Économie – Social

Environ 4.000 manifestants à Tours le 12 septembre contre la réforme du droit du travail

Par Boris Compain, France Bleu Touraine mardi 12 septembre 2017 à 16:14

Plusieurs pancartes faisaient allusion au terme "fainéant" utilisé récemment par Emmanuel Macron, même si le chef de l'état affirme qu'il désignait ses prédecesseurs qui n'ont pas réformé le travail
Plusieurs pancartes faisaient allusion au terme "fainéant" utilisé récemment par Emmanuel Macron, même si le chef de l'état affirme qu'il désignait ses prédecesseurs qui n'ont pas réformé le travail © Radio France - Boris Compain

Les organisateurs ont compté 5.000 manifestants à Tours. La police en a dénombré 3.600. C'est, de toute façon, une mobilisation non négligeable pour cette première journée d'action contre la réforme du travail. Il y en aura au moins deux autres d'ici fin septembre.

Succès conséquent pour la manifestation contre la réforme du droit du travail, le 12 septembre, à Tours. A l'appel de la CGT principalement, un cortège a défilé entre la place de la Liberté et la place Anatole France. Il y avait 5.000 personnes selon les organisateurs, et 3.600 selon la police. Des manifestants qui étaient, sans surprise, très remontés contre Emmanuel Macron

Le cortège tourangeau était principalement composé de retraités et de fonctionnaires - Radio France
Le cortège tourangeau était principalement composé de retraités et de fonctionnaires © Radio France - Boris Compain

Des pancartes "Macron égorge les retraités" ou "les fainéantes sont dans la rue"

Une délégation de chez SKF ouvre la marche, mais derrière, il y a surtout des représentants d'entreprises publiques : la SNCF, l'éducation nationale ou l'hôpital de Tours, ou travaille Séverine

"Si on s'attaque aux conventions collectives dans le Privé, on va s'attaquer aux statuts dans la fonction publique. On est en plein dedans, là" - Séverine qui travaille au CHRU de Tours

Les drapeaux montrent nettement que la CGT a fourni le gros des troupes, mais on constate aussi que plusieurs centaines de personnes défilent sous des bannières de Force ouvrière. Au niveau national, FO n'avait pas lancé d'appel à manifester, mais l'union départementale, elle, avait bien incité ses troupes à descendre dans la rue. Parmi les autres organisations représentées : Solidaires, la FSU, le NPA, le PCF, et même le PS, dont quelques membres sont réunis autour d'un seul drapeau.

Un cortège principalement composé de fonctionnaires et de retraités

Après une carrière dans le secteur bancaire, Daniel, 66 ans, s'inquiète des conséquences de la fusion de délégués du personnel, des comités d'entreprises et des CHSCT

"J'ai été élu pendant des années dans une grande société. Je sais qu'il faut connaitre tout le juridique, tout l'économique, et ce n'est pas un homme seul qui peut savoir tout ça" - Daniel, 66 ans, retraité du secteur bancaire

Au-delà de la loi travail, beaucoup condamnent la presque totalité des mesures prises en ce début de quinquennat. A 30 ans, Alexandre vient d'obtenir un doctorat de sociologie, mais pointe au chômage. Pour lui, c'est la baisse des Aides personnalisées au logement qui ne passe pas

"Je me sens en position de fragilité depuis que j'ai commencé mes études sans l'aide de mes parents. Ça fait 10 ans que je m'habitue à cette condition, et je commence à avoir l'habitude d'arpenter le pavé. On a espoir que les choses changent si les gens se mobilisent" - Alexandre, 30 ans, au chômage malgré un doctorat de sociologie

Beaucoup de manifestants sont convaincus qu'il faudra que cette mobilisation s'inscrive dans la durée. Ce 12 septembre n'était qu'un préambule, puisque deux autres manifestations sont déjà programmées avant fin septembre.