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Politique

Emission spéciale : comment Jean-Claude Boulard a transformé la ville du Mans

jeudi 7 juin 2018 à 16:57 Par Yann Lastennet et Julie Le Duff, France Bleu Maine

En 17 ans de mandat à la tête de la mairie, mais aussi 35 ans comme président de la métropole, Jean-Claude Boulard a transformé la ville du Mans. Alors qu'une nouvelle ère va s'ouvrir après le décès de cet élu emblématique, retour sur cet héritage avec notre émission spéciale.

Jean-Claude Boulard lors de la pose des premiers rails de la ligne T2 du tramway du Mans, place des Jacobins, en décembre 2011
Jean-Claude Boulard lors de la pose des premiers rails de la ligne T2 du tramway du Mans, place des Jacobins, en décembre 2011 © Maxppp - Philippe Chérel PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Il y a une semaine, Jean-Claude Boulard quittait définitivement sa ville, emporté par un cancer. Lors d'une émission spéciale diffusée ce jeudi midi, France Bleu Maine dresse le bilan de celui qui fut 17 ans maire du Mans, et 35 ans président de la communauté urbaine puis de la métropole. 

Nos invités :

  • Jean-François Soulard, premier vice-président de Le Mans Métropole, président de la Setram
  • Franck Miot, directeur du service Tourisme et Patrimoine du Mans
  • Bruno Ray, directeur de l'office de tourisme du Mans et de Le Mans Evenéments
  • Jean-Marie Macouin, directeur de Le Mans Développement

Emission spéciale : comment Jean-Claude Boulard a transformé le paysage urbain au Mans, grâce notamment au tramway

Le tram a profondément modernisé la ville du Mans

La première ligne du tram, inaugurée en 2007 entre Antarès et l'Université, puis la seconde en 2014 entre les Hauts de Coulaines et l'Espal ont profondément transformé le paysage urbain et modifié le rapport des Manceaux à leur ville. La mise en service du Tempo, le bus à haut niveau de service entre Allonnes et la gare du Mans, est venue parachever cette opération urbaine de très grande ampleur

"Le tram n’a pas changé que la mobilité, il a redessiné la ville", explique Jean-François Soulard. "Les gens du centre-ville n’allaient pas au marché des Sablons par la ligne de bus, alors qu’avec le tram ils y vont, et pour une ville de marchés comme Le Mans, c’est important. A saint Martin de Pontlieue, on avait cette trémie régulièrement inondée, c’est terminé. On a re-marié des quartiers. Le tram, ce n’est pas juste un mode de transport, c’est tout l’urbanisme qui va avec. Ce sont des investissements très importants pour Le Mans métropole : 553 millions d’euros depuis 2001 ! Aujourd’hui on ne pourrait sans doute plus le faire avec la baisse des financements de l’état".

La place de la République complètement transformée

Fonctionnelle et vivante pour les uns, froide et minérale pour les autres : la place de la Rep' divise toujours aujourd’hui. Pour Jean-François Soulard en tout cas, pas question de rejoindre le cortège de tous ceux qui pensent que "c'était mieux avant". "Je suis arrivé au Mans en 1970, et j’ai connu je ne sais combien de plans de circulation sur cette place de la République. Ce n’était pas si agréable que ça. Quand on a un parking souterrain de 4 niveaux installé depuis 50 ans, c’est compliqué de mettre des arbres en surface. En ce moment on le voit avec la préparation de la parade et du pesage, c’est quand même bien d’avoir cette place qu’on peut utiliser pour ce type de manifestations, avec de la végétation partout ce serait impossible." 

Un développement commercial accentué en périphérie

C'est l'un des sujets les plus "clivants" du bilan de Jean-Claude Boulard : le développement du commerce en périphérie, avec des fortunes diverses. Selon l'audit commandé par la ville pour dégager des pistes afin de redynamiser le commerce, 20% des Manceaux ne viennent jamais en centre-ville. "Oui mais ça veut dire que 80% des Manceaux le fréquentent", répond Jean-François Soulard. "On ne peut pas occulter qu'une partie des usagers des zones commerciales n'y vont pas pour consommer mais pour se promener". Jean-François Soulard pour qui les projets du Parc manceau et de Béner ne sont pas à mettre sur le même plan : "Auchan, c'est éloigné du cœur de ville ; Bener, ce n'est pas plus en périphérie que Carrefour Centre Sud. J'ai soutenu le projet de Bener et je le soutiens toujours". 

Un pôle sportif unique en France

"Je vais refaire un peu d’histoire", pointe Jean-François Soulard. "J'entends dire depuis la mort de Jean-Claude Boulard : le boulet MMArena… ça me déplait. Ce boulet a été voté à l’unanimité de tous les élus de l'époque. Tout le monde était d’accord. Je ne connais pas une ville qui ait au même endroit un stade de 25 000 places, Antarès, l’anneau cycliste, l’hippodrome et le circuit, le tout desservi par le tram. C’est unique".

Emission spéciale : Jean-Claude Boulard a-t-il réussi à changer l'image du Mans ailleurs en France et dans le monde ?

Une meilleure image de la ville du Mans en France, et dans le monde

Pour Bruno Ray, l'image du Mans est aujourd'hui nettement meilleure qu'au début des années 80. "C'est facile à mesurer dans les contacts qu’on a avec l’extérieur, y compris à l’international. La Cité Plantagenêt, les Chimères, ça dépasse vraiment les frontières de la Sarthe".  Meilleur exemple selon Bruno Ray ? Le travail de fond menu avec la Chine commence à payer. "On ne va pas dire que tous les Chinois savent placer Le Mans sur une carte. Mais ils sont de plus en plus nombreux à en avoir entendu parler".

Pour Franck Miot aussi, c'est incontestable, Le Mans s'éloigne de ce que Jean-Claude Boulard appelait "le syndrome du nougat de Montélimar" : la ville ne se limite plus dans l'imaginaire aux 24 Heures et aux rillettes. "Ça a toujours été le projet de Jean-Claude Boulard, partir de la notoriété des 24 heures et, par le patrimoine et le tourisme culturel, faire ré-émerger le Mans comme le nom d’une ville et pas seulement d’une compétition sportive". 

Beaucoup reste à faire concède Franck Miot, mais le changement s'opère. "Aujourd'hui, à la maison du pilier rouge, sur 200 000 visites, on a 20% d'étrangers", assure-t-il pour démontrer que la ville est en train de devenir une destination touristique, "et désormais les restaurants de la Cité Plantagenêt, très nombreux, font le meilleur de leur chiffre sur les mois d'été. C'est concret". 

Une ville attractive pour les entreprises

Jean-Marie Macouin dirige Le Mans Développement depuis cinq ans, mais il travaille pour l'agence économique voulue par Jean-Claude Boulard et Robert jarry depuis 28 ans. Lui aussi assure que beaucoup de choses ont changé. "C’est grâce à ça que nous avons 57 zones d’activité sur le territoire. On perçoit 2 millions d’euros de loyer dans nos bâtiments pour les entreprises, ce n'est pas rien quand même. Le label French Tech, Le Mans Innovation... Je peux vous assurer que l’image de la ville a énormément changé. (...) Lundi je reçois des salariés d’une entreprise qui a déposé le bilan dans un autre département et qui aujourd’hui ont envie de s’installer au Mans. On a sûrement encore beaucoup de travail à faire pour faire connaître tous nos atouts, c’est tout l’enjeu de l’avenir mais je peux vous assurer qu’aujourd’hui on est sur la bonne voie". 

Et si les Manceaux devenaient ambassadeurs de leur ville ?

Pour faire rayonner sa ville, Jean-Claude Boulard a inventé le titre d'ambassadeur officiel de la ville du Mans, attribué à des personnalités comme Jean-Pierre Coffe, Steevy Boulay ou encore la cheffe d'orchestre Claire Gibault. Pour les invités de notre émission, c'est aussi à chaque Manceau de jouer ce rôle à son échelle. "C’est très important d’avoir des gens qui parlent bien de la ville, et pas que des célébrités", précise Franck Miot. 

"Les Manceaux et les Mancelles ont aujourd'hui plaisir à faire découvrir leur ville à leur famille ou leurs amis, et ça aussi c’est quelque chose de nouveau. Jean-Claude Boulard a métamorphosé l’apparence physique de la ville, le tram a gommé les erreurs d’urbanisme des années précédentes. Quand on voit la cathédrale, les quais aujourd’hui… la ville est devenue plus conviviale et c’est l’œuvre de Jean-Claude Boulard. La première chose c’est que les habitants eux-mêmes soient convaincus de la beauté et de la qualité de leur ville".