Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Politique

Emmanuel Macron : "Le lien entre l'Église et l'État s'est abîmé"

mardi 10 avril 2018 à 8:25 Par Germain Arrigoni, France Bleu

Emmanuel Macron a déclaré lundi vouloir "réparer" le lien entre l'Église et l'Etat qui "s'est abîmé", dans un discours devant la Conférence des évêques. Le discours du chef de l'Etat a été critiqué notamment par la gauche.

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © Maxppp -

Emmanuel Macron auprès des catholiques pour "réparer" un lien "abîmé". Dans un discours fleuve devant la Conférence des évêques devant 400 invités réunis en début de soirée dans la grande nef cistercienne du collège des Bernardins à Paris, le président de la République a estimé qu'"il n'est pas d'autre moyen qu'un dialogue en vérité" pour rétablir cette relation.

Pour Emmanuel Macron, ce "dialogue est indispensable" car "une Église prétendant se désintéresser des questions  temporelles n'irait pas au bout de sa vocation", tandis "qu'un président de la République prétendant se désintéresser de l'Église et des catholiques manquerait à son devoir".   

Le chef de l'Etat a appelé les catholiques à "ne pas rester au seuil" de l'engagement politique.

Ce discours d'Emmanuel Macron, qui a marqué à plusieurs reprises son intérêt pour les questions religieuses, est inédit  car c'est la première fois que l'Église catholique organise un tel événement médiatico-politique, comparé par certains  observateurs au dîner du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France). 

"Dans ce moment de grande fragilité sociale, quand l'étoffe même de la nation risque de se déchirer, je considère de ma  responsabilité de ne pas laisser s'éroder la confiance des catholiques à l'égard de la politique - et des politiques", a  ajouté le chef de l'Etat, accompagné de son épouse Brigitte et du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.   

"Un discours digne d'un curé"  

Le président de la République s'est attiré les criques de ses opposants politiques, notamment à gauche. Du côté de La France insoumise, le chef de file et ancien candidat à l'élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon a  estimé que "le lien entre 'l'Église et l'État' n'a pas lieu d'être". "Macron va trop loin. C'est irresponsable!", a-t-il  écrit sur son compte Twitter. "Macron en plein délire métaphysique. Insupportable. On attend un président, on entend un  sous-curé."     

Des propos jugés "indignes" par Alexis Corbière, député France insoumise de Seine-Saint-Denis.    

Benoît Hamon, l'ancien candidat PS à la présidentielle, a dénoncé un "affront inédit et dangereux à la laïcité", dans un  communiqué. "Que veut dire Emmanuel Macron lorsqu'il affirme que le 'lien entre la République et l'Eglise a été abîmé' ?  Fait-il référence au mariage et à l'adoption pour tous ?" 

Le nouveau patron du PS, Olivier Faure, s'est également indigné de ces déclarations : "l’Eglise catholique n’a jamais été  bannie du débat public".  

Parmi les 400 personnes invitées figuraient des élus, des chefs d'entreprise, des responsables associatifs mais aussi des  personnes âgées, handicapées, précaires et leurs accompagnateurs, dont plusieurs ont témoigné de manière émouvante.  

On compte en France quelque 40 millions de baptisés mais à peine 2% des Français vont à la messe chaque dimanche.