqu'un voter Laurent Wauquiez, puis aux départementales voter à gauche. D'autant que la répartition des compétences entre les deux n'est pas forcément claire dans l'esprit des gens. La classe politique n'ayant absolument pas d'ailleurs éclairci cette lisibilité des compétences en nationalisant très fortement le débat.

Autre enseignement, c'est la faiblesse aujourd'hui du Rassemblement National, notamment dans le département de la Loire, avec deux élus seulement au conseil régional, 0 au conseil départemental. Ça faisait longtemps que ce parti n'avait pas été aussi morne.

On y voit peu-être un effet paradoxal de la volonté politique au sein du parti d'en faire un parti normal.  D'une certaine façon il connaît les mêmes affres que les autres partis dits "normaux", qui veulent moins se placer à l'extrême. Il suscite un désengagement. On se retrouve face à un ras le bol global, dans un contexte où, sans doute, les électeurs ont aussi vu qu'il y avait peut être des choses plus importantes que ces guerres dans les partis. La nationalisation du débat a aussi beaucoup fait pour que les gens se désintéressent de ce scrutin. Y compris pour les extrêmes.

Est ce que, justement, ce résultat du Rassemblement National vient fissurer ce duel qu'on annonce déjà à l'avance entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen d'ici quelques mois ?

On a beaucoup d'incertitudes en ce qui concerne les législatives, même si la présidentielle juste avant crée une dynamique en faveur du candidat qui l'a emporté. Il va falloir quand même se méfier parce qu'il n'y a pas du tout d'ancrage local de la République en marche. Élection locale après élection locale, c'est un échec. Et voter voté pour ce parti avec des représentants qui n'ont pas brillé au Parlement. En ce qui concerne le Rassemblement National, il n'a pas réussi les prises lors des scrutins intermédiaires. C'est vraiment un fort échec. Il est très difficile de dire si ça va avoir un effet sur un scrutin national comme la présidentielle ou cela se joue beaucoup sur la personne. En revanche, pour les législatives, je pense qu'il y a un peu plus d'incertitudes.

Un mot sur cette singularité dans notre région. L'opposition au conseil régional menée par les écologistes. Cela confirme que notre région a cet ancrage fort et la dynamique se poursuit.

J'y vois deux raisons. Effectivement, les écologistes sont aux affaires dans des grandes aires géographiques de la région, notamment à Grenoble, à Lyon et à la métropole de Lyon. Il y a évidemment des critiques mais malgré tout, la gestion a lieu. Ce n'est pas le chaos qui a pu être annoncé par les adversaires des écologistes. On a des terres aussi agricoles, je pense notamment dans la Drôme, à un fort développement de l'agriculture raisonnée et biologique. Et puis surtout, il y a certains candidats écologistes qui ont une très bonne connaissance des dossiers sur les questions régionales. Les écologistes ont montré qu'ils étaient très ancrés dans le territoire, donc d'une certaine manière il n'y a pas vraiment de surprise à voir cet ancrage se poursuivre cette année.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess