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Politique

Emmanuel Macron entend "l'impatience du peuple" mais demande à être jugé sur la durée

jeudi 31 août 2017 à 7:38 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Emmanuel Macron reconnaît, dans une très longue interview au Point publiée ce jeudi, "l'impatience du peuple", mais demande à être jugé sur la durée. Dans cet entretien, il détaille le programme de ses réformes : éducation, code du travail, aides sociales, fiscalité, logement, et sécurité.

Emmanuel Macron détaille les réformes à venir dans un très long entretien au Point.
Emmanuel Macron détaille les réformes à venir dans un très long entretien au Point. © AFP - Francois PAULETTO

Emmanuel Macron reconnaît, dans la première grande interview de sa présidence, publiée ce jeudi dans Le Point, "l'impatience du peuple" mais assume les efforts demandés et veut être jugé sur la durée, promettant une transformation profonde du pays.

Macron veut que la France "redevienne un pays fier"

Sur plus de 20 pages, il détaille dans l'hebdomadaire ses vastes ambitions pour refaire de la France une "grande puissance" internationale tout en réalisant des réformes de grande ampleur sur tous les fronts : éducation, code du travail, aides sociales, fiscalité, logement, sécurité. Une ambition assumée, qu'il voudrait insuffler au pays pour qu'il "redevienne un pays fier" et "sorte de l'esprit de défaite". "Je crois en la reconstruction d'un héroïsme politique, d'une vraie ambition, pour atteindre y compris ce qui est décrit comme impossible", dit-il, citant son propre succès comme une revanche sur "ce qui est décrété impossible". Pas question de juger son action sur cent jours, qui "ne sont pas une étape pertinente", dit-il, car "on ne fait pas les choses en cent jours". Mais Emmanuel Macron sait qu'il devra "vivre pendant des mois avec l'impatience du peuple". Il n'oublie pas les circonstances dans lesquelles il a été élu, "la brûlure de l'attente, de la colère, du populisme, je l'ai encore là", confie-t-il en désignant sa nuque.

La réforme du travail, "une transformation profonde"

Juste avant la présentation par le gouvernement des déjà décriées ordonnances réformant le code du travail, Emmanuel Macron vante une "réforme de transformation profonde". Pour le chef de l'Etat, "les principales victimes de l'impuissance des trente dernières années à sortir du chômage de masse, ce sont les jeunes et les moins qualifiés". Il justifie également son choix d'agir très rapidement, par ordonnances. "Cela met du temps à se décliner dans les comportements et à produire ainsi tous ses résultats" assure-t-il, convaincu qu'"on ne change pas une société par une loi ou un décret, cela prend entre dix-huit et vingt-quatre mois pour infuser". Le président confirme en outre son intention de "mettre en place un barème de dommages et intérêts aux prud'hommes". "Les indemnités légales en France sont inférieures à ce qui se fait ailleurs en Europe, nous les augmenterons. En revanche, les dommages et intérêts, eux, vont du simple au quintuple pour la même situation. C'est absurde et injuste", argumente-t-il.

Les emplois aidés, des "subventions déguisées"

Le Président défend également la diminution des emplois aidés. "C'est de la subvention déguisée vers les collectivités locales ou le secteur associatif", explique le chef de l'Etat, qui rappelle que "le taux de retour à l'emploi durable des personnes concernées est en effet très faible".

Aller plus loin sur la baisse des APL, mais en baissant les loyers

Emmanuel Macron assume également la diminution controversée des aides au logement, où il veut même aller plus loin, mais "seulement dans le cadre d'une transformation profonde qui doit faire baisser les loyers". Alors que l'aide personnalisée au logement alimente selon lui la hausse des loyers, le chef de l'Etat préconise "un choc d'offre", que doit permettre un projet de loi présenté à l'automne. "Il faut libérer le droit de l'urbanisme, les procédures, réduire les coûts, les normes, libérer le foncier public et parapublic plus fortement en permettant de vendre à bas prix, simplifier ces règles en ciblant en particulier les zones tendues, c'est-à-dire le Grand Paris, Lyon et la frontière suisse, ainsi qu'Aix-Marseille"**,** explique-t-il.

Les pauvres d'aujourd'hui sont souvent moins les retraités que les jeunes" - Emmanuel Macron au Point

Emmanuel Macron reconnaît que la hausse de la CSG demandera un "effort" aux retraités "les plus aisés", en faveur des jeunes et des actifs. "Les pauvres d'aujourd'hui sont souvent moins les retraités que les jeunes. Je leur demande donc, pour les plus aisés, un effort, je l'ai dit. Et leur effort permet de récompenser le travail", souligne-t-il. La "baisse des cotisations est tout sauf anecdotique et représentera plus de 250 euros au niveau du Smic", précise-t-il.

La fin du tirage au sort à l'université

Le chef de l'Etat promet aussi une "révolution de l'éducation" avec notamment la fin du tirage au sort pour entrer à l'Université, et une transformation de l'orientation "dès le début du lycée" pour "rendre l'accès au supérieur plus transparent, clair et pratique". "Nous ferons en sorte que l'on arrête par exemple de faire croire à tout le monde que l'université est la solution pour tout le monde", déclare Emmanuel Macron, dénonçant les problèmes liés à "la désormais célèbre plateforme APB" , l'admission post-bac.

Augmenter le budget de l'armée

Il répond aussi sur le gel des crédits pour l'armée et la démission du général Pierre de Villiers, ce qui pour lui illustre la primeur normale du politique sur l'armée, et dit assumer totalement la phrase "Je suis votre chef", qu'il avait lancée aux responsable militaires à la veille du 14 juillet. Le chef des armées réaffirme sa volonté d'augmenter le budget de l'armée, qu'il qualifie de "deuxième armée du monde libre".

Un budget commun pour l'Europe

A l'international, il veut refonder "une Europe qui protège", au plan commercial comme au plan de la défense, qui puisse se comparer aux puissances américaine et chinoise et devenir "leader du monde libre". Il veut aussi convaincre les pays de la zone euro de se doter d'un budget commun représentant "plusieurs points du PIB", pour pouvoir emprunter et investir à grande échelle sur le continent. Et n'hésite pas à dénoncer les pays qui selon lui, comme la Pologne, "sape les principes de bases" de l'Union. La France ne doit pas être "une grande puissance moyenne, mais une grande puissance tout court", lance Emmanuel Macron.