Politique

Marie-Guite Dufay, présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté : "Je sens bien cette défiance envers les élus"

Par Virginie Salanson et Marie Mutricy, France Bleu Auxerre, France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon, France Bleu Bourgogne et France Bleu mercredi 17 février 2016 à 3:22 Mis à jour le mercredi 17 février 2016 à 12:32

Marie-Guite Dufay, président PS de Bourgogne-Franche-Comté
Marie-Guite Dufay, président PS de Bourgogne-Franche-Comté © Radio France - Philippe Renaud

Ce mercredi, Marie-Guite Dufay est l'invitée de France Bleu. Élue le 4 janvier dernier à la tête de notre nouvelle grande région Bourgogne-Franche-Comté, la nouvelle présidente a surtout évoqué la question des indemnités des élus, après la remise d'une pétition mardi contre leur hausse.

Marie-Guite Dufay présidente PS de la nouvelle grande région Bourgogne-Franche-Comté était l'invitée de France Bleu mercredi. Elle a réagit sur le sondage lancé la veille à propos du nom de la future grande région et sur la hausse de leurs indemnités votée par les conseillers régionaux. Hausse qui a fait l'objet d'une pétition de près de 20.000 signatures demandant l'annulation de cette décision. Retrouvez ces principales déclarations dans cette vidéo :

La présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté est interviewée par Marion Streicher et Pol Laurent de France Bleu Besançon.

Le statut des élus en question

Alors que Marie-Guite Dufay voulait lancer le sondage sur le nom de la nouvelle région Bourgogne-Franche-Comté, une autre question est venue parasiter le sujet : la question des indemnités des élus. Car dès la première session, le nouveau conseil régional a voté une hausse de 20% des indemnités, notamment des vice-présidents. Une pétition recueillant plus de 22.000 signatures contre cette mesure a été remise hier à la présidente socialiste du conseil régional. "J'ai dit que j'ai été meurtrie par l'ampleur qu'a pris ce sujet. Cela m'affecte énormément. Je sens le fossé qu'il y a entre les citoyens et les politiques et puis ça me renvoit l'image que moi-même je participe à creuser ce fossé" répond Marie-Guite Dufay.

L'erreur que j'ai probablement faite, c'est de ne pas assez expliquer

"Je n'ai peut-être pas pris la mesure des choses. L'explication est très simple. La loi permet cela. Si j'ai utilisé ce que permet la loi, c'est que par ailleurs je suis la seule région de France à avoir fait signer une charte éthique de non-cumul des mandats, donc de non-cumul des indemnités. Donc, mes vice-présidents, s'ils sont par ailleurs présidents d'agglo ou maire, lâchent ses mandats. Et puis je leur demande un engagement très important de travail donc ils vont abandonner une partie de leur travail, de leur salaire. Et j'estime qu'il fallait un minimum de compensation".

Je vois bien, je sens bien combien la question du statut de l'élu (...) est extrêmement sensible dans notre population. Il y a une défiance totale. Et cette défiance m'est renvoyée de façon magistrale via cette pétition

La question de l'indemnisation des élus revient dans la ligne ouverte sur France Bleu Besançon et France Bleu Bourgogne, vous pouvez la réécouter :

J'ai voulu m'attaquer au cumul des mandats

Réécoutez la deuxième partie de la ligne ouverte :

Un nouveau nom pour la région ?

"Je trouve que Bourgogne-Franche-Comté coule de source. D'abord c'est un respect de toutes nos identités et puis c'est l'alphabet. Il me semble que ça s'est imposé assez naturellement. Il me semble, seulement, et à partir du moment où je dois rendre un avis à l'Etat avant que l'Etat ne prenne la décision, il convient de consulter la population". C'est le cas sur ce site internet, avec une seule question : "Souhaitez-vous que Bourgogne-Franche-Comté soit le nom définitif de la région ?".

Pourquoi un seul choix ? "C'est une question à la fois d’honnêteté et de cohérence. Il me semble que ce nom est en train de s'imposer. Donc je le fais savoir et puis libre à chacun de dire 'non, ça ne va pas du tout' et s'il y a énormément d'autres propositions, on avisera" répond Marie-Guite Dufay. La consultation dure jusqu'au 13 mars, c'est très court. "J'aimerais davantage consulter les Franc-Comtois sur des sujets de politiques publiques à venir, là il me semble que c'est presque acquis. Mais si ce n'est pas le cas, la consultation servira".

▼ L'interview minute par minute Marie-Guite Dufay ▼