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En IMAGES - Centenaire de 14-18 au Hartmannswillerkopf: la visite qui attend François Hollande et Joachim Gauck

Par Aymeric Robert, France Bleu Alsace, France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon, France Bleu Elsass, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu Sud Lorraine mercredi 30 juillet 2014 à 10:00

En IMAGES - Centenaire de 14-18 au Hartmannswillerkopf: la visite qui attend François Hollande et Joachim Gauck

Ce dimanche 3 août, le président François Hollande et son homologue allemand, Joachim Gauck ont rendez-vous au Hartmannswillerkopf (ou Vieil-Armand) : la montagne "mangeuse d'hommes". Les chefs d'Etat souhaitent marquer le centième anniversaire de la déclaration de la Première Guerre mondiale.

Dès le début de la guerre, les Français s'installent au sommet du Hartmannswillerkopf (Haut-Rhin), dans le massif vosgien. Rapidement, cet éperon rocheux (956 m) qui domine la plaine d'Alsace devient un terrain très convoité. En janvier 1915, le sommet du Hartmannswillerkopf (ou "Vieil-Armand") est pris d'assaut par les troupes allemandes... il changera de camp pas moins de huit fois au cours des mois suivants. A partir de janvier 1916, les grandes batailles au sommet sont terminées. Français et Allemands, en dehors de rares escarmouches, resteront face à face jusqu'à la fin de la guerre.

Bataille absurde" - l'historien Gerd Krumeich

A partir du moment où le front se déplace vers la Marne, les Flandres et la Somme, cette bataille des crêtes est avant tout une bataille "de principes entre Français et Allemands" , qualifiée d'"absurde " par Gerd Krumeich, spécialiste de la Première Guerre mondiale, professeur émérite à l’université Heinrich-Heine de Düsseldorf et membre du conseil scientifique de la mission du Centenaire. Pour cet historien allemand chargé de prononcer un discours, dimanche 3 août devant les deux présidents, l'intérêt stratégique du Hartmannswillerkopf disparaît après février 1915.

"Le Hartmannswillerkopf après 1915 : une guerre...par francebleu-grandest

Alors pourquoi ce choix du Hartmannswillerkopf ? Déjà parce que cette crête symbolise véritablement le début de la guerre juste après la mobilisation des différents belligérants : c'est la bataille des frontières d'août 1914 qui comprend plusieurs zones de combats (Haute-Alsace, plateau lorrain, Ardennes belges), dont les Vosges. Ensuite, parce qu'il fallait un autre symbole que Verdun, déjà pris en 1984 par la poignée de main historique entre François Mitterrand et Helmut Kohl.

Les présidents Hollande et Gauck devraient insister sur la spécificité du Hartmannswillerkopf, seul lieu de la Première Guerre mondiale en France (avec le Linge) où des combats de montagne se sont déroulés : membres gelés, difficulté d'approvisionnement, problème de repli... les conditions de combat y sont particulièrement inhumaines avec un ennemi tout proche, parfois à une vingtaine de mètres seulement. Les combats, surtout en 1915, ont fait de nombreuses victimes.

Bandeau Hartmannswillerkopf cimetière tombe guerre 14-18 - Radio France
Bandeau Hartmannswillerkopf cimetière tombe guerre 14-18 © Radio France - Aymeric Robert

En terme de bilan humain, difficile d'avoir une estimation précise. Juste après 1918, on chiffrait les soldats tués à près de 60.000. Aujourd'hui, les responsables du site et une partie des historiens avancent entre 20.000 et 30.000 morts, français et allemands. Un chiffre récemment revu à la baisse par d'autres historiens comme Thierry Ehret ou Philippe Koch dont les travaux indiquent environ 8.000 morts.

Parmi ces milliers de soldats tués, la plupart l'ont été par balles, mais d'autres sont également morts de froid ou de maladies. "Même 30.000 morts, c'est pas beaucoup, fait remarquer Gerd Krumeich. En août 1914 ou en juillet 1916, il y a eu des batailles où en une seule journée 20.000 à 30.000 soldats ont perdu la vie." Classé monument historique depuis 1921, le Hartmannswillerkopf est l'un des quatre monuments nationaux de la Grande Guerre, avec Douaumont dans la Meuse, Dormans dans la Marne et Notre-Dame de Lorette dans le Pas-de-Calais.

Sur l'histoire du Hartmannswillerkopf :