Politique

Emmanuel Macron relance les emplois francs dans les quartiers populaires

Par Marina Cabiten, France Bleu Nord et France Bleu mardi 14 novembre 2017 à 16:08

Emmanuel Macron à Tourcoing le 14 novembre 2017
Emmanuel Macron à Tourcoing le 14 novembre 2017 © AFP - FRANCOIS LO PRESTI / POOL

Emmanuel Macron a appelé mardi à une "mobilisation nationale" pour les quartiers en difficulté, à Tourcoing dans le Nord. Le président de la République compte notamment sur les emplois francs, relancés après leur abandon durant le mandat de François Hollande.

Le premier discours de politique de la Ville d'Emmanuel Macron a été prononcé mardi à Tourcoing (Nord), un lieu emblématique du renouveau urbain dans les Hauts-de-France. Il y a développé sa stratégie pour les quartiers populaires. Parmi les mesures, le retour des emplois francs, visant à favoriser les embauches d'habitants des zones défavorisées. Quarante ans après le premier "plan banlieue"-, les quelque 1.500 quartiers politique de la ville (QPV) continuent d'afficher un taux de chômage près de trois fois supérieur au taux national et un taux de pauvreté de 40%.

Un public élargi pour les contrats francs

Ce dispositif accordera une prime aux entreprises embauchant un habitant d'un quartier populaire, dès 2018 via une phase d'expérimentation avant une généralisation en 2020. Expérimentés sous le quinquennat de François Hollande, ces contrats francs avaient finalement été abandonnés en raison de critères d'éligibilité très limitatifs. Le public concerné a donc été élargi et recouvre désormais tous les demandeurs d'emploi sans critère d'âge ; le montant d'aide a été relevé afin d'être plus incitatif. Les entreprises bénéficieront d'une aide de 5.000 euros par an sur trois ans pour une embauche en CDI et de 2.500 euros par an sur deux ans pour un CDD de plus de six mois. Une dizaine de territoires seront concernés au 1er janvier.

"Testing" et meilleurs transports

Parmi les autres mesures égrenées, une intensification des campagnes de "testing" lancées par le ministère du Travail sous le quinquennat précédent. A l'heure actuelle, 17% des habitants de quartiers se déclarent victimes de discrimination en raison de leur origine. Il faut "traquer les employeurs qui ne respectent pas ce qui est dans la loi qui interdit la discrimination à l'embauche comme à la promotion" et "pénaliser les entreprises qui ont recours à ces pratiques", a dit Emmanuel Macron, qui souhaite rendre public le nom des entreprises "les plus délinquantes".

Dans son discours, Emmanuel Macron a promis l'augmentation des forces de police, des places de crèches ou encore une amélioration des transports. Il a en outre fait une priorité de la lutte contre la radicalisation, qui "s'est installée" dans certains quartiers "parce que la République a démissionné", et annoncé "une quinzaine de plans de lutte" contre ce phénomène d'ici au début de l'année 2018, sans plus de précisions.