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Elections municipales à La Souterraine : candidats et enjeux

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Par , France Bleu Creuse

Du jamais vu ou presque... il y a trois listes en concurrence à l'élection municipale de La Souterraine. Le maire, Jean-François Muguay, ne se représente pas. L'économie et la sécurité alimentent la campagne.

 L'église de La Souterraine, l'un des grands chantiers de l'actuelle mandature
L'église de La Souterraine, l'un des grands chantiers de l'actuelle mandature © Radio France - Sarah Vildeuil

Trois listes s'affrontent pour conquérir La Souterraine, deuxième commune la plus peuplée de la Creuse (5 207 habitants). Le maire sortant Jean-François Muguay ne se représente pas, mais les trois têtes de liste ne sont pas des inconnus loin s'en faut.

La gauche s'appuie sur le secrétaire départemental du Parti Socialiste. Quant à l'opposante Brigitte Jammot, sympathisante LR, elle tentera sa chance pour la troisième fois. Le traditionnel clivage gauche-droite, qui avait cours depuis plus de 20 ans, est bousculé par la candidature d'une liste citoyenne, emmenée par Bernard Allard, un ancien acteur économique.

Dans la deuxième ville la plus peuplée du département (5207 habitants au dernier recensement), des candidats proposent d’installer des caméras de surveillance, mais les principaux défis sont économiques. Des habitants se désolent du manque du dynamisme : "Le centre-ville est un peu vide, il y a trop de supermarchés comme dans toutes les villes de France, et après les maire se plaignent." "C'est pour çà que les gens vont faire leurs courses ailleurs, dans les grandes villes où il y a plus de choix."

"Les jeunes (Sostraniens) préfèrent tous aller dans les grandes villes"

Pour Corinne, qui tient une boutique de prêt-à-porter féminin rue Saint-Jacques : "J'ai une belle clientèle, mais il y a une inquiétude par rapport à la conjoncture, et aussi je pense à une population qui disparaît. Il y a moins de gens."

Corinne croit percevoir un appauvrissement général. Le chômage ne recule pas, et la population de La Souterraine baisse et vieillit. "Les gens ne veulent pas forcément rester ici, raconte Solène, serveuse dans un bar. Ils préfèrent tous aller dans les grandes villes. Avant je travaillais dans une boite de nuit à Limoges et je rencontrais beaucoup de jeunes de La Souterraine. Ils me disaient qu'ils voulaient partir, qu'ils n'aimaient pas çà."

Le pôle design du lycée Raymond Loewy attire des étudiants de toute la France, mais dans leur très grande majorité ils quittent La Souterraine une fois leur diplôme en poche.

A l’orée de la soixantaine, Pascal, un ancien de l’usine GM&S, se retrouve sur une voie sans issue. "Je suis toujours à la recherche d'un emploi. Je suis des formations, j'ai fait des forums avec Pôle Emploi, mais au bout il n'y a rien de concret."

Des caméras de surveillance à La Souterraine, vraiment ?

Dans ce contexte social assez morose, la délinquance s’invite dans la campagne. Des candidats veulent installer des caméras de surveillance dans la ville. _"Moi je suis pou_r, dit cette septuagénaire. Avec tout ce qu'on voit, tout ce qu'on entend, tout ce qui se promène la nuit, moi je suis pour. On a eu des voitures voitures volées, on a des vols, toute la nuit on a des gens qui se promènent. Il y a seulement dix ans, je descendais toute seule à pied en ville, maintenant je descendrais pas."

"On est quand même beaucoup plus en sécurité que dans les grandes villes, dit celui-ci. Il y a eu des petites histoires, oui, des voitures brûlées, mais c'est pas d'une importance capitale."

"Pourquoi pas, dit encore cette sexagénaire. Si on n'a rien à se reprocher, pourquoi pas ?"

Le futur maire de La Souterraine aura deux dossiers centraux à gérer, en lien avec la communauté de communes : l’installation d’entreprises dans la future zone économique de La Prade, le long de la Nationale 145, et la construction d’une maison de santé sur le site de l’ancienne piscine.

Etienne Lejeune, l'héritier

Etienne Lejeune est l'actuel premier adjoint au maire, secrétaire départemental du PS.  

"On est à la fin d’un cycle, d'abord sur le plan économique et social. 200 emplois ont été détruits chez GM&S, ça se répercute sur l’économie et sur la démographie... c'est la fin d’une époque fastueuse sur la Souterraine. En même temps, tous les grands investissements réalisés par l'ancien maire Yves Furet arrivent à échéance. Il ne reste plus que la future maison de santé à payer. On entame un nouveau cycle. C'est aussi la fin d'un cycle politique" 

Etienne Lejeune poursuit  "Jean-François Muguay, élu depuis une trentaine d’années, arrête, tout comme Isabelle Mazeirat et Guy Dumignard. Je suis socialiste, mais notre liste est largement renouvelée, avec des gens qui ne sont pas encartés, et pas toujours d’accord avec moi sur le plan politique mais qui se retrouvent sur mon projet municipal. 27 des 29 participants de la liste n’ont pas d’étiquette politique. On a de nouveaux défis à relever" explique le premier adjoint qui brigue désormais le fauteuil de maire.

"Sur le plan de l'écologique, on veut revégétaliser la ville et promouvoir les circuits courts. Sur le plan industriel, il y a deux projets concrets devant nous : un agrandissement et une création d'entreprise... ça représenté une cinquantaine d’emplois. Aujourd’hui il y a une demande de participation citoyenne, on va le prendre en compte pour faire avancer nos projets." promet-il 

Brigitte Jammot, l'opposante historique

Brigitte Jammot est l'opposante historique, élue conseillère municipale depuis 2008.  

"Les mandats précédents, dans l’opposition, n'ont pas servi à rien. J’ai la faiblesse de penser qu’un certain nombre de nos remarques ont été prises en compte. Nous ne venons pas de nulle part,  je suis sympathisante Les Républicains mais la liste est large, du centre gauche à la droite républicaine."

"Notre ligne n’est pas de dire que rien n’a été fait, mais que beaucoup reste à faire, en termes de développement économique, d’emploi d’accueil de populations nouvelles, et de services à la population."

"Notre première thématique, c'est de donner envie aux gens de s’installer à la Souterraine, d'améliorer l’attractivité de la ville. Ça passe par le cadre de vie, l'urbanisme et la sécurité. Il y a plusieurs années, je me suis positionnée pour la vidéo-protection. il est aussi question d'améliorer la propreté de la ville, la voirie notamment les entrées de ville, de redéfinir les sens de circulation, de travailler sur la cohabitation entre voitures et piétons… et de faire des trottoirs."

"Je veux assurer la transition écologique. Ce doit être l’alpha et l’oméga de tout chantier en centre-ville." explique Brigitte Jammot. "J’ai envie que La Souterraine devienne une ville branchée à la campagne. On peut parfaitement imaginer que des gens qui en ont marre de la ville puissent s’installer, faire du télétravail. On a un lieu qui s’appelle « L’Ampoule », mais tout ça est un peu disséminé et je pense qu’il faut un pôle fort en ville, où les gens puissent s’installer, travailler, même provisoirement."

"Et puis on a un important parc immobilier, pas toujours en très bon état. Je pense qu'il faut mener un audit pour évaluer ce patrimoine, et voir s'il existe des reconversions possibles, au moins pour une partie de ces biens."

Symbôle des ex-GM&S en lutte
Symbôle des ex-GM&S en lutte © Radio France - Olivier Estran

Bernard Allard, l'ancien de la Socomec

Bernard Allard est l'ancien directeur de la Socomec, l'ancêtre de GM&S Industry (aujourd'hui LSI). Il est à la tête d'une liste, "Nouvelle Dynamique Citoyenne",  qui se veut totalement apolitique.  

"Politiquement on n'est nulle part, on n’a pas d’approche politique. On veux juste recréer un vrai mouvement citoyen, et c’est possible dans une ville de cinq mille habitants. Dans la liste il y a des gens qui travaillent dans le social, des chefs d'entreprise, des artisans, des retraités et des enseignants. Aujourd'hui le rapport humain est mis de côté, c'est le "système" qui décide. En discutant autour de moi j'ai constaté qu'il y avait un fossé entre les gens et ceux qui prennent les décisions." assure l'ancien chef d'entreprise. 

"Contrairement à l'image que certains veulent donner de La Souterraine, c'est une ville où il n'y a plus de dynamique. Il y a une grande différence entre les discours et la réalité. La population diminue, on perd en moyenne 66 personnes par an, la courbe de mortalité a croisé celle de la natalité, il n'y a plus de jeunes. On a 400 logements vides, 511 personnes vivent en-dessous du seuil de pauvreté. " observe Bernard Allard. 

"Depuis qu'il y une formation "design" au lycée Raymond Loewy, aucun jeune diplômé ne s’est installé à La Souterraine. On peut aider les jeunes à s’installer. C'est intéressant parce que ce sont des emplois qualifiés."

"On souhaite mettre en place une police municipale, type garde champêtre à l'ancienne. On veut promouvoir les circuits courts. A La Souterraine, on sert environ 1600 repas par jour, dans les lycées et les Ehpads, mais c'est de la nourriture industrielle, pas saine. La mairie possède plus de 50 hectares qui ne servent pas, il faut installer des jeunes agriculteurs, avec des aides financières." 

Les élections municipales ont lieu le 15 et 22 mars prochain.
 

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