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Politique

ENTRETIEN - SMS polémique, remaniement, SNCF : Laurent Wauquiez répond aux questions de France Bleu

jeudi 6 septembre 2018 à 1:47 - Mis à jour le jeudi 6 septembre 2018 à 7:37 Par Xavier Demagny et Yves Renaud, France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu Isère, France Bleu Pays d'Auvergne, France Bleu Pays de Savoie, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu

Dans un entretien à France Bleu, Laurent Wauquiez, président d'Auvergne Rhône-Alpes, se défend d'avoir utilisé à ses fins le fichier du Pass'Région pour un SMS aux lycéens. Il réagit aussi à l'actualité : remaniement, situation chez Les Républicains, rapports de la région avec la SNCF. Verbatim.

Laurent Wauquiez, le 5 septembre à Lyon.
Laurent Wauquiez, le 5 septembre à Lyon. © Radio France - Xavier Demagny

Lyon, France

Le président de la région Auvergne Rhône-Alpes et président des Républicains, dans un entretien accordé à France Bleu mercredi 5 septembre, se défend d'avoir utilisé à des fins personnelles les données collectées pour la mise en place du Pass'Région pour envoyer des SMS aux lycéens, comme nous le relations mardi. Laurent Wauquiez qualifie la polémique de "surréaliste" et répond à l'opposition qui lui reproche l'envoi de ce message.  

"Parfois dans notre pays, on a le don de faire des polémiques stériles. Ce Pass’Région est destiné à aider nos lycéens, faire en sorte qu’ils puissent avoir des tarifs réduits sur le sport, la culture. (...) Ce que j’ai constaté, c’est que malheureusement, trop souvent, ils n’en connaissent pas l’existence. Que le président de Région souhaite une bonne région aux lycéens et les incitent à utiliser le Pass’Région, vous me reconnaitrez que ça me semble assez normal (...) et l’opposition ferait mieux de se concentrer sur ces sujets plutôt que de faire des polémiques qui n’ont pas de sens" tacle le président Wauquiez. Précisons toutefois que le SMS, visible dans notre article, n'évoque en aucun point le Pass'Région.

Pourtant, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) va demander des précisions à la région. "C’est normal et on répondra à la CNIL", rétorque Laurent Wauquiez. "Puisqu’au moment de l’inscription, les étudiants acceptent qu’on puisse les contacter. Je vais vous donner un scoop : les étudiants aujourd’hui ne fonctionnement plus au télégramme ou à la lettre. Si vous voulez les contacter, il vaut mieux leur mettre un message sur leur smartphone." 

La sécurité dans les lycées : "Nous avons protégé 150 établissements"

Lors de son élection en 2016, Laurent Wauquiez avait promis l'installation de portiques de sécurité dans tous les établissements de la région. Mais où en est cette proposition ? Le président de l'exécutif régional présente un bilan positif : "À l’époque tout le monde était très critique. Depuis, les esprits ont beaucoup bougé parce que les gens ont compris que dans une société parfois violente, on ne peut pas plaisanter avec la sécurité de nos enfants. Depuis que l’on a commencé en moins de deux ans on a protégé 150 lycées. Il nous reste à peu près 300 lycées à protéger et finir de sécuriser", avance-t-il. "L’objectif, c’est faire en sorte qu’il n’y ait pas d’intrusion dans un lycée (…) Ce que j’aime bien, c’est le système de portique à badge qui en plus a un mérite : quand il y a un étudiant qui ne vient plus, on s’en aperçoit tout de suite."

"Je mets la pression sur la SNCF"

"Je ne suis pas content de ce que fait la SNCF", assène Laurent Wauquiez, qui tape très fort sur l'entreprise ferroviaire, lorsque l'on aborde le sujet des Trains express régionaux (TER). "La ponctualité sur la ligne Lyon Grenoble est un scandale. La façon dont les voyageurs sont traités entre Saint-Étienne et Lyon n’est pas acceptable. La SNCF essaie de faire des efforts mais on leur a mis la pression. Maintenant, quand ils ne respectent pas les usagers, ils doivent payer des pénalités." 

Le président de la région assure avoir obtenu des résultats sur les indemnisations des usagers pour la période de grève au printemps : "Pendant les grèves, 80.000 trains ont été annulés. La SNCF va nous payer 25 millions d’euros de pénalité. Cet argent, on va le remettre intégralement sur nos TER. Par exemple, on est entrain d’équiper nos trains en Wifi, les usagers sont enthousiastes. J'ai aussi mis la pression sur la SNCF pour qu’elle rembourse les abonnements". Selon Laurent Wauquiez, les remboursements ont eu lieu à 50 % sur avril et mai. "Mais je ne lâche pas le morceau, parce qu’il me manque juin et même sur certaines lignes, il n’y avait aucun train et là, je demande le remboursement intégral. Quand il s’agit de défendre la région face à la SNCF, ce ne sont pas eux qui m’intimident." 

Laurent Wauquiez assure aussi défendre les lignes régionales. "Quand je suis arrivé, on nous a proposé de fermer une ligne sur trois. Moi je viens d’un département ou les gens vont travailler avec ce que la SNCF appelle de façon méprisante les petites lignes. Dans ce cadre là, on a refusé ce plan de fermeture. Boën-sur-Lignon-Montbrison, on a sauvé la ligne. Grenoble-Vif, ça ne fermera pas. Les lignes de l’Ain et l’Auvergne, j’ai refusé et je ne laisserai pas notre région devenir un désert ferroviaire. On met l’argent, avec beaucoup d’opiniâtreté mais avec très peu de soutien de la par de Paris."

Remaniement, Macron : "Les Français n'en peuvent plus"

Quelques jours après sa rentrée politique marquée par l'ascension du Mont Mezenc en Haute-Loire, Laurent Wauquiez commente la rentrée du gouvernement faite de nombreuses turbulences (impôt à la source, démissions de Hulot et Flessel, etc.). 

"En un an, je n'ai pas le sentiment que les choses soient allées dans la bonne direction. Les Français et c’est normal, ont fait confiance à Emmanuel Macron. Mais un an plus tard, ce qu’ils constatent c’est qu’il n’y a pas eu d’efforts pour économiser au niveau de l’État et que par contre on leur prend dans leur poche comme jamais. Nous, à la région, on fait exactement l’inverse. On est la région la mieux gérée de France, on a fait des économies en trois ans et je n’ai pas augmenté un seul impôt ou une seule taxe régionale. Comme j’aimerais que l’État s’applique les même règles. Et que ça permette de protéger nos compatriotes. Aujourd’hui, les Français n’en peuvent plus" martèle-t-il estimant que les Français n'ont que faire des changements au gouvernement. 

Selon lui, les "vrais problèmes" qui préoccupent les Français sont l'explosion du prix de l'essence, le matraquage sur les retraités, l'augmentation de la CSG, ou la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires.  

La situation chez LR : "Je n'ai pas changé d'avis"

Lorsqu'on l'interroge sur les divisions au sein du parti Les Républicains qu'il dirige, Laurent Wauquiez se défend et assume la ligne "droitière" que peut par exemple lui reprocher la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pecresse : "Moi, je n’ai pas changé d’avis ni de discours. Je n’ai pas fait partie, il y a un an, des girouettes qui évoluaient en fonction des sondages, qui parce que Macron était haut chantaient ses louanges et parce qu’il est bas aujourd’hui se mettent à le critiquer. Depuis le début j’ai mis en garde, parce que ce qui me préoccupait c’était de voir un président de la République pas attentif aux gens modestes et qui était beaucoup trop parisien dans son approche. Je l’ai dit il y a un an, je e redis exactement de la même marnière. Je n’ai pas changé, peut-être certain ont un discours qui a varié… tant mieux si on finit par convaincre.

Il repousse également les questions sur la présidentielle de 2022 et assure qu'en 2017 "on (LR, ndlr) a perdu la présidentielle et on a dégoutté tout le monde" : "Je suis très lucide là-dessus et très modeste : la première chose que les Français attendent de nous, c’est que quand le gouvernement fait des bonnes choses on puisse le dire, mais que quand ils sentent que ça va dans la mauvaise direction, ils sentent que les Républicains les protègent. Et il y a besoin de cette voix des Républicains, c’est cette parole que je porte aujourd’hui." Le reste, c’est "prématuré" estime Laurent Wauquiez.