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Municipales à Gournay-en-Bray : les candidats aux élections face au défi de l'emploi

A moins de deux semaines des élections municipales, France Bleu vous propose une série de reportages réalisés dans plusieurs villes. On vous emmène ce lundi à Gournay en Bray, ville de 6.000 habitants en Seine Maritime où le chômage est deux fois plus élevé que la moyenne départementale.

Florence Legendre (divers gauche) et Eric Picard (divers droite) sont têtes de liste aux élections municipales de Gournay en Bray.
Florence Legendre (divers gauche) et Eric Picard (divers droite) sont têtes de liste aux élections municipales de Gournay en Bray. © Radio France - Anne Bertrand

Aïcha et Fatima attendent le bus pour Rouen. Les deux jeunes femmes ont quitté la région parisienne et elles apprécient la tranquillité de Gournay en Bray, surtout avec des enfants. Elles n'ont qu'un regret : "Il manque le travail. Et les transports aussi". Voilà justement le bus qui arrive. Pas question de le rater, il n'y en a que trois dans la journée qui vont à Rouen.  

Le problème de Gournay en Bray, c'est sa situation enclavée à l'est de la Seine Maritime, loin des autoroutes et des grands centres urbains. Le travail, il faut aller le chercher. Comme le souligne le cordonnier de la ville, Daniel Bottrel : "Il y en a qui vont sur Paris, Rouen ou Beauvais. Les gens font de la route, ils sont courageux quand même". Il faut une heure en effet en voiture pour faire les 50 kilomètres entre Rouen et Gournay en Bray.  

Le taux de chômage à Gournay est de 16%. C'est deux fois plus que la moyenne en Seine Maritime. Et pourtant, la ville est considérée comme la capitale économique du Pays de Bray.  On compte trois grosses entreprises dans le secteur : le sous traitant automobile Autoliv, le fabricant d'adjuvants pour béton Sika et l'usine de yaourts Danone. Mais Gournay en Bray est tributaire de leur bonne santé économique, comme l'explique le maire divers droite Eric Picard : "Ayant une main d’œuvre très ouvrière, lorsque l'emploi dans ces grandes entreprises n'est plus au rendez vous, les ouvriers trinquent tout de suite car on dégraisse". Il y a eu une centaine de licenciements à Sika en 2010, idem à Autoliv en 2014. Aujourd'hui ces entreprises vont mieux mais dans les rues de la ville, où de nombreux commerces sont fermés, on entend souvent ce même refrain : Gournay n'est plus "le joli bourg" qu'il était.  

Les candidats avouent ne pas pouvoir grand chose contre le chômage

Mais que peut le maire pour l'emploi? Sur ce point, les deux candidats aux élections municipales sont d'accord. "Je ne pourrai pas faire de miracle malheureusement", avoue Florence Legendre, candidate divers gauche, adjointe de l'ancien maire Jean Lou Pain pendant quatorze ans. Même constat d'impuissance chez son adversaire, Eric Picard, candidat à sa réélection : "Le maire de Gournay tout seul ne peut rien faire". Il rappelle au passage que c'est la communauté de communes qui est en charge du développement économique. Et l'objectif de celle ci, c'est de développer des formations au plan local. C'est ainsi qu'une formation d'aide à la personne est proposée depuis septembre dernier à Gournay même, en partenariat avec la Région Normandie.  La communauté de communes des 4 Rivières réfléchit aussi à la création d'un lieu, exclusivement dédié à la professionnalisation.  

Car l'absence de formations est un réel problème à Gournay en Bray. Il n'y a pas de lycée dans cette ville de 6.000 habitants et les jeunes s'en vont. Emma n'a pas 18 ans mais elle sait déjà qu'elle ne restera pas ici : "Il n' y a pas ce que je recherche [elle veut travailler dans les ressources humaines]. Le plus souvent, les jeunes s'en vont sur Rouen ou la région parisienne"

Il n'y a pas d'agence Pôle Emploi à Gournay en Bray

Quant à ceux qui restent à Gournay, le taux de chômage des 15-24 ans dépasse les 25%. L'agence Pôle Emploi se trouve à vingt kilomètres de là, à Forges les Eaux, et pour les chômeurs qui n'ont pas le permis ou pas de voiture, c'est compliqué de s'y rendre, note Florence Legendre : "Avec l'équipe précédente, on avait mis en place un système de navettes. On emmenait les gens en minibus à Forges pour leur rendez vous. C'est une chose qui malheureusement a été supprimée et je trouve que c'est un peu dommage d'avoir supprimé ce service public." Réponse du maire Eric Picard : "Il faut que Mme Legendre reprenne un peu ses fiches. Pôle Emploi travaille maintenant totalement en dématérialisé et les rendez vous sont quasi inexistants". 

Aucun grand projet routier ne pointe à l'horizon, Gournay en Bray continuera à faire avec sa situation géographique enclavée.  Mais la ville peut compter sur les idées et la solidarité de ses habitants.  Par l'intermédiaire de l'association Autosages, des personnes âgées mettent leur voiture à disposition des Gournaysiens qui n'en ont pas pour un euro par jour. "Notre engagement, lit-on sur le site internet, faire le maximum avec nos petits moyens". Ça sonne comme un slogan de candidat aux élections municipales de Gournay.

Ecoutez le reportage à Gournay en Bray d'Anne Bertrand

Les municipales 2020 à Gournay-en-Bray.
Les municipales 2020 à Gournay-en-Bray. © Radio France - Jade Peychieras
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